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Opéraporno (Critique)

Le dimanche 25 mars 2018 à 11 h 47 min | Par | Rubrique : A l'affiche, Critique

Des dialogues foutrement bien troussés et servis par des artistes à la lubricité jouissive pour un spectacle qui semble ne pas aller jusqu'au bout de ses prétentions.

Lieu : Théâtre du Rond Point - 2bis avenue Franklin Roosevelt - 75008 Paris
Dates : Du 20 mars au 22 avril 2018 (du mardi au dimanche, sauf les 25 mars, 1er et 3 avril)
Horaires : Du mardi au samedi à 21h ; le dimanche à 15h
Tarifs : 40 €

Texte et mise en scène : Pierre Guillois
Composition musicale et piano : Nicolas Ducloux
Avec : Jean-Paul Muel, Lara Neumann, Flannan Obé, François-Michel Van Der Rest
Violoncelle : Jérôme Huille ou Grégoire Korniluk

Week-end familial à la campagne, mais la fête dégénère : tromperies, sexe à gogo, scatologie et orgies enchantées. Toutes les limites sont franchies. Cette opérette marque un nouvel essor pour une pornographie chantante, décomplexée.

Notre avis : Il est certain qu’avec un titre pareil, ce spectacle (« réservé aux adultes ») cherche à titiller l’attention ! Pas du tout un opéra au sens traditionnel du terme, ni même pornographique au sens des films classés X, il prend plutôt la forme d’une pièce de théâtre avec numéros chantés dont les situations sont presque exclusivement d’ordre sexuel.
Ce week-end à la campagne en famille (le père, sa mère, sa nouvelle compagne et son fils) s’ouvre presque innocemment d’un ton léger à la manière d’un vaudeville bucolique pour glisser brillamment et sans précaution dans la loufoquerie et l’absurde. Au rythme de cocasseries à rebondissements, les allusions sexuelles se font tout à fait explicites, les dialogues plus crus et les emboîtages de personnages de plus en plus inattendus. La soirée avançant, le bouchon est poussé toujours un peu plus loin… au point qu’on frôle le catalogue – et encore, pas in extenso ! – des combinaisons et pratiques sexuelles humaines, sans que cela ne soit toujours au service d’une intrigue, qui, malgré des quiproquos particulièrement audacieux, s’essouffle faute de ressorts. Et si la verdeur de langage et la pantomime sexuelle sont probablement destinées à choquer un public non averti (mais qui n’est pas averti de nos jours ?) ou à amuser un spectateur complice, plus de suggestion ici ou là n’aurait-elle pas été plus efficace, plus troublante et diablement plus excitante ?
Plus que cette escalade du trash, on retient une musique qui varie efficacement les ambiances, entre descriptions printanières et rythmes plus déjantés, et sait s’enrichir des couleurs du violoncelle et de polyphonies réussies ; une scénographie fournie et ingénieuse qui, grâce à des éléments de décors tournants, favorise la fluidité ; et surtout des artistes, tous talentueux dans leurs registres de perversions, qui campent – dans toutes les positions et sans retenue – leurs personnages avec une lubricité jouissive et un déchaînement communicatif, et mettent le paquet pour faire jaillir le rire de répliques foutrement bien troussées.

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