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Pas sur la bouche – le film

Le samedi 29 novembre 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : dans tous les bons cinémas -
Dates : actuellement

Un film sonore, parlant et chantant d’Alain Resnais
Avec mesdemoiselles Sabine Azéma, Isabelle Nanty, Audrey Tautou et Messieurs Pierre Arditi, Darry Cowl, Jalil Lespert, Daniel Prévost, Lambert Wilson

sortie le 3 décembre

Gilberte et Georges Valandray forment un couple bourgeois harmonieux dans le Paris de 1925. Monsieur est un riche homme d’affaires spécialisé dans la métallurgie. Madame est une femme coquette qui aime faire craquer les hommes. Parmi eux, le serviable vieux garçon Faradel, dont la garçonnière ne sert pas beaucoup, et le jeune artiste Charley, dont est éprise la charmante Huguette. Au milieu de ce petit monde, Arlette, soeur de Gilberte et vieille fille volubile toujours prête à aider les autres. Mais voilà qu’arrive celui que personne n’attendait : Eric Thomson, industriel américain qui fut le premier mari de Gilberte. Personne ne connaît son existence, hormis les deux soeurs.

Cette opérette d’André Barde et Maurice Yvain (le compositeur du mythique « Mon homme ») exploite la veine du boulevard. Mais avec quelle dérision et surtout quel esprit ! L’argument est magnifié par la musique et les chansons arrivent tout naturellement au cours du récit. Alain Resnais, amoureux du théâtre musical s’il en est, s’amuse avec cette oeuvre et lui redonne tout son éclat. L’équipe de comédiens s’avère être parfaitement au diapason de cette pièce loufoque (Darry Cowl reprend le rôle de… Pauline Carton !) : qui chahute, minaude, s’envole… Bruno Fontaine signe un travail d’adaptation musical remarquable, permettant d’apprécier au plus près l’originalité des mélodies, les nuances de cette musique swinguante. Le verbe, d’une autre époque, sonne délicieusement. En résumé ce film d’une totale élégance est un régal.

Le réalisateur transpose une pièce de théâtre des années 20 au cinéma, comme il l’avait magistralement fait avec Mélo, avec tendresse et malice. Loin de toute convention, ce metteur en scène/réalisateur trace sa voie avec génie. Avoir travaillé avec Sondheim (compositeur de la musique de Stavisky), Fred Ebb (compositeur de la musique de I want to go home), Adoph Green (acteur), avoir mis en musique des films comme La vie est un roman, sont autant de preuves d’un esprit éclairé, malicieux, qui n’hésite pas à rendre hommage au « musical ». D’ailleurs, en redécouvrant cette oeuvre, on se surprend à penser que la France avait bel et bien une carte à jouer dans ce domaine, cette pièce n’ayant rien à envier à ses consoeurs américaines. Il n’est jamais trop tard pour tenter de combler son retard…

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