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Olivier Ruidavet, un artiste 100 % éclectique

Le mercredi 9 décembre 2009 à 12 h 05 min | Par | Rubrique : Rencontre

Olivier Ruidavet par Claire Curt

Olivier Ruidavet par Claire Curt

Quel est votre parcours ?
J’ai suivi une formation classique de théâtre au Conservatoire national de Toulon. Après une première troupe dans le Var, je suis monté sur Paris. J’ai joué beaucoup de classiques avec la compagnie des Tréteaux de la Poterne. C’était intéressant et cela représentait une bonne base pour la suite mais je voulais aller au-delà du théâtre classique et explorer de nouveaux auteurs, ce que j’ai pu faire ensuite en jouant du théâtre contemporain aussi bien au Guichet Montparnasse qu’aux Amandiers de Nanterre !

C’est à ce moment que le théâtre musical intervient ?
Oui. J’y entre par accident. Cela a débuté par un stage sur « la revue » au CDN du Campagnol. J’avais pris quelques cours de chant auparavant mais je ne m’étais jamais dit que je pourrais chanter et interpréter des personnages ainsi. J’ai ensuite participé à un spectacle d’Oscar Sisto, Boulevard du Musical, avec des reprises de Starmania, des Demoiselles de Rochefort, etc. Je me suis aperçu qu’il était très gratifiant et épanouissant de faire du spectacle musical. La rencontre avec Stéphane Ly-Cuong et ma participation à son court-métrage Paradisco ont été déterminantes. Je me suis retrouvé au cœur de ce petit monde de la comédie musicale. De là sont nés les spectacles avec Stéphane, à commencer par Les Nouveaux Romantiques, mais aussi Anges et Démons, Créatures, etc. Tout s’est enchaîné.

Quelle est l’expérience qui vous a le plus marqué ?
Sans doute Créatures pour différentes raisons. Pour ce spectacle, aujourd’hui qualifié de culte, j’ai dû apprendre le texte en quelques jours et jouer sans répétition. Même si je n’ai pas dormi durant plusieurs nuits, cela a représenté un challenge magnifique. Et j’ai adoré jouer ces personnages : la Mort trop sympathique, le Diable, le vampire neurasthénique…

Vous avez une actualité chargée. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la reprise de Grease ?
Je suis ravi de retrouver l’équipe ainsi que les petits nouveaux qui nous ont rejoints. Je vais reprendre deux rôles que j’aime beaucoup. Vince Fontaine et Teen Angel ne sont pas des personnages principaux. On les voit peu mais ils réussissent à marquer le public. Je pense que mon interprétation a été nourrie par les rôles « remarquables » que j’ai joués avant,  notamment dans Créatures, justement. Du coup, j’ai tendance à créer des personnages hors du commun, extravagants, décalés.

Vous enchaînerez avec Cabaret Terezin ?
Le Théâtre Marigny nous accueille à partir du 7 février dans la grande salle, avec une version un peu différente, une nouvelle scénographie. Cabaret Terezin relate l’histoire d’Alexander Waechter dont l’oncle a été emprisonné à Terezin parce qu’il avait épousé une Juive. Il remonte le fil de l’histoire familiale et se rend compte du foisonnement artistique du lieu à travers ces chansons, sketches, poèmes écrits dans des conditions indignes. Le spectacle rend hommage à ces gens disparus – sur 120 000 prisonniers, moins de 10 000 en ont réchappé – et à la vie, plus forte que tout. Mon rôle est de raconter l’histoire : d’abord l’histoire familiale d’Alexander Waechter et, au-delà, la Grande Histoire.
C’est un spectacle important. Le public est assez abasourdi par le cynisme d’un camp où les Nazis avaient réalisé un film de propagande, « La ville dont le Führer a fait cadeau aux Juifs », à la gloire de ce lieu magique où tout le monde semblait heureux. Vous pouvez voir quelques minutes de ce film durant le spectacle. C’est saisissant. Certains spectateurs ont du mal à croire ce qu’ils voient. Les chansons qui constituent le spectacle ont été écrites à Terezin par les prisonniers et sont magnifiques d’émotion. Le Cabaret Terezin a encore beaucoup de gens à toucher. Nous n’en sommes qu’au début.

Pouvez-vous nous parler de L’Hôtel des Roches Noires ?
C’est une création de Françoise Cadol et Stéphane Corbin et c’est très agréable d’être au début d’une aventure comme celle-là, d’être aussi bien entouré. J’ai un joli rôle : un fantôme mort mais qui veut vivre à tout prix encore et encore. Il souhaite également réhabiliter l’hôtel qui a été le cadre de belles histoires dans sa jeunesse. Plusieurs fantômes vont tenter de donner le goût de la vie au héros, interprété par Alexandre Bonstein. Le moteur de tous ces personnages, c’est l’amour. Ce spectacle devrait être à l’affiche en 2010-2011. Il me semble important de préciser que Diva nous a offert un soutien considérable. C’est un réseau essentiel, qui mériterait vraiment d’être soutenu, avec des aides publiques.

Et Vilaines filles, mauvais garçons ?
Vous pourrez découvrir ce spectacle dans sa version définitive au mois de mars, au Petit Saint-Martin. Il s’agit de variations autour des œuvres de Gainsbourg, première période. On voit des personnages au caractère bien trempé évoluer sur la carte du tendre, à travers leurs passions, leurs désirs. On y retrouve la patte de Stéphane Ly-Cuong, sa sensibilité, son élégance. Mon personnage est intéressant à jouer car il a l’air sûr de lui, sans l’être. A l’exception d’une scène où il se lâche, il a plusieurs facettes à jouer mais toujours en subtilité.

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
Concernant le théâtre musical, le fait de ne pas appartenir à une famille mais à plusieurs est un grand privilège. J’aimerais bien travailler avec Jean Lacornerie ou Jean-Louis Martinelli au théâtre ; il y a aussi la nouvelle génération  de créateurs comme Julien Salvia, Ludovic-Alexandre Vidal qui est à suivre avec attention… Mais si je fais ce métier, c’est pour une diversité de propositions. J’ai des envies de théâtre pur, de cinéma, de télévision, etc. Mon testament stipule d’ailleurs qu’il sera écrit : « il est né éclectique, a vécu éclectique, est mort éclectique ! »

C’est bientôt le moment de faire des vœux. Quels sont les vôtres pour la prochaine décennie ?
–    Jouer le père de Cécilia Cara.
–    Jouer l’oncle de Dan Ménasche.
–    Jouer le demi frère de Liza Michael.
–    Travailler avec Jean-Luc Revol.
–    Jouer dans un film de James Gray.
–    Jouer dans la version française de Sunday In The Park With George, de Sondheim. C’est pour moi la plus belle œuvre sur le processus de création. Juste sublime.

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2 commentaires
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  1. Olivier,

    Tu serais sans doute un magnifique George, attention la partition est difficile. Stéphane, tu sais ce qui te reste à faire…

    Cheers

    L

  2. Je nel’ai vu que dans Grease et Vilaines filles, mauvais garçons, et je suis fan !
    Joyeuses fêtes !

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