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Marie Orlandi – Jolie môme

Le dimanche 1 juillet 2007 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Marie Orlandi ©DR

Marie Orlandi ©DR

Marie Orlandi, comment êtes-vous arrivée dans ce métier ?
Je suis une fille d’artistes, une enfant de la balle, avec un père réalisateur et une mère comédienne. J’ai intégré le cours Florent à quatorze ans, avec une envie de faire de la comédie. J’y ai fait un cycle de trois ans et à un atelier de fin d’année, j’ai chanté « Summertime ». François Florent l’a remarqué et m’a présentée à Raymond Acquaviva qui m’a présentée ensuite à Guy Bontempelli qui montait une comédie musicale à Avignon : Si ça vous chante. J’ai également joué Fame en semi-amateur. J’avais 17 ans, j’ai trouvé ces expériences géniales.
Après Avignon, j’ai travaillé dans un lieu qui s’appelait le Lewis Café où je servais en chantant. A partir de là, j’ai eu beaucoup de propositions pour des soirées privées et je suis entrée dans le cercle infernal des mariages et des bar-mitzvahs ! Je devais chanter comme Céline Dion ou Mariah Carey : à vingt ans, ça m’éclatait, mais maintenant beaucoup moins !
J’ai également été prise sur une comédie musicale qui s’appelait Le sel et le miel qui m’a permis de rencontrer Harold, que je viens d’épouser !
Ensuite, j’ai travaillé sur mes propres compositions, qu’on pourrait qualifier de « chanson rock ». Ecrire, c’est ce qui m’importe le plus et ce qui me semble le plus simple, le plus facile.

Comment êtes-vous arrivée sur Piaf, je t’aime ?
Quand j’ai auditionné, je savais qu’ils avaient déjà trouvé Piaf mais j’ai quand même demandé à chanter « L’accordéoniste », car c’est une des premières chansons que j’ai interprétée à quatorze ans. Ils ont accepté. Puis, ils m’ont proposé d’être doublure pour Piaf. Finalement, l’interprète qui devait jouer le rôle ne l’a pas fait et je l’ai donc obtenu. Mais ça s’est tout de même passé en plusieurs fois. J’ai passé toutes les scènes, toutes les chansons et je me suis battue à fond. J’ai perdu sept kilos pendant le processus des auditions. Ma plus grosse angoisse était d’apprendre à rouler les « r » comme Piaf. J’ai regardé énormément de vidéos, lu plein de livres sur elle. Je me suis complètement immergée dedans. Quand j’ai su que j’étais prise, j’ai même eu une mini phase schizophrène ! (rires) J’avais l’impression que Piaf était avec moi, un peu comme une meilleure amie imaginaire ! J’étais sans cesse en train de me dire : « qu’aurait-elle fait là ? qu’aurait-elle dit ? qu’aurait-elle mangé ? » Je voulais être Piaf, j’étais prête à tout quitter ! Et au bout d’un moment, je me suis dit : « Marie, tu es comédienne, Piaf, ce n’est pas toi ! » (rires) Donc après avoir tout ingurgité, j’ai laissé reposer. Une fois le texte su, les « r » maîtrisés, je me suis mise à réécouter la conduite du spectacle plusieurs fois par jour sur mon iPod. Je retravaille à nouveau avec les DVD pour la précision. Mais je crois que Piaf est toujours un peu mon amie imaginaire… Je dois être un peu folle ! (rires)

Comment décririez-vous la vision de Piaf dans ce spectacle ?
C’est une femme libre, éternellement libre. Elle est également drôle, impudique et très généreuse. C’est une séductrice, pas une victime, une femme qui contrôle son destin, une sorte de Madonna à l’ancienne (rires) ! On me dit souvent que ça doit être dur d’entrer dans la peau d’un personnage aussi noir, mais moi, ce n’est pas ainsi que je la perçois. C’est avant tout une femme et une chanteuse, exerçant un métier qui n’est pas facile. Etant parfois un peu torturée moi-même, je pense comprendre cette femme. De même, me considérant comme libérée, je comprends tout à fait ses rapports avec les hommes.

Ressentez-vous plus de pression du fait que vous interprétez un personnage mythique et que vous allez jouer de surcroît dans une salle mythique ?
Je suis au départ quelqu’un de très angoissé donc je me mets de la pression quoi qu’il en soit. Le temps de l’insouciance est fini ! J’ai quatorze chansons, je suis entourée d’une trentaine de personnes, et si je me plante… c’est chaud pour moi ! Je ne pense pas que j’aurais pu jouer ce rôle à 18 ans, j’aurais pété les plombs ! Mais je ne me mets pas plus de pression à cause de la salle : ce qui est important, c’est le spectacle, que l’on joue à l’Olympia ou à l’Européen. Si le spectacle est mauvais, il restera mauvais.
Quant au fait de jouer Piaf, je n’essaie aucunement de l’égaler, j’essaie juste humblement de rentrer dans ses pompes et de donner aux gens le plaisir de revivre des choses qu’ils ont aimées ou d’en découvrir d’autres qu’ils ne connaissaient pas. Je n’essaie pas de faire une imposture, et pour ça, je vais chercher en moi, notamment pour toutes les émotions de base, qui sont celles de la femme : l’amour, l’attente, l’espoir…
Mais, c’est sûr, il y a quand même une grosse pression. Je ne suis pas un nom, et même si je n’ai pas vraiment d’ennemis, on m’attend forcément au tournant car je n’ai jamais fait mes preuves dans le milieu de la comédie musicale. Et puis, c’est sans doute le rôle de ma vie en termes de comédie musicale ! Je ne sais pas si j’en referai après. C’est un rôle tellement fort que tout va me sembler fade ! Alors, le mieux à faire… c’est de ne pas trop y penser !

Quel est le parti pris de mise en scène concernant votre interprétation ?
Je dirai que c’est « à la manière de ». Je suis comédienne, pas imitatrice. Comme je suis excessive, quand j’ai commencé à aborder le personnage, je voulais être Piaf à s’y méprendre, mais en fait, ce qui est intéressant c’est de travailler les nuances dans la voix parlée, dans son rire, dans sa façon de se tenir et de les reproduire par moments. Quand à la voix chantée, on essaie d’être au plus proche. Aucune tonalité n’a été changée. On a tendance à m’attribuer des rôles de sopranos, mais je suis une vraie mezzo et avec Piaf, je peux enfin m’exprimer pleinement !

Parlez-nous de la troupe qui vous entoure…
Je ne suis pas du genre à dire des choses conventionnelles mais je trouve sincèrement que cette troupe est extraordinaire. C’est la première fois que je travaille dans une ambiance aussi bonne, où les gens sont humbles, talentueux et n’ont pas de problèmes d’ego. On travaille très bien tous ensemble. C’est peut-être Piaf qui réunit ainsi les gens !

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