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Percossa : pour l’amour du rythme

Le jeudi 26 décembre 2013 à 16 h 02 min | Par | Rubrique : Rencontre

percossaComment concevez-vous un spectacle ?
Les idées viennent de chacun des membres de la troupe. Dès que quelqu’un a une idée, il l’expose aux autres dans notre studio de répétition. Nous voyons ensemble comment la faire évoluer pour la retenir, ou pas. Il faut en effet qu’elle puisse devenir un numéro qui, lui-même, trouve sa place avec ce qui composera le spectacle. Tout est donc très collégial. Nous répétons et essayons les choses, pendant 5 ou 6 mois. Ensuite un metteur en scène voit l’ensemble de nos recherches et oriente le travail. Il met en place les transitions, réfléchit sur la cohérence de l’ensemble. Une idée peut juste être un nouveau rythme, quelque chose qui nous transporte et à partir de quoi nous bâtirons un numéro. L’un aura envie d’ajouter un peu d’humour, l’autre des instruments. Les idées viennent vraiment de partout : se balader dans la rue, assister à un spectacle… Et aujourd’hui tout est tellement facilité avec internet. Il suffit de regarder Youtube pour se nourrir de plein d’influences. Nous ne copions jamais, mais en revanche sommes à l’affût de tout ce qui passe entre nos yeux et nos oreilles !

Comment s’est passée la mise en place de ce spectacle ?
Pour ce spectacle, ce fut nouveau pour nous, le metteur en scène est arrivé avec une idée forte, en l’occurrence le scinder en deux parties avec entr’acte. Dans la première il ne voulait aucun tambour sur scène, ce qui nous a pas mal perturbé ! Nous avons du réfléchir à d’autres moyens de faire de la musique. Durant la seconde, en revanche, ils reprennent le pouvoir !

Vous devez être épuisés après chaque représentation ?
Voilà six ans que nous jouons ce spectacle, donc nous sommes rodés. Nous le connaissons par cœur et n’avons quasiment plus besoin de nous regarder, tout est au millimètre. Il est étonnant de voir comment votre corps réagit, comment il s’accapare le spectacle. Ce sont surtout dans les premiers temps que nous sommes lessivés : il faut faire attention à tellement de choses simultanément ! Et aussi lorsqu’un remplaçant arrive. Toute l’alchimie qui existe entre nous quatre doit être recréée, c’est toujours enrichissant de se confronter à une nouvelle personnalité, une nouvelle énergie. Cela reste de toute façon une performance, nous ne pouvons pas tricher. L’adrénaline joue beaucoup, elle nous maintient en forme. Le nouveau spectacle créé en Hollande, Knock out, se base sur la boxe. Nos corps, là encore, sont très sollicités. Autant dire que nous faisons tourner les cabinets de kinésithérapie, ils nous adorent !

Quel sont vos parcours ?
Nous nous sommes rencontrés au Conservatoire de musique alors que nous étions étudiants à la fin des années 80. En France nous avons testé notre groupe dans des festivals de rue et autre. Chacun d’entre nous possède une formation différente : l’un a étudié la percussion classique et jazz, l’autre est allé en Afrique, au Japon,…

Des spectacles utilisant les percussions sont souvent à l’affiche.
Nous nous connaissons tous, nous inspirons les uns des autres. Nous les voyons tous afin de ne pas proposer la même chose et maintenir notre propre identité. Par exemple avec Stomp, les percussions viennent de n’importe où : bidons, tôle… Nous jouons essentiellement sur des instruments, quelle que soit leur origine et envisageons la mise en scène différemment. D’ailleurs ce sont surtout les médias qui aiment jouer au petit jeu des comparaisons, le public va voir un spectacle à partir du moment où il est bon.

Y a-t-il un moment du spectacle particulièrement difficile à aborder ?
Quasiment tous ! Nous faisons, après 6 ans, toujours des modifications de détail pour l’améliorer. Le défi est constant et nous sommes sans arrêt à chercher de nouvelles choses. Cela nous permet de continuer à nous amuser et conserver une certaine fraicheur. Le timing change tous les soirs, en fonction des réactions de la salle. Par ailleurs il change d’une ville à l’autre. Notre metteur en scène est venu pour la première et nous a conseillé d’accélérer à certains moments. A Cannes, par exemple, nous pouvons prendre plus notre temps pour appuyer certaines blagues, certains traits. A Paris, c’est l’efficacité et la performance qui priment.

Quel est le son de Paris pour vous ?
Les sirènes ! Là où nous habitons nous en entendons beaucoup. Peut-être les intègrerons-nous dans un futur spectacle !

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