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On avait dit pas la famille (Critique)

Le samedi 4 avril 2015 à 11 h 58 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Le Lucernaire - 53, rue Notre-Dame des Champs - 75006 Paris
Dates : Du 18 mars au 9 mai 2015
Horaires : Du mardi au samedi à 21h
Tarifs : de 10 à 25€
Informations supplémentaires : 01 45 44 57 34

1425289859_onavaitditplf_affiche300Autrice : Eva Gruber
Mise en scène : Estelle Lesage
Avec : Eva Gruber
Scénographie : James Brandily
Son : Arnaud Rollat et Guillaume Feyler / Lumière : Laïs Foulc / Musique : Aperghis, Monteverdi, Ravel, Weill, Glanzberg / Composition et arrangements : Arnaud Rollat, Bruno Helstroffer, Nicolas Ducloux, Iakovos Pappas, Eva Gruber / Enregistrements : Christophe Crapez / Costumes : Marine Provent / Crédit Photo : Sandra Reinflet
Durée : 1h15

Où est passé le pianiste ? En l’attendant, une chanteuse lyrique remonte le fil des histoires et de sa vie. Entre récit et récital, elle évoque ses parents et ses grands-parents émigrés juifs d’Europe de l’Est, son enfance à Pigalle dans les années 70, la mort de son père, la naissance de son fils… Il en va des souvenirs comme des poupées russes, chacun en contient un nouveau. Que va-t-on encore découvrir ? Tel-Aviv et la Californie, des juifs antisémites et des rabbins orthodoxes, l’œuvre presque complète de Sigmund Freud, un pot-au-feu explosif et Monterverdi en version punk…
Dans la tradition de l’humour juif, le spectacle réunit petites et grandes histoires, imbriquées les unes dans les autres par une parole alerte et incisive.

Notre avis : « Gruber… avec un nom pareil, j’espère qu’elle assure ! » telle est l’une des ultimes répliques du spectacle. Il s’agit d’un apprenti comédien qui tente de déstabiliser sa concurrente lors d’une audition. Alors que l’on rassure Eva Gruber tout de suite : oui, elle « assure » et avec quel panache. Pour ce spectacle seule en scène où il est fortement question de la famille, de ses ramifications, de ses troubles, de ses joies, la comédienne chanteuse saisit son public pour ne plus le lâcher. La qualité d’écriture vaut pour beaucoup dans cette réussite, elle est parfaitement mise en valeur par une mise en scène inspirée, où les pupitres personnifiés trouvent une nouvelle vie, où un piano sans pianiste éclaire les pensées de l’actrice. Ces bribes de souvenirs sont liés par cette histoire familiale tortueuse qui n’aurait pu avoir qu’un faible écho. Mais c’est loin d’être le cas : Eva Gruber transcende le tout pour impliquer le spectateur, ravi de partir pour ce voyage où la musique a également son mot à dire… En effet le chant tient une large place et des airs connus peuvent être revisités. Ils intriguent alors et plongent l’auditoire dans une autre dimension. Car l’apport musical est bel et bien un jeu au coeur du jeu. Ce spectacle étonnant, déroutant mérite le détour. Alors rendez-vous au paradis du Lucernaire.

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