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Nathalie Lhermitte – Voix de Cristal

Le vendredi 1 novembre 2002 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Nathalie Lhermitte ©DR

Nathalie Lhermitte ©DR

« Je suis entrée dans ce métier un peu malgré moi… »
D’aussi loin qu’elle se souvienne, Nathalie Lhermitte a toujours chanté. « J’étais une enfant très réservée, se souvient-elle, et le chant était un mode d’expression pour moi. Lorsque j’avais du chagrin, je m’enfermais dans ma chambre et je chantais ! » Ce goût précoce pour la musique l’entraîne naturellement à se produire sur scène dès l’âge de six ans, dans les orchestres de bal. « C’était comme une récré pour moi, c’était une expérience géniale et je chantais de tout : Piaf, Michèle Torr, Karen Cheryl, Sheila et même Pat Benatar ! J’y ai appris la rigueur, j’ai développé ma résistance et j’ai travaillé ma voix sur le tas, en chantant les chansons des autres. La seule difficulté après ça, c’est de prendre un peu de distance et trouver sa propre voix. »

Ses premiers pas professionnels ont lieu à l’âge de 16 ans en enregistrant plusieurs disques. « Je suis entrée dans ce métier un peu malgré moi, avoue-t-elle. Malgré le succès de ces disques, je me sentais incomplète, il me manquait quelque chose. Puis, un jour, j’ai été prise pour un téléfilm et j’ai découvert que j’adorais jouer la comédie. J’ai retrouvé le plaisir d’être quelqu’un d’autre, comme quand on est gosse et qu’on pique les fringues de sa mère ! C’est ce qui m’a orientée vers le théâtre musical et c’est à partir de là que j’ai vraiment eu conscience de mon métier et de ce que j’aimais faire. » C’est avec Starmania que Nathalie aborde le théâtre musical. « Lors de la création de Starmania, alors que j’étais encore au collège, je me souviens avoir vu l’affiche dans le métro et me dire ‘plus tard, je ferai ça’. Dix ans plus tard, j’apprends que Martine Saint-Clair qui interprétait le rôle de Cristal, allait partir. Par je ne sais quel miracle, je décroche une audition devant Berger et je suis – disons-le franchement – lamentable ! Aucun son ne sortait de ma voix ! Berger part et Plamondon me demande de chanter ‘Les adieux d’un sex-symbol’, et là, comme je n’ai plus l’impression d’être en audition, tout se passe bien ! Je me suis finalement retrouvée dans Starmania dans le rôle de Cristal. Avec ce spectacle, j’ai appris à chanter avec les autres, à travailler en équipe et à être dirigée. »

Puis, elle enchaîne avec Peter Pan dans lequel elle incarne Wendy. « C’était un très beau spectacle et je regrette qu’il n’ait pas eu une meilleure médiatisation. Alain Marcel est quelqu’un de grand talent. C’est un très beau souvenir et qu’on en reparle avec des gens de la troupe, c’est toujours avec plein d’étoiles dans les yeux. »

L’esprit de famille
Après avoir joué une jeune adolescente anglaise, elle incarne la chanteuse parisienne par excellence : Piaf. « Lorsqu’on m’a proposé ce rôle, j’ai refusé direct. Je ne voulais pas toucher à cette femme, j’avais peur de l’abîmer et je ressentais tellement d’émotions avec tout ce qu’elle m’envoyait que je ne m’imaginais même pas l’interpréter. Et puis ce qui m’a fait accepter, ce sont tous les gens qui m’ont dit ‘t’as raison de ne pas le faire, tu vas te planter !’. Finalement, ce spectacle a été une révélation, j’ai rarement ressenti de telles émotions. Il y avait un esprit de troupe exceptionnel. Avant chaque lever de rideau, il y avait une énergie d’amour incroyable qui se dégageait. On aimait tous Piaf, on avait le sentiment de faire ce spectacle pour elle. »

C’est aussi le goût du défi qui la pousse à se glisser dans la peau d’un petit garçon de 8 ans en incarnant Oliver Twist, le célèbre héros de Dickens. « J’ai travaillé ce rôle comme n’importe quel autre, explique-t-elle. Ma première démarche lorsque j’aborde un rôle est de chercher la voix du personnage, car c’est le reflet de ce qu’il est. Oliver Twist s’inscrit dans une logique théâtrale, ajoute-t-elle. Les chansons sont écrites en situation, on regarde d’abord si elles marchent dramatiquement avant de savoir si elles marchent commercialement. C’est une démarche différente de ce qui se fait actuellement. » Avec ce spectacle, Nathalie retrouve Ned Grujic avec qui elle avait déjà travaillé sur Piaf, je t’aime. « Avec Ned et son équipe, j’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé une famille. Il y a une compréhension immédiate, un grand respect. D’ailleurs, c’est avec lui que j’enchaînerai avec une comédie musicale sur Merlin, dans laquelle j’incarne Viviane et Guenièvre, les deux bombes du spectacle ! Le spectacle sera créé en février 2003 à l’Espace Carpeaux à Courbevoie, puis s’ensuivra une tournée dans la même période que celle d’Oliver Twist. Comme ça, j’alternerai entre les bombes et le petit garçon ! »

Parallèlement, on peut retrouver la voix de Nathalie sur les projets de jeunes auteurs, tel que L’Alphoméga. « Si je peux modestement apporter ma contribution à un projet, je le fais, explique-t-elle. J’aime l’enthousiasme des gens, leur amour pour leur art et j’essaye de soutenir cette positivité. Ce métier est tellement difficile que lorsqu’on rencontre de l’enthousiasme, il ne faut pas le laisser passer. »

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