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Music-Hall (Fragments)

Le vendredi 13 février 2009 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Récitals, Concerts

Lieu : Théâtre de la Boutonnière - 25, rue Popincourt 75011 Paris
Dates : du 3 février au 21 mars 2009
Horaires : du Mardi au Samedi à 21h00
Tarifs : 19 euros (tarif plein) à 10 euros (tarif réduit)
Informations supplémentaires : 01.48.05.97.23

D’après l’oeuvre de Jean-Luc Lagarce
Mise en scène : Sophie Gazel
Avec Laurence Guatarbes, Yves Buchin et Pablo Contestabile.

C’est l’histoire de trois artistes qui vont de ville en ville pour jouer leur spectacle et gagner leur vie autant qu’il leur est possible malgré les conditions misérables qu’ils rencontrent dans chaque lieu qui les accueille. Au fil de leur récital de Boléro et de Tango, ils témoignent de leur vie, de la précarité des tournées et de certains épisodes intimes de leur existence.

Ce cinquième spectacle de la compagnie franco-argentine Théâtre Organic est d’une rare élégance. Il réussit à mettre en scène ce mystère qui est celui des artistes de la scène, prêts à tous les compromis et tous les sacrifices pour être ne serait- ce que quelques instants sur scène dans la lumière sous le regard du public. Les personnages de ce Music-Hall sont pathétiques mais ils portent une parole, celle d’une foi dans le théâtre et d’un amour indéfectible pour lui. C’est pourquoi l’on s’attache très rapidement à la Fille et ses deux Boys, qui nous confient leurs anecdotes théâtrales et intimes.
Cela est d’autant plus prononcé que le cadre exceptionnel de la Boutonnière permet une promiscuité qui permet au public de se retrouver au coeur même du dispositif dramatique et scénique, un cabaret d’un autre temps, qui représente à travers ce lieu, le théâtre de tous les possibles.
Le jeu des trois comédiens, Laurence Guatarbes, Yves Buchin et Pablo Contestabile sonne juste et leur complicité évidente renforce cette notion de troupe qui se protège derrière des morceaux de tango afin de démontrer une certaine dignité dans la lucidité de leur drame.
Même si le décalage entre le jeu statique de La Fille et l’occupation judicieuse de l’espace scénique par ses Boys dans la dernière partie de l’ouvrage est peut-être un peu trop flagrant, donnant ainsi l’impression d’assister à une brève de comptoir, le désenchantement des personnages face à leur destin n’en est que plus évident.

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