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Nicolas Kern – L’art vocal

Le mardi 1 mai 2007 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Nicolas Kern ©DR

Nicolas Kern ©DR

Quel est votre parcours ?
J’ai étudié la musique très jeune, tout d’abord le piano avant de, très vite, me tourner vers le chant. Le tout sans penser me destiner à une carrière artistique. Adolescent, la musique polyphonique me donnait des frissons. Avec ma cousine nous avons eu envie de participer ensemble à une chorale. Mais elle est partie, j’ai toutefois décidé de persévérer et me suis inscrit à la chorale de la Sorbonne. On m’a dit que je n’avais pas de voix, mais que je chantais juste. Je me suis battu pour m’imposer, étant très assidu, et ça a fini par payer ! C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Laurence Equilbey et, après avoir participé ensemble à Accentus, nous avons créé, au bout d’un petit moment, Cinq de coeur. C’était écrit…

Quel fut la genèse du groupe ?
Nous avions le désir d’explorer un territoire musical plus léger, travailler plus vers le théâtre que vers la musique pure. Nous avions envie d’un rapport plus proche avec le public, qui peut se montrer trop respectueux envers la musique classique. Avec Cinq de coeur nous avons fait cinq spectacles en quinze ans, en l’occurrence un tous les trois ans, avec plus ou moins de fortune. Le premier a bien marché, mais nous avons rencontré des soucis et le groupe initial s’est disloqué. Le second opus fut plus chaotique, mais nous avons bénéficié du soutien de la fondation France Télécom, ce qui nous a incité à poursuivre. Ensuite nous nous sommes jetés dans le grand bain avec une exploitation professionnelle. Cette nouvelle implication nous a permis une continuité dans le travail, d’affirmer une identité. Elle nous a aussi permis de comprendre véritablement où étaient nos envies !

Comment évolue votre nouveau spectacle ?
Depuis le début de ce nouveau spectacle : Chasseurs de son, nous apportons régulièrement des améliorations. On peut toujours améliorer le rythme, trouver des petites choses. Bien entendu la structure, elle, ne bouge pas. Il n’est toutefois pas dit que, une fois l’exploitation parisienne terminée, nous n’apportions pas quelques changements. En effet, nous ne voulons pas nous lasser avec notre répertoire, il faut que chaque représentation soit un plaisir tant pour le spectateur que pour nous. De plus, chaque morceau doit avoir sa bonne place, l’élaboration est minutieuse et nous testons les effets sur le public. Parfois nous sommes étonnés et tentons de remédier à cela en modifiant certains éléments. Il faut que le public pense que le spectacle est génial de bout en bout !

Que vous apporte votre métier ?
Etre sur scène, travailler dans le monde du spectacle… c’est toute ma vie ! Jouer vous oblige à ne pas tricher, à être à cent pour cent là, surtout lorsqu’il s’agit d’un spectacle a capella. C’est comme plonger dans un univers où vous vous retrouvez certes face au public, mais surtout face à vous-même. Et pour moi qui doute sans arrêt, ce n’est pas de tout repos. Mais je progresse tous les jours, mon implication ne cille pas et les longues heures de travail sont payantes.

Parlez-nous de votre collaboration avec les Caramels fous ?
J’aime beaucoup le travail que j’effectue avec cette troupe. Ils sont amateurs, mais au sens le plus noble du terme. Leur motivation est incroyable. Arriver à un tel résultat en n’étant disponible que sporadiquement, je trouve que c’est un tour de force. De plus je pense qu’il serait simpliste de réduire leurs spectacles à de la simple gaudriole. Les paroles des chansons utilisent souvent le double sens, en fait elles me plaisent par leur humour et leur subtilité. D’ailleurs, mon père est allé voir Les dindes galantes, je peux vous assurer qu’il a la dent dure. Et bien le spectacle l’a conquis, je n’en revenais pas ! Mon rôle consiste à donner aux interprètes des indications plus pointues sur la polyphonie, l’écoute, des éléments de technique vocale. En complément de Cinq de coeur, cette collaboration me va très bien : le rapport à la musique est différent puisque ce ne sont pas, à la base, des musiciens. Et puis, nous sommes là véritablement dans le monde de la comédie musicale, avec des personnages affirmés et une réelle intrigue. Et cela me permet de découvrir des oeuvres que je ne connais pas : je suis loin d’être un expert dans le monde du musical !

Quels sont vos désirs pour l’avenir ?
J’ai toujours le désir de faire de nouvelles rencontres, me plonger dans de nouvelles aventures. Avec Cinq de coeur notre planning est assez chargé puisque nous intervenons, sur l’invitation d’Arièle Buteaux pour un concert où seront joués des morceaux inédits. Par ailleurs, nous serons en concert avec l’orchestre Pasdeloup, dans une programmation de raretés et d’incunables de music hall, de comédie musicale française, de chansons de film, etc. Nouvelle expérience puisque là, pour une fois, nous ne chanterons pas a capella !

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