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My Fair Lady (Critique)

Le lundi 13 décembre 2010 à 11 h 12 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet 75001 Paris (M° Châtelet)
Dates : Du 9 décembre 2010 au 2 janvier 2011
Horaires : Du mardi au samedi à 20 h, matinées samedi et dimanche à 15 h
Tarifs : De 16 € à 101,5 €

Musique : Frederick Loewe.
Livret et lyrics : Alan Jay Lerner.
Direction : Kevin Farrell.
Mise en scène : Robert Carsen.
Décors : Tim Hatley.
Costumes : Anthony Powell.
Chorégraphie : Lynne Page.
Lumières : Adam Silverman.

Avec : Sarah Gabriel, Christine Arand, Alex Jennings, Margaret Tyzack, Nicholas Le Prevost, Donald Maxwell, Jenny Galloway, Ed Lyon, Pascal Charbonneau…

Orchestre Pasdeloup & Choeur du Châtelet.

Nouvelle production surtitrée en français.

Classique parmi les classiques, créée sur scène par Julie Andrews, puis immortalisée à l’écran par Audrey Hepburn, My Fair Lady, la comédie musicale de Lerner and Loewe, illumine la scène du Châtelet pour les fêtes de fin d’année. Adaptation musicale de Pygmalion, la pièce de Bernard Shaw, My Fair Lady raconte l’histoire d’un défi : celui de Higgins, éminent – et misogyne – professeur de phonétique qui promet de transformer une petite marchande de fleurs en véritable lady en lui enseignant le langage de la haute société. Le spectacle (1956) comme le film (1962) ont triomphé en leur temps et sont restés dans les annales, de même que leurs interprètes.

Pour cette nouvelle production (en anglais, avec surtitres), le metteur en scène Robert Carsen s’est entouré de comédiens particulièrement familiers de cette oeuvre. Alex Jennings (Professeur Higgins) avait remporté un Laurence Olivier Award pour son interprétation de ce même rôle en 2003, et Nicholas Le Prevost (Colonel Pickering) reçut une nomination pour sa performance. Tous deux faisaient partie de la production de Cameron Mackintosh, originellement créée au National Theatre de Londres. On retrouve également Jenny Galloway (« la » Thénardier des Misérables) en Mrs Pierce. A leurs côtés, Sarah Gabriel (en alternance avec Christine Arand), jeune espoir lyrique, campe une Eliza d’une grande fraîcheur et tout à fait attachante, même si on aurait peut-être aimé de la voix de poitrine (du « belt » comme disent les Américains) dans les chansons plus énergiques (« Just You Wait », « Show Me »).

Avec cette jolie distribution, Robert Carsen propose une mise en scène classique mais visuellement très sophistiquée. Les décors de Tim Hatley – que certains trouveront peut-être minimalistes – déclinent le blanc dans toutes ses nuances, du crème à l’ivoire, mais confèrent à la production une extrême élégance et un cachet certain. Les magnifiques costumes d’Anthony Powell n’en ressortent que mieux. A cet égard,les scènes d’ensemble sont particulièrement réussies (les courses d’Ascot, le bal des Ambassades) qu’on en oublie les quelques longueurs du spectacle (3 heures 15 au total) et l’aspect répétitif des airs d’Higgins, ce fameux « parlé-chanté » (écrit spécifiquement pour Rex Harrison, créateur du rôle) qui peut finir par lasser. Quant à « Get Me To The Church In Time », le « eleven o’clock number » typique des spectacles de cette époque, apporte une énergie communicative et l’on se dit qu’un peu plus de fantaisie aurait pu être distillée au long du spectacle.

Enfin, on ne peut pas ne pas citer l’orchestre Pasdeloup sous la direction de Kevin Farrell. Il devient quasiment impossible de nos jours, pour des raisons économiques, d’entendre à Broadway un classique joué par un nombre conséquent de musiciens (il suffit de comparer la taille des orchestres pour A Little Night Music à Broadway et au Châtelet). Cette production nous permet de savourer la partition de Frederick Loewe et dès l’ouverture, la célèbre attaque de cordes séduit par son ampleur.

My Fair Lady est donc un spectacle à apprécier dans sa beauté classique, telle une page incontournable de l’histoire du théâtre musical.

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