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Londres – The Braille Legacy (Critique)

Le mardi 2 mai 2017 à 15 h 58 min | Par | Rubrique : Divers

Lieu : Charing Cross Theatre, The Arches, Villiers Street, London WC2N 6NL
Dates : jusqu'au 24 juin 2017
Horaires : 19h30 - matinées mercredi (14h30) et samedi (15h)
Tarifs : à partir de £15

Livret et lyrics : Sébastien Lancrenon (traduits par Ranjit Bolt)
Musique : Jean-Baptiste Saudray
Mise en scène : Thom Southerland

Résumé : Le show, une création française adaptée en anglais, relate l’histoire du jeune Louis Braille qui, à quinze ans et contre les préjugés de l’époque, invente un système de lecture tactile qui ouvre la voie de la culture et de l’autonomie aux non-voyants.

Notre avis : Le spectacle est d’abord l’occasion de découvrir le destin incroyable de Louis Braille, dont on ne connaît habituellement que l’alphabet qui porte son nom. On pénètre avec effroi l’univers impitoyable de l’institut pour jeunes aveugles qu’il fréquentait et l’atmosphère hostile de la Restauration où l’on glosait ouvertement de la façon dont il faut traiter les “malades”. Une dizaine d’enfants presqu’enchaînés subissent brimades et injustices dans le pur esprit d’Oliver Twist et Spring Awakening. On ne peut échapper à un sentiment de malaise quand on apprend que certains enfants sont sacrifiés pour les besoins de la science, au nom d’ignobles théories utilitaristes. Lueurs d’espoir, Louis Braille et son mentor, le Docteur Pignier, se battent pour un avenir meilleur.

L’univers musical de Jean-Baptiste Saudray reflète le misérabilisme ambiant avec de forts accents Misérables-istes. On ne peut s’empêcher de penser à Jean Valjean quand Jérôme Pradon prêche pour les malheureux et réclame “Liberté, Egalité, Fraternité” de sa voix si caractéristique vibrant de souffrance sincère. C’est malheureusement l’une des rares fois où il chante seul plutôt que dans des chœurs un peu systématiques et tellement exaltés qu’on croirait des finals prématurés.

La mise en scène de Thom Southerland, dont on a déjà souvent souligné le talent, présente de beaux tableaux clairs-obscurs dynamisés par des allées et venues sur une structure à étage qui pivote au centre de la scène. La part belle est faite aux enfants, parfois très jeunes, crédibles et touchants. Mais LA révélation est Jack Wolfe, qui interprète Louis Braille avec une délicatesse corporelle et vocale toute particulière. Il bénéficie des chansons les plus introspectives et les plus mélodieuses, magnifiées par une voix d’ange mêlant douceur et assurance. Il rend certainement un digne hommage au personnage exemplaire à qui il redonne vie.

Lire aussi notre entretien avec Sébastien Lancrenon.

 

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