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Marjorie Ascione – Le flamenco dans la peau

Le lundi 1 mai 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Marjorie Ascione ©DR

Marjorie Ascione ©DR

Quelle est votre formation ?
J’ai commencé la danse à Lyon dont je suis originaire. Ma mère est espagnole et mon père italien et je passais le plus clair de mes vacances en Espagne. Le goût pour le flamenco m’est venu très jeune. J’ai commencé la danse d’une façon très banale en prenant des cours de jazz dans une école de quartier. Un des professeurs m’a repérée et m’a prise sous son aile. J’ai ainsi participé à divers stages de danse notamment avec Reda et à 16 ans, je suis rentrée au Centre de danse d’Alain Astier tout en poursuivant mes études.

Comment a commencé votre parcours professionnel ?
Après avoir obtenu ma maîtrise en littérature, j’ai pris la décision de me lancer. C’était très dur car mes parents n’y étaient pas très favorables et parce que ce milieu m’effrayait. J’ai commencé en intégrant une petite troupe à Lyon, puis celle de Bruno Vandelli à Cannes où je suis restée cinq ans. C’est finalement Redha qui m’a poussée à monter à Paris, ce qui me faisait très peur. A l’occasion d’une audition pour Bianca Li j’ai tenté ma chance, et j’ai été retenue. L’aventure commençait… J’ai continué les stages et de fil en aiguille, je me suis construit un réseau intéressant. J’y ai notamment rencontré un professeur qui réalisait des chorégraphies pour les émissions de Michel Drucker et grâce à lui, j’ai commencé à travailler pour les émissions TV.

Comment avez-vous rencontré Kamel Ouali ?
C’est au cours d’un de ces stages que j’ai rencontré Kamel Ouali en tant que danseur. On s’est ensuite retrouvé sur un projet : Le festival de la mode, ce qui nous a donné l’occasion de mieux nous connaître. Alors qu’il était l’un des chorégraphes de French Cancan [NDLR : spectcale aux Folies Bergère], il m’a proposé de passer les auditions et tout s’est enchaîné. Il m’a contactée pour Les 10 commandements comme danseuse capitaine. C’est également par son intermédiaire que j’ai donné des cours de flamenco à la Star Academy et participé à quelques primes.

Vous êtes abonnée aux comédies musicales à gros budget !
Effectivement, j’ai participé à Autant en emporte le vent et Gladiateur dans lequel j’étais l’assistante de Stéphane Loras (que j’avais rencontré à Lyon). Certes le succès commercial ne fut pas au rendez-vous, mais cette expérience fut très enrichissante car nous avons travaillé sur un registre contemporain. Je suis ensuite partie au Japon monter Les Dix Commandements, cette fois-ci en tant que chorégraphe – autant dire une grande première pour moi – et je suis actuellement danseuse capitaine sur Le Roi Soleil. J’essaye néanmoins de continuer à participer à des oeuvres plus modestes.

Justement, quel rapport entretenez-vous avec le flamenco ?
Je n’ai jamais pris de cours de flamenco. Pour moi, cette danse fait partie de ma culture, de mon sang. La musique a été très présente dans mon éducation. Ce que j’aime dans le flamenco c’est qu’il faut « l’habiter » pour le danser. Au-delà de tous les mouvements techniques, le flamenco est avant tout une émotion particulière.

Comment est né le spectacle Flamenka ?
Karen Ruimy est à l’origine de ce projet. Ayant des racines marocaines, juives et espagnoles, elle avait envie de construire un spectacle de danse autour de ses origines. Cette multiplicité nous a donné l’idée et l’envie de mélanger le flamenco traditionnel au flamenco plus moderne. Manuel Gutierrez Cabello a conçu les moments de flamenco traditionnels et Jérôme Zerbi et moi avons pris en charge l’aspect plus moderne et la mise en scène du spectacle. Nous voulions y apporter une histoire et éviter la succession de tableaux. Au final, quinze artistes se partagent la scène : cinq musiciens, et dix danseurs.

Avez-vous des projets, des envies ?
Je vais partir en Espagne prendre des cours de tango argentin, j’ai envie d’explorer ces danses si proches de mes racines. J’aimerais beaucoup continuer à travailler avec Kamel Ouali, car c’est quelqu’un que j’aime beaucoup. J’ai beaucoup de respect pour son travail, sa réussite et j’apprécie beaucoup son humilité : il est resté le même que celui que j’ai connu il y a quinze ans. J’aimerais également beaucoup retravailler avec Stéphane Loras dans un registre plus contemporain.

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Un commentaire
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  1. Marjorie merci beaucoup, j’ai passé une excellente soirée ainsi que ma maman.
    cela m’a refait vivre un peu de jeunesse, très bonne troupe qui vit ce qu’elle présente dans la chorégraphie et la gestuelle.bises
    une villeurbannaise amie de PEPA.

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