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Ma plus belle histoire d’amour … Barbara

Le jeudi 14 novembre 2002 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts, Spectacles divers, Théâtre musical

Lieu : Théâtre de l'Européen - 5, rue Biot 75017 Paris - Métro Place de Clichy
Dates : du 14 novembre au 31 décembre 2002
Horaires : du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h
Tarifs : de 27,00 ? à 43,50 ?
Informations supplémentaires : 01.43.87.97.13 ou 0.892.68.36.22

Mise en scène : Bruno Agati

Décor : Marie-Caroline de Baecque
Lumières : Jacques Rouveyrollis

Avec :
Chant : Ann’So
Piano : Roland Romanelli

Ann’So est magnifique dans Ma plus belle histoire d’amour … Barbara. Tel un oiseau fragile, elle entre sur la scène en robe de maille velours de couleur rouge rubis, et déjà une force immense se dégage de sa jolie silhouette gracile. Au début, on est surpris d’entendre dans sa bouche les mots de feu la chanteuse en noir Barbara (1930-1997). En effet, les chansons de celle-ci supposent un long et douloureux vécu sentimental. Qu’importe sa jeunesse, Ann?So se les réapproprie prestement en contournant l’obstacle. Elle n’est pas là pour une imitation. La simple reproduction de la voix et la diction lui serait facile, elle le montre par instants. Mais elle préfère chanter à sa façon, et s’appuyer sur ce que ces chansons ont apporté à son propre vécu. Les intermèdes parlés avec le musicien Roland Romanelli, accordéoniste et complice de Barbara durant 20 ans, permettent de découvrir la face privée de la chanteuse. Ils participent à rendre très attachante cette femme ténébreuse qu’on aurait tendance à enfermer dans son personnage public. Au travers d’anecdotes savoureuses ou émouvantes, les deux artistes sur scène recréent la présence de la chanteuse absente. Occasionnellement, leurs interventions sont prolongées par la voix off de Barbara, qui vient confirmer les traits curieux et attachants de son comportement : exigeante, excentrique et très chaleureuse.
Par la présence de Roland Romanelli, un des dépositaires de l’art de Barbara, et de la jeune Ann’So, témoin parmi d’autres de l’impact de la chanteuse, les chansons passent d’une génération à la suivante. Les plus jeunes apprennent ainsi à connaître Barbara. La mise en scène s’affirme pudique et chaleureuse et tire un très beau parti de l’élégance de danseuse de Ann’So. Le décor est sobre (un piano, et une loge de chanteuse en arrière plan). Le dépouillement visuel du spectacle renforce la présence des deux protagonistes, eux-mêmes concentrés à rendre vivante la chanteuse. Les chansons de Barbara sont parties pour défier le temps, ce spectacle le prouve avec intelligence, respect et une immense tendresse.

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