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Madame Mouchabeurre

Le dimanche 25 octobre 2009 à 16 h 45 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Le Trianon - 80 boulevard Rochechouart - 75018 Paris
Dates : Du 22 octobre au 21 novembre 2009
Horaires : Du jeudi au samedi à 20h30.
Tarifs : De 28 à 30 €.

madame-mouchabeurreLivrets et lyrics de Michel Heim.
Chorégraphies de Nadine Féty.
Direction musicale de Nicolas Kern.

Après le succès remporté par Les Dindes galantes, leur précédent spectacle nominé aux Molières en 2006, la nouvelle création des Caramels Fous était très attendue. Ils reviennent en force et en forme avec Madame Mouchabeurre, une version de Madame Butterfly « à la mode de Bretagne » ! Quand le rideau s’ouvre, on est déjà bluffés par l’esthétique et la qualité du décor conçu et fabriqué par les Caramels eux-mêmes. Dans les années 50 à Plou Her Meur, petit port breton, la jeune Gwenda Chouchen, fiancée au brave Yvon Mouchabeurre, se laisse séduire par John Pinkerton, un marin américain sans scrupule. Après leur première et dernière nuit d’amour, la marin doit repartir au grand désespoir de Gwenda qui épouse Yvon Mouchabeurre sans lui avouer que l’enfant qu’elle porte n’est pas de lui. Vingt ans plus tard, un navire américain revient mais cette fois-ci c’est John Pinkerton Jr qui en débarque et fait ainsi la connaissance de son demi-frère, le petit Jean qui a plus hérité de sa mère Gwenda que de son père… A cette intrigue principale se greffe une histoire parallèle, l’amour tourmenté du curé pour un jeune marin dont est témoin sa bonne follement éprise de lui. Une fois de plus, les Caramels Fous nous offrent un spectacle riche en situations cocasses, improbables et drôles sorties de l’imagination débordante de Michel Heim, créateur de la troupe et auteur du livret et des chansons. Si l’humour et la dérision sont bien présents, des thèmes plus graves et sérieux sont abordés comme l’intolérance, l’exclusion, les non-dits, le pardon et la douleur des sentiments. Comme dans tous les spectacles des Caramels Fous, les chansons de Madame Mouchabeurre sont des adaptations réussies de standards de la variété française et internationale (la réinterprétation de « Grace Kelly » de Mika mérite le détour), de l’opéra et de l’opérette. Mais en plus, cette fois-ci la part belle est faite à la comédie musicale avec des airs de West Side Story, Miss Saigon (déjà inspirée de Madame Butterfly), Les Misérables et même Hairspray pour l’ébouriffant final. Même si vocalement le niveau est inégal, les interprètes (tous amateurs) réalisent une prestation généreuse et pleine d’enthousiasme. Quelques uns se distinguent particulièrement comme Michel Heim, hilarante mère Chouchen alcoolique au premier acte et émouvante Gwenda au deuxième acte, Laury André qui incarne la bonne du curé drôle et touchante qui va jusqu’à changer de sexe (!) et Thierry Quessada, déjà remarqué dans Les Dindes galantes, qui confirme ici son talent de comédien et de chanteur dans le rôle du marin John Pinkerton. Efficacement mise en scène et chorégraphiée par Nadine Fléty, Madame Mouchabeurre est une vraie comédie musicale avec du grand show, des moments d’émotion et une bonne dose d’humour qui séduira un large public. Du Caramel grand cru !

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Un commentaire
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  1. C’est bien, parce qu’on est heureux de trouver des airs qui nous parlent (attention cela va de Don Giovanni à Barbara en passant par « Pretty woman » ou des tubes de Polnareff) que l’auteur prend un malin plaisir à malmener pour y intégrer son texte. C’est bien, parce que même sur 2h30 de spectacle, on ne s’ennuie pas. C’est bien, parce qu’il y a une sacré équipe sur scène, qui même s’ils ne sont pas tous professionnels, qui en veut et a la pêche. La troupe, tous des hommes (les Caramels Fous est un groupe gay) sait merveilleusement bien doser la dérision et le cliché. C’est bien, car l’histoire, bien qu’évidemment très tirée par les cheveux (les perruques ?) est pleine de rebondissements. C’est enlevé, bien chanté, bien chorégraphié et imaginatif. On rie beaucoup, même si l’auteur nous passe parfois de jolis messages sur la difficulté d’aimer et d’être aimé.
    Ca change des spectacles du Palais des Sports remplis par les comités d’entreprise où, vu que les places sont chères, on n’ose pas dire que c’est lourd, laborieux et qu’on y cherche le talent. Au Trianon c’est tout le contraire. Et à voir les 500 personnes emballées – quelle ambiance ! – ces caramels ont trouvé l’antidote contre la morosité ambiante.

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