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Making of Et si on chantait ? – En coulisses avec Jérôme Pradon et Isabelle Georges

Le samedi 1 novembre 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Zoom

Isabelle Georges ©DR

Isabelle Georges ©DR

Pour réunir Isabelle Georges et Jérôme Pradon, il fallait un écrin exceptionnel que Jacques Pessis a concocté en s’assurant la collaboration des pointures que sont Gérard Daguerre à la direction musicale, Jacques Rouveyrollis aux lumières et Michel Dussarrat aux costumes. Le livret, véritable scénario aux ressorts dramatiques et émotionnels, a été conçu pour permettre l’utilisation des magnifiques textes chantés qui ont fait la gloire de la chanson française des années 1950 et 1960. La mise en scène et la chorégraphie ont été confiées à un trio de jeunes débutants au recul nécessaire par rapport à cette période pour garantir une certaine inventivité et une fraîcheur indispensable.

Les répétitions vont bon train au Centre du Concept Créatif Pierre Cardin, à Saint-Ouen. Isabelle Georges et Jérôme Pradon évoluent entre les tables d’un cabaret improvisé, sous l’oeil attentif de la chorégraphe. L’orchestre ? présent sur scène ? enchaîne une célèbre chanson d’Edith Piaf et un succès d’Yves Montand et égrène leurs notes nostalgiques, tandis que les protagonistes chantent leur amour naissant rythmé par une chorégraphie dont ils arriveront à bout après 90 minutes d’un travail acharné. Le ton est donné et les artistes, par un geste, un regard, un sourire ou un baiser distillent une émotion vraiment palpable… Entretien avec les deux protagonistes.

Comment est venue l’idée de ce spectacle ?
Isabelle : Lorsque j’ai repris L’Air de Paris l’an dernier, en entrant dans les chaussons d’une autre (NDLR : Manon Landowski), je n’étais pas sûre d’être véritablement à ma place, étant donné les circonstances et la teneur même du spectacle. Jacques Pessis m’a alors proposé de travailler ensemble sur un autre spectacle et j’ai accepté en posant deux conditions importantes à mes yeux : que ce soit une vraie pièce de théâtre agrémentée de chansons et de danse ? autrement dit une vraie comédie musicale ? et surtout de partager l’affiche avec Jérôme Pradon ! Jacques s’est alors attelé à la tâche et… nous voilà !

Jérôme : Oui, quand j’ai été contacté pour faire ce spectacle, j’ai également posé comme condition d’avoir un livret très développé, avec une histoire, une dramaturgie, des ressorts émotionnels et surtout que les chansons ou les danses s’insèrent parfaitement dans le déroulement de l’histoire en faisant avancer celle-ci.

Isabelle : Jacques Pessis avait au départ l’idée d’un spectacle qui réunirait les grands succès de la chanson française des années 1950 et 1960 avec juste un fil conducteur. Lorsqu’il a décidé de développer l’histoire, s’est posé le problème de l’utilisation de chansons très connues dans un livret actuel. Jacques a alors fait un remarquable travail de recherche dans les chansons de cette époque pour ne retenir que celles dont les textes pourraient presque faire croire qu’ils ont été spécialement écrits pour le spectacle. Du reste, le sens même de ces textes prend alors une coloration qu’on ne leur soupçonnait pas du tout !

Jérôme : Certaines sont très connues, d’autres beaucoup moins, mais elles ont toutes une bonne raison d’exister dans ce spectacle. Contrairement à beaucoup d’autres spectacles musicaux actuels, ce n’est absolument pas une revue chantée avec un mince fil conducteur pour prétexte, ni un récital déguisé : les numéros musicaux s’insèrent dans le livret pour permettre aux comédiens d’exprimer leurs sentiments ou des émotions très différentes ? amour, joie, peur, peine, etc. ? , et il faut avouer qu’aussi bien en tant que chanteurs qu’en tant que comédiens, nous sommes très satisfaits du résultat.

Un mot sur le livret ?
Jérôme : L’histoire commence avec la rencontre fortuite de deux personnages assez âgés qui se sont connus dans un passé lointain. La construction en flash-back permet non seulement de faire fonctionner les ressorts émotionnels ou nostalgiques, mais également de se replacer astucieusement dans le contexte des chansons utilisées. Le livret raconte le parcours du personnage principal joué par moi-même et du lourd secret enfoui dans son passé… Il vaut mieux ne pas en dire plus.

Isabelle : Je joue le rôle de Suzy, une vedette de cabaret de seconde zone qui va tomber amoureuse de Julien joué par Jérôme…Le spectacle a d’ailleurs presque entièrement lieu dans l’espace du cabaret, ce qui justifie par exemple la présence permanente d’un orchestre de cinq musiciens sur scène. Nous sommes particulièrement fiers de présenter ce spectacle avec des musiciens ? et pas des moindres – en live car c’est un luxe que même de grosses productions ne se paient pas, ce qui est vraiment dommageable pour la profession, aussi bien pour les musiciens eux-mêmes que pour les chanteurs, car chanter sur des bandes enregistrées n’est pas vraiment stimulant.

Vos autres projets ?
Jérôme : En fait, je rentre de Londres où j’ai passé l’été sur scène dans Pacific Overtures de Sondheim, ce qui a nécessité un gros travail de ma part les douze derniers mois. J’enchaîne avec Et Si On Chantait ?, en espérant que cela dure un certain temps… Je participerai également le 8 décembre à la soirée Musical’s Friends.

Isabelle : Mon spectacle sur Judy Garland, Une Etoile et Moi, a été réécrit en anglais et je viens de le présenter aux Pays-Bas devant des gens très importants. Il se pourrait que cela me mène jusqu’à Londres et pourquoi pas… mais bon on verra !

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Un commentaire
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  1. je suis écoeuré qu’on parle de tous les participants, mais pas du son, qui est pourtant fondamental, et dont tous les professionnels ont dit du bien!

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