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Merrily We Roll Along – Le musical qui avance en marche arrière !

Le mardi 1 janvier 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

©DR Affiche de Merrily We Roll Along à Broadway en 1981.

©DR Affiche de Merrily We Roll Along à Broadway en 1981.

Musical de Stephen Sondheim (chansons), et George Furth (livret) d’après la pièce de George S. Kaufmann et Moss Hart

Création
16 novembre 1981 à l’Alvin Theater de New York
Avec Jim Walton, Ann Morrison, Lonny Price
Mise en scène d’Harold Prince
16 représentations

Principales chansons
Hills of Tomorrow – Rich and Happy – Like It Was – Franklin Shepard, Inc. – Old Friends – Not a Day Goes By – Now You Know – It’s a Hit! – Good Thing Going – Bobby and Jackie and Jack – Opening Doors – Our Time

Synopsis
À l’occasion d’une fête de fin d’année d’un lycée américain, l’itinéraire d’un ancien élève devenu célèbre et de deux amis proches est raconté. Le récit a toutefois une forme particulière : il progresse à l’envers, de 1980 à 1955. Cette traversée du temps alterne les joies et les peines. Au début, les amis sont en situation de rupture. En remontant le passé, on en découvre au fur et à mesure les raisons. Leurs parcours sont faits de grandes ambitions, et fatalement de succès et d’échecs. En corollaire, les amitiés et les amours se brisent sur des désaccords et des trahisons. La succession des tableaux s’achève en 1957 lorsque les trois jeunes gens de 18 ans observent candidement un satellite Spoutnik dans le ciel en se disant que rien n’est impossible.

Les thèmes
Merrily tourne autour du lien d’amitié qui a réuni les personnages dans leur jeunesse. La préservation de l’amitié passe-t-elle par la préservation des idéaux de jeunesse ? Le constat s’avère pessimiste : cette affection traverse difficilement l’épreuve du temps. On n’est plus le même entre l’adolescence et ses quarante ans. La réalité, et par conséquent le pragmatisme transforment les personnages. Ils sont détournés de leurs convictions initiales. Ce constat cruel est aussi une dénonciation des succès trop faciles, qui enivrent les esprits et les séparent d’autrui.

L’histoire derrière l’histoire
Merrily We Roll Along est adapté d’une pièce de théâtre homonyme créée en 1934, et il hérite de sa narration à l’envers. Le musical est rempli de chansons splendides (« Old Friends », « Our Time »), et émouvantes (« Like It Was », « Not A Day Goes By « ). Et pourtant c’est l’échec le plus retentissant dans la production de Sondheim, avec Anyone can Whistle. Après seize représentations chaotiques, le rideau tombe définitivement et le studio RCA enregistre en catastrophe la distribution de Broadway avant la dispersion de la troupe. Depuis, ce témoignage a préservé le souvenir de ce musical. Il a également entretenu son statut d’oeuvre maudite. Il est vrai que la partition est réellement très séduisante, mais son pessimisme foncier peut déranger. Ce désenchantement à fleur de peau apparaît presque brutal, comme une leçon de rigorisme assénée à l’auditoire. Et pour les plus jeunes, les 25 ans de vie écoulée parlent peu.

Avant la création de Merrily en 1981, Sondheim avait enchaîné une série de spectacles ambitieux et plutôt bien accueillis avec son complice le metteur en scène Harold Prince : Company, Follies, A Little Night Music, Sweeney Todd. L’échec catastrophique de Merrily marque la fin de cette collaboration jusque-là prolifique. Amer et découragé, le compositeur envisage même une retraite anticipée. Heureusement, il n’en sera rien et il retrouvera sa joie de créer avec Sunday In The Park With George en 1984. Quant à Merrily, de petites productions contribuent à sa redécouverte, notamment à La Jolla (Californie – 1984), Leicester (Angleterre – 1992), New York Off Broadway (1994) et Londres (au Donmar en 2000), san soublie la production du Kennedy Center dans le cadre du festival Sondheim en 2002, avec un superbe Raùl Esparza dans le rôle de Charley.
Le livret est amélioré au fur et à mesure. Il rend notamment le personnage de Frank, peu sympathique dans la production originale, moins caricatural. La beauté des chansons ainsi que l’astuce de la construction confirment qu’il s’agit d’une des grandes partitions du compositeur. Celle-ci exige juste plus de soin pour faire accepter simultanément son contenu et sa forme si particulière.

Les enregistrements de référence
Les enregistrements témoignent de la production originale et des évolutions successives. Ils sont incontournables, avec une légère préférence pour les deux premiers, respectivement indispensable et essentiel.
– Merrily We Roll Along (1981 Original Broadway Cast)
Merrily We Roll Along (1993 Leicester Cast)
Merrily We Roll Along (1994 Off-Broadway Revival Cast)

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