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Mon frigo me trompe (Critique)

Le vendredi 9 décembre 2011 à 8 h 37 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Cinéma-Théâtre Le Chaplin - 6, rue Péclet - Paris XVe (M° Commerce)
Dates : Du 13 octobre 2011 au 15 décembre 2011
Horaires : Le jeudi à 21 h
Tarifs : 12 €
Informations supplémentaires : 01 42 50 23 32

De Rémi Cotta
Avec Rémi Cotta, Luc-Emmanuel Betton
Mise en scène : Miguel Ange Sarmiento
Musique : Stefan Corbin

« Je suis sûre que ma beauté intérieure sent aussi mauvais que celle de n’importe qui! surtout après une bonne choucroute… »

Laura se lève tous les matins avec un appétit féroce.

Depuis toujours, elle confond amour et gourmandise, haine et renvois gastriques. Trahie par tous, même par son frigo, elle croit encore pouvoir être aimée pour ce qu’elle est.

Seuls ses rêves lui donnent le courage d’aimer et de vivre normalement sa condition de jeune femme obèse dans un corps qui se réveille à la sexualité.
Entre rêve et réalité, son histoire se nourrit des rapports toxiques qu’elle entretient avec Jean, l’homme qu’elle aime, avec sa mère Bernadette…Jusqu’au cauchemar.

Dans un dialogue chanté et parlé où elle donne vie à ces personnages, Laura libère son âme avec humour et légèreté; tout en dénonçant la cruauté dont elle est victime dans une société dictée par les normes…

Notre avis :
Délicieusement représentée sous la forme d’un croisement entre Mrs Doubtfire (pour la postiche bibendum), Carmen Maura (pour la perruque) et Marilyn Monroe (pour le déshabillé froufroutant), Laura est décidément un drôle de personnage ! Et on salue la très belle et très physique performance de Rémi Cotta (qui a signé le roman éponyme dont est extrait ce spectacle musical), élégamment engoncé dans sa combinaison de mousse, et dont la voix se plie, en chansons ou en monologues, à toutes les nuances et toutes les caractérisations que requièrent les différentes situations.

On salue également l’investissement clownesque de Luc-Emmanuel Betton qui, depuis son piano ou à l’avant-scène, campe avec beaucoup de vivacité et force mimiques toute une série de personnages, dragueurs misérables, repoussants voire cruels, qui peuplent la vie de Laura. Mention particulière au portrait du petit frère de Laura, ado cradingue qui se masturbe d’une main et dont l’autre ne lâche la manette de sa console que pour « se gratter l’cul ».

Prises individuellement, certaines scènes ne manquent pas de truculence : quelques répliques qui font mouche, de bons mots, des accessoires étonnants, des situations cocasses, des personnages pittoresques, des invectives impromptues contre le public… Pourtant, mises bout à bout, elles se succèdent de façon trop abrupte et souffrent de redites : l’histoire de cette jeune fille trop boulotte nous emmène dans ses rêves, ses névroses, son frigo, son coup d’foudre, sa naissance, ses relations avec sa mère, ses tentatives désespérées d’épanouissement sexuel, ses orgasmes, etc. On finit par tourner en rond ou avoir une impression de déjà vu, et on ne sait parfois plus très bien s’il faut continuer de rire ou non, surtout au vu de la tournure de plus en plus cruelle que prennent les événements et du cauchemar final tout à fait inattendu, qui tend (malheureusement ou est-ce l’effet voulu ?) à anéantir toute la légèreté accumulée jusque-là.

Musicalement, on nous donne à entendre des harmonies et des rythmes qu’on a déjà l’impression d’avoir entendus ailleurs, mais, somme toute, efficaces et qui servent les diverses situations. Si plusieurs des textes des chansons ont le mérite d’être savamment agencés et de susciter l’écoute, on regrette trop souvent leur vulgarité prononcée, que la mise en scène accentue (faut-il, par exemple, vraiment envoyer de la crème fraîche sur scène quand on nous décrit une éjaculation ?).

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Un commentaire
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  1. j’ai vu la pièce la semaine dernière et j’en garde encore un goût amer …
    déjà déçu de voir ce rôle joué par un homme (qu’on m’explique pourquoi car ça n’a aucun intérêt !!)
    Le texte est rempli de cliché, de vulgarité. Le personnage est une victime mais ne fait rien pour sortir de là.
    Sans parler qu’elle est censé avoir 20 ans !!!! …??? Le faux-bibendum à collier de perles et à robe de chambre en paraissait plutôt 40 …
    et je ne parlerai pas de la scène finale … je risque d’être méchante ..

    Mais Bravo au pianiste qui arrive à s’en sortir avec brio.

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