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Marie Zamora – Le coeur au bonheur

Le lundi 1 mai 2000 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Marie Zamora ©Just Jaeckin

Marie Zamora ©Just Jaeckin

« Cet album est né après un concert de l’Orchestre Colonne à la Salle Pleyel auquel j’ai participé il y a un an et demi. A l’issue de cette soirée spéciale consacrée aux grands comédies musicales, des spectateurs m’ont demandé où trouver le CD« . Dans l’appartement qu’elle occupe quand elle est de passage à Paris, Marie Zamora revient sur son choix de chansons tirées des oeuvres de Boublil/Schönberg ou Andrew Lloyd Webber pour les comédies musicales et Les parapluies de Cherbourg ou Titanic pour les films. « Elles se complètent bien et puis, en France, nous avons une culture de comédies musicales cinématographiques ». Et de citer parmi les influences musicales qui l’ont bercée aussi bien Verdi que Claude François ou encore les grands films musicaux diffusés à la télévision. « J’ai eu la vocation très jeune, à trois ans ! », précise-t-elle en riant. Pour devenir artiste de comédie musicale, elle a donc appris à jouer, chanter et danser (« c’est la discipline la plus terrible de notre art mais ça m’a donné une grande rigueur dans tout ce que j’entreprends« ).

Cosette à Mogador
C’est au moment de s’embarquer pour la très prestigieuse Julliard School à New York que le destin s’en mêle. Marie prend connaissance des auditions pour Les misérables. Pour toute une génération, elle sera Cosette jeune fille. « Ca a été une expérience extraordinaire« , confirme-t-elle. Toute la troupe – qui bénéficie de l’expérience anglaise de la production – répète presque deux mois avant la première, un luxe rarement permis en France. « Les répétitions étaient très introspectives, nous pratiquions beaucoup l’improvisation afin de psychanalyser, disséquer nos personnages. C’est un travail que tout comédien peut faire dans son intimité au risque de se mettre en danger. Nous, nous l’avons fait ensemble, afin que la troupe parvienne à une vraie unité. Nous y avons trouvé des forces en nous que nous n’aurions jamais soupçonné et nous en avons nourri nos personnages« .

Le spectacle a tenu toute la saison 1991-1992 à Mogador, obtenu de nombreuses récompenses mais loin du succès qui dure depuis 15 ans à Londres ou 13 ans à Broadway. « C’est comme ça« , dit-elle un brin fataliste. « En France, il faudra encore du temps pour que la comédie musicale soit vraiment dans nos moeurs« . Elle sent que les choses sont en train de changer, malgré des différences évidentes entre la voie latine (à la Notre Dame de Paris) et celle anglo-saxonne (Les misérables). « Le mot ‘comédie musicale’ n’est plus tabou et c’est déjà beaucoup. Un jour, je suis sûre qu’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg ou Andrew Lloyd Webber figureront au répertoire ! ».
Après Les misérables, Marie enchaîne avec Kiss Me, Kate d’Alain Marcel et Barnum de Jean-Paul Lucet. Elle a aussi fait du théâtre – non chanté pour le coup – en jouant Piradello et La suite sans titre avec le Théâtre du Campagnol. Elle s’est aussi interrompu quelques temps pour, comme elle le dit joliment « réaliser mes deux propres petites productions, mes enfants ! ». Elle vit aujourd’hui à Londres avec eux et son mari, Alain Boublil.

Michel Legrand sous le charme
Son album est pour elle l’occasion de revenir en France, ainsi que bientôt pour une nouvelle occasion. Michel Legrand, qui a aimé son interprétation de « Je ne pourrai jamais vivre sans toi » (Les parapluies de Cherbourg), lui a demandé de se produire avec lui dans la Cour carrée du Louvre lors de la Fête de la musique 2000. Il jouera, elle chantera quelques-unes des grandes chansons classiques du maître : Les demoiselles de Rochefort, L’été 42, Yentl … « C’est un grand honneur. Quand je passais des auditions, je présentais toujours une chanson des Parapluies ! Et maintenant, je vais l’accompagner autour du monde ! ». Son emploi du temps pour 2000 et 2001 comprend une salle parisienne à la rentrée, des salles de concert en Angleterre, au Japon et en Amérique du Sud, que ce soit pour son album ou en compagnie de Michel Legrand. Et il y a aussi ce projet de retour dans une grande comédie musicale dont elle ne veut rien dire pour le moment mais qui devrait être annoncée bientôt.

En attendant, elle se prépare pour ce récital en juin où elle chantera ce répertoire qu’elle aime tant. « Je le fais avec une grande sincérité et j’espère que le public sera touché par ce répertoire. Chanter des airs de comédie musicale, pour moi, c’est comme mettre une robe qui vous va bien. Même si elle est un peu usée, on ne va pas la changer pour autant !’.

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