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Les Précieuses Ridicules (Critique)

Le vendredi 14 décembre 2012 à 9 h 57 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre à Châtillon - 3, rue Sadi Carnot - 92320 Châtillon
Dates : Du 7 au 12 décembre 2012
Horaires : 20h30 (sauf dimanche 9 décembre à 14h30)
Tarifs : 22 € / Réduit : 16 €

Les Précieuses RidiculesDe Molière.

Par la compagnie La Boulangerie.

Adpatation, costumes, mise en scène et musique : Camille Germser.

Avec Ana Benito, Sahra Daugreilh, Clotilde Fargeix, Barbara Galtier, LAure Giappiconi, Julie Morel, Marianne Pommier et Lætitia Villemaux.

Voici un vaudeville au rythme effréné qui se joue dans un espace où rien n‘est ni droit, ni fiable, ni stable. Les portes qui claquent, les gamelles qui tombent, les esclaffements, exclamations et cris, sont autant de ponctuations à jouer qu’il y a de répliques, dans ce court texte de Molière, à connaître et utiliser chaque jour.

Avec Paris en toile de fond – enjeu capital de la capiteuse capitale, miroir aux alouettes -, nos précieuses vont se brûler aux lumières brillantes et fallacieuses. Les vertus de l’humilité et de l’honnêteté prennent une revanche délicieuse sur ces manières affectées tout en hypocrisie.

Après La Sublime Revanche, accueillie la saison passée, Camille Germser et ses « girls » nous proposent une nouvelle partition textuelle et musicale de ce fameux classique, dans laquelle la décadence gagne du terrain, les codes du spectacle sont remis en cause à chaque instant, nous plongeant dans un monde où réalité et illusion se confondent.

Notre avis :

Si l’on pensait que Les Précieuses Ridicules était un classique poussiéreux imposé par les manuels scolaires, voici un spectacle qui vient résolument transformer cette vision.

Après avoir accueilli le public en hôtesses de l’air zélées, les « Girls », artistes caméléons de la compagnie La Boulangerie, assurent l’ensemble des rôles de la pièce de Molière, tous sexes confondus. Enchaînant les travestissements plus loufoques les uns que les autres (Gorgibus en blouson de cuir et collant panthère, Jodelet en Mylène Farmer époque Libertine…), elles s’échappent régulièrement du cadre de Molière (lui-même sorti pour l’occasion de son cercueil et forcé de jouer le marquis de Mascarille en robe plissée jonquille et gants violets) pour reprendre, au cours d’inénarrables et truculentes mises en abyme – le (faux) théâtre dans le (faux) théâtre – leurs identités de comédiennes et jouer de nouveaux rôles : l’actrice qui veut se faire remarquer, la jalouse, la pimbêche… Soulignons que, au milieu de ces parenthèses ahurissantes ou décadentes qui rappellent que la préciosité et le ridicule sont restés des incontournables de notre époque, le texte originel est restitué dans son intégralité et le propos de l’auteur respecté.

Les extravagances se succèdent prestissimo dans la même veine qui a fait le succès de La Sublime Revanche : numéros récurrents de revues avec ses chorégraphies qui virent à la parodie, ses costumes bigarrés, ses plumes exubérantes et ses paillettes étincelantes, musique disco-kitsch, chansonnettes sirupeuses aux paroles absurdes, choix d’un candide volontaire désigné parmi le public pour monter sur scène… le tout allègrement saupoudré de références à l’âge d’or hollywoodien et de clins d’œil aux tubes des années 1980, puis mixé avec le thème du moment, à savoir Noël – ce qui nous vaut une crèche hilarante –, et on assiste à une déferlante de gags, d’anachronismes, de situations improbables et de dialogues déjantés. Même si on avoue avoir parfois quelques difficultés à suivre la surenchère dans la digression, sur la naissance du féminisme notamment, et de même qu’on trouve l’utilisation de l’anglais excessive, on ne cesse d’écarquiller les yeux et d’être éberlué par tant de créativité. Signe qu’on est saisi dès la première seconde et que le rythme ne se relâche jamais, les collégiens présents dans la salle n’ont pas même sorti leurs smartphones ni ne perdent une miette de ce qui se passe sur scène.

Les « Girls », chacune avec ses mimiques, son accent, son franc parler, sa fragilité ou son caractère bien trempé, excellent dans leurs métamorphoses et leurs jeux de jambes, et enchaînent les pitreries avec brio. La mise en scène précise et inventive de Camille Germser vient régler la déferlante de numéros et les transitions périlleuses entre fausse réalité et vraie illusion, offrant ainsi une nécessaire fluidité à un ensemble plus que touffu.

Un spectacle fou, pétillant et délirant à chaque instant, où l’on vogue de surprise en surprise autant qu’on rit.

Le spectacle sera visible à Noisy-le-Grand le 8 février 2013 et à Saint-Michel-sur-Orge le 16 février 2013.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=w2opnuXwqSg[/youtube]

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Un commentaire
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  1. Ma « petite »Sahra
    C ‘est trop chouette de te voir dans ce ( trop court) extrait
    Toujours aussi mignonne et certainement tres bonne comedienne pour le peu que j ai vu
    les annees n’ont pas d’ emprise sur toi mais je suis un peu loin pour venir d’admirer et t ‘applaudir
    D’énormes soucis pour Romain ….
    mais bien que loin des yeux vous êtes ( mes 2 « petites »nièces) toujours dans mes pensees et dans mon coeur
    Grosses bises a toi et .. j éspere à dans un futur (pas trop lointain)
    Comment va petit Nayel? et Fabien
    Gros bisou au petit bonhomme et mes amitiés à Fabien.

    Taty Nicole

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