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Patty Diphusa

Le vendredi 13 octobre 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre du Gymnase Marie Bell (Petite Salle) - 38 boulevard de Bonne Nouvelle, 75010 Paris (Métro : Bonne-Nouvelle)
Dates : du 26 septembre au 30 décembre 2006
Horaires : du mardi au samedi à 22h15
Tarifs : Plein tarif : 22 euros, tarif réduit : 18 euros
Informations supplémentaires : 01 42 46 94 82

D’aprés les récits de Pedro Almodovar
Avec Emmanuelle Rivière et David Babadjanian
Mise en scène : Séverine Lathuillière
Adaptation et traduction : Emmanuelle Rivère et Séverine Lathuillière

Dans les années 80, alors que la Movida madrilène s’esquisse, Pedro Almodovar, à l’aube de sa carrière de cinéaste, signe des chroniques dans divers journaux, sous le nom de Patty Diphusa. Créature inventée par Almodovar, Patty porte déjà en elle tous les éléments qui constitueront la mythologie féminine dans l’oeuvre du cinéaste. Star du porno, libérée, grande gueule, comsommatrice d’hommes et de drogues, forte et vulnérable à la fois, elle annonce déjà les personnages féminins hauts en couleurs qui peupleront les premiers films d’Almodovar.

Aujourd’hui, Patty prend vie sur une scène parisienne, incarnée par Emmanuelle Rivière (et son double David Babadjanian) qui portait ce projet avec détermination depuis un certain temps. Patty Diphusa nous livre quelques moments de sa vie intime : rencontres d’un soir, trips sex, drugs and rock n’ roll, préoccupations mystiques, quête de l’amour. On reconnaît la patte très libre et libérée d’Almodovar. Sans tabou, sans complexes, il croque quelques sujets délicats avec la verve impertinente qui caractérisait ses premières oeuvres (on pense par exemple au ton iconoclaste de Pepi, Luci, Bom son premier film).

Avec son tempérament fiévreux, son insolence coquine doublée d’une touchante fragilité, Emmanuelle Rivière nous fait tout de suite entrer dans l’univers, pourtant un peu trash, de cette héroïne pas comme les autres. La mise en scène de Séverine Lathuillière intègre habilement des projections vidéo, permettant ainsi la particpation de quelques têtes connues (Rachida Brakni, Marilou Berry, Ariane Pirie, David Ban…). L’écriture almodovarienne alterne entre le comique et le pathétique, et les amateurs s’y retrouveront avec plaisir. Patchwork hallucinogène, expérience underground baignée d’une atmosphère légèrement eighties, Patty Diphusa n’en porte pas moins une liberté de ton universelle et un style résolument moderne, prouvant, si besoin était, qu’Almodovar n’a pas usurpé sa réputation d’avant-gardiste.

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