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Pascal Bolantin, Mark Marian et Olivier Ruidavet – Juste une mise au point

Le lundi 1 août 2005 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Pascal Bolantin © Mathias Bord

Pascal Bolantin © Mathias Bord

Qu’est-ce ce que les années 80 évoquent pour vous ?
OR : Mon éveil au cinéma ! J’adorais aller seul au ciné et je dévorais plusieurs fois par semaine de la pellicule encore et encore ! c’est aussi l’époque où j’étais mannequin vedette pour Yves Saint-Laurent alors forcément ces années sont à jamais mythiques pour moi ! j’étais déjà un nouveau romantique à l’époque !

MM : Comme ça sans réfléchir je dirais sans hésiter Julie Piétri ! J’avais une fascination incroyable pour cette chanteuse, elle m’hypnotisait totalement. J’achetais tous ses disques. J’associe donc tout naturellement cette époque à elle. Les années 80, c’est Grease, ma première approche de la comédie musicale anglo-saxonne, c’est Starmania : un choc, une révélation ! C’est aussi les débuts de Jean-Jacques Goldman et de Céline Dion…

PB : Je dirais des sons noyés dans des réverbs hallucinantes, des boîtes à rythmes, et des paroles plutôt faciles, qui ne se prenaient pas au sérieux. Moins de prétention qu’aujourd’hui !

Quelle musique écoutiez-vous à cette époque ?
PB : J’avais 4 ans en 1980, donc j’écoutais surtout ce qu’écoutait mon frère : on avait les 45 tours de Gold, Jeanne Mas, Goldman et Balavoine…

OR : Hormis Schubert, Stravinski et Malher, j’ai découvert la variété française, celle que l’on a le bonheur intense de découvrir et redécouvrir grâce aux Nouveaux romantiques ! Je me souviens de Jeanne Mas, de François Feldman, de Corynne Charby, des albums de Chamfort et de Sheila. J’écoutais la radio et consommais peu de disques. Je regardais la télé, je ne ratais aucune émission de variétés, les Guy Lux, Carpentier et autres me doivent beaucoup en termes d’audience !!

MM : J’étais très variétés. J’écoutais surtout des chanteuses et chanteurs français : Thierry Hazard, Jeanne Mas, Julie Piétri, Téléphone, les Rita Mitsouko. En fait, j’écoutais beaucoup de choses, j’étais curieux de tout, sauf qu’à l’époque tout ce qui était anglais m’intéressait un peu moins, car mon anglais était très moyen, je n’arrivais pas à vraiment comprendre les paroles. Il y a tout de même une exception à la règle, j’ai écouté pendant des mois en boucle le 45 tours de Pia Zadora et Jermaine Jackson « When the rain begins to fall » !

Y a-t-il une chanson qui vous a marqué et pourquoi ?
PB : « Eve, lève toi » m’a marqué car Julie Pietri fumait une cigarette sur la pochette du 45 tours.

OR : Je me souviens particulièrement de « D’amour et d’amitié » de Dion ou de « Mon ami m’a quitté » ! Ne me demandez pas pourquoi, c’est trop intime et douloureux !

MM : Sans réfléchir, je réponds tout de suite : « The power of love » de Céline Dion. C’est avec ce titre que j’ai commencé à m’intéresser à elle. La première fois où j’ai entendu ce titre, j’ai été littéralement transporté.

Connaissiez-vous le répertoire des nouveaux romantiques ?
OR : Par coeur ! Je suis, avec Stéphane Ly-Cuong, le monsieur qui nous a mis en scène, le seul à connaître aussi bien ce répertoire. Enfin, je dois avouer que « Nuit d’amour » de Kova Réa et « Garçons hindous » de Laurie Lannes m’avaient échappé !

MM : A environ 70 %, je dirais oui. Mais je ne peux pas lutter contre des champions comme Olivier ou Stéphane qui sont incollables sur toute cette période ! Pourtant je défie quiconque de me dire qui chantait à l’époque « La chasse aux mecs » et qui pourtant est une de nos chansons fétiches dans notre spectacle.

PB : Je connaissais uniquement les tubes : « En rouge et noir », « Mise au point », « Reality », « Ma déclaration », « A cause des garçons », « Désir, désir »…

En quoi ce spectacle apporte-t-il une dimension nouvelle à ces chansons ?
OR : Ce sont des chansons simples pour la plupart mais devenues inoubliables grâce aux talents de Pascal, Christine, Mark et Anandha. Sans les synthés de l’époque, elles connaissent une nouvelle jeunesse bien méritée ! Les salles pleurent de plaisir et de joie grâce aux Nouveaux romantiques ! Nous avons des confessions de spectateurs bouleversantes qui sont ressortis ébranlés par ce spectacle gai et touchant le coeur, si on en a un…

MM : Le travail que Stéphane a effectué quant aux choix des chansons, et la place qu’elles prennent dans le spectacle par rapport aux situations, est admirable. Du coup, un air comme « Bérézina » de Sophie Marceau ou « Hélène et les garçons » prend un sens nouveau et on en redécouvre le texte avec un sourire aux lèvres. De plus, Pascal a fait un énorme boulot sur les arrangements. On se demandait tous, par exemple, comment la chanson « J’veux pas rentrer chez moi » pourrait exister sans boîte à rythmes. Nous avons tous été surpris du résultat. Les versions piano-voix permettent de redécouvrir des titres « dans leur plus simple appareil ».

PB : Ce sont des chansons sans prétention, mais, en piano voix, dépouillées de leur son années 80, elles se laissent écouter comme des tranches de vie, avec des mots simples.

Qu’est-ce qui différencie Les nouveaux romantiques des autres spectacles de reprises selon vous.
PB : La spécificité des Nouveaux romantiques, pour moi, c’est le découpage astucieux des textes, qui permet aux personnages, à la fois de se caractériser et de dialoguer. Ce découpage intègre les chansons dans la logique du spectacle et évite l’écueil du tour de chant !

MM : L’originalité des Nouveaux romantiques, c’est ce second degré récurrent pendant tout le spectacle qui nous a permis de détourner, en toute impunité, les différentes chansons pour alimenter des personnages et une histoire. Le public redécouvre des textes hallucinants, alors qu’il les fredonnait il y a vingt ans de cela sans prendre vraiment conscience du texte. Et puis, Les nouveaux romantiques n’est pas un tour de chant ordinaire, c’est un spectacle musical à la sauce Ly-Cuong. C’est aussi la réunion de plusieurs comédiens/chanteurs issus du court-métrage désormais célèbre Paradisco de Stéphane. Une vraie famille musicale qui réalise chaque soir le bonheur de pouvoir se retrouver ensemble sur scène.

Les nouveaux romantiques se rapporte à la fois au chant et au jeu théâtral (et à la musique pour Pascal). Quel est votre
parcours ?

OR : Je me fais toujours payer pour les interviews et, comme vous avez mis le prix fort, sachez que j’ai fait beaucoup de théâtre dans ma jeunesse et que je fais de plus en plus de spectacles musicaux, Anges et démons, Créatures, Boulevard du musical et tous les autres qui arrivent…

MM : J’ai, comme beaucoup de monde, commencé à chanter du classique dans un choeur pendant deux ans au Conservatoire de Châtillon. Ca m’a permis d’éduquer mon oreille et de chanter avec un orchestre classique. Je suis, ensuite, parti aux Etats-Unis pendant un an pour me former « vocalement » à la comédie musicale anglo-saxonne dans une université américaine. De retour à Paris, je savais que je devais absolument prendre des cours d’art dramatique. J’ai suivi quatre ans de cours au Studio Alain de Bock où j’ai travaillé avec des gens merveilleux, tout en continuant à travailler vocalement avec différents professeurs de chant dont Cécile Bonardi et Jasmine Roy. J’ai également fait un passage à la Manufacture Chanson. Puis j’ai décroché un rôle dans une comédie musicale qui s’est jouée à Tokyo pour Noël et qui m’a ouvert les portes de ce pays où je retourne chanter très régulièrement. Ma rencontre avec Philippe Loffredo sur La Valse du Diable (qui ne s’est hélas jamais monté) m’a ouvert quelques portes à Paris et c’est comme ça que j’ai rencontré Stéphane Ly Cuong.

PB : Moi, j’ai commencé par la musique, puis le théâtre amateur et le chant. Mais pour moi, tout est lié, être sur scène est un mode de vie complet, une recherche, une exploration permanente, et progresser sur le plan artistique est aussi important que faire carrière. On est toujours débutant.

Par rapport à ce que vous aviez déjà fait, qu’est-ce que ce spectacle vous apporte ?
OR : C’est la première fois que je travaille avec autant de connaissances et c’est assez agréable !

PB : Comme dans chaque spectacle, chacun reçoit la générosité et le talent de ses partenaires, ce qui est chaque fois super enrichissant. Et puis, on se connaît chaque fois un peu mieux soi même, artistiquement. Cela permet de mieux savoir ce qu’on peut et veut apporter au public.

MM : Travailler avec Stéphane et Patrick Alluin (l’assistant metteur en scène) a été très enrichissant pour moi, car l’un comme l’autre sont très exigeants et savent exactement ce qu’ils veulent. Je n’ai jamais encore travaillé avec une telle précision ! Chaque mouvement de tête est réglé au millimètre près et je crois que le spectacle doit beaucoup son succès à cela. Le travail de danse avec la chorégraphe, Myriam Ferrenbach, a été très instructif, car elle créait au fur et à mesure des répétitions en s’inspirant de nos personnages. C’était très jouissif de travailler comme cela…

Vous avez d’autres projets ?
OR : je peux vous dire que je vais devenir sociétaire de l’Essaion car je vais y chanter également du 12 au 22 octobre avec Tralala. C’est un quatuor vocal composé de Kate Combault, Christian Abart et Julien Doumenjou. Nous reprenons des chansons des années 30 à 60, les frères Jacques, Ray Ventura. C’est un régal !

MM : Je souhaite vraiment que mon album Comment faire pour être heureux ? voie le jour avant la fin de l’année. D’une façon ou d’une autre, je continue à donner régulièrement des concerts à Paris. Pascal, qui est sur tous les fronts, m’accompagne ainsi que Thecle Joussaud, une violoncelliste. Je suis également sur un projet de comédie musicale qui devrait voir le jour l’année prochaine, Marie, où j’interprète le personnage de Joseph. J’ai, ensuite, un projet pour le Japon que je n’ai pas encore le droit d’ébruiter.

PB : Maintenant que je commence à trouver mes compositions acceptables, je prépare mon tour de chant. Mais je suis tellement exigent que je peaufine, je peaufine, et le temps passe. Je suis trop perfectionniste !

Qu’espérez vous pour Les nouveaux romantiques ?
PB : Faire passer un bon moment à un maximum de spectateurs, à Paris et en province !

MM : Une tournée à travers la France !

OR : Une longue vie et plein d’enfants et à titre personnel que mon humour soit enfin révélé à la terre entière !!

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