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Pour toi Baby !

Le mercredi 24 mars 2004 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre Silvia Montfort - 106, rue Brancion 75015 Paris Métro : Porte de Vanves Bus : PC, 48, 62, 89, 95
Dates : du 24 au 28 mars 2004
Horaires : 20h30
Tarifs : NC
Informations supplémentaires : NC

Une comédie musicale de George Gershwin et George Kaufman.
Musique : George Gershwin.
Orchestration : Bernard Yannotta pour piano, percussions, contrebasse, flûte, clarinette, saxophone, trompette, trombone.
Paroles : Ira Gershwin chantées en anglais (sur titrage français).
Livret : George Kaufman & Morrie Ryskind.
Adaptation française : René Fix (textes joués en français).
Direction musicale : Bernard Yannotta.
Mise en scène : Jean Lacornerie.
Chorégraphie : Philippe Chevalier.
Scénographie : Bruno de Lavenère.
Costumes : Robin Chemin.
Lumières François Carton
Maquillages : Cécile Kretschmar.

Avec Gilles Avisse, Gilles Bugeaud, Olivier Denizet, Gersende Florens, Isa Lagarde, Isabelle Sueur, Sylvain Stawsky, Jacques Verzier.

Autres dates dans d’autres salles de la région parisienne :

Théâtre de Corbeil-Essonnes (Essonne) le 3 février
Théâtre d’Antony (Hauts de Seine) le 10 février
Théâtre de Choisy-le-roi (Val de Marne) le 5 mars
Maison de la musique de Nanterre (Hauts de Seine) le 12 mars
Centre des Ullis (Essonne) le 30 mars
Théâtre de Montrouge (Hauts de Seine) le 2 avril

Début d’année chargé pour le public parisien amateur de comédies musicales ! Après les excellents Créatures et Chicago et en attendant la très prometteuse Guinguette de Didier Bailly, voici LE nouveau spectacle qu’il FAUT ABSOLUMENT VOIR!!! Malheureusement, il faudra faire vite car Pour toi Baby ne s’installe au Théâtre Sylvia Monfort que pour quelques dates, en attendant, peut-être, une reprise plus importante que cette création extravagante mériterait amplement.

Créé à Broadway en 1931, Pour toi Baby (Of Thee I sing) est signé Georges et Ira Gerschwin pour la musique et les lyrics et George S.Kaufman pour le livret. Le spectacle, une revue satirique comme les américains en produisaient beaucoup dans les années 30, raconte comment un candidat à la présidence des Etats Unis cherche à prendre femme pour redorer son image. Un concours est organisé pour élire l’épouse du futur président. Les ministres désignent une gagnante mais le président lui préfère, finalement, une simple secrétaire n’ayant pas participé à la compétition. La lauréate bafouée réclame alors son du et le petit monde de la politique entre en émoi.

On est tout de suite frappé par le caractère « ovniesque » de l’entreprise, tant le croisement entre une partition raffinée, à la frontière entre Broadway et l’opéra comique, et un univers proche des chansonniers, mais dans un esprit américain, est saisissant. Le spectacle est donc constitué d’une succession de scénettes débridées, voire surréalistes par moment, qui, bien qu’imaginées au début du siècle dernier, évoquent des sujets d’une brûlante actualité. On est, d’abord, dérouté puis on cède, rapidement, à une franche et sincère hilarité.

La mise en scène de Jean Lacornerie est à l’avenant, inventive, drôle et toujours brillante. A partir de trois panneaux sur roulettes et de quelques masques et perruques déjantés, il compose une série d’images farfelues qui accentuent joliment le caractère délirant de la représentation tout en imposant un climat spécifique à chaque scène. On est, par ailleurs, complètement séduit par les interprètes, avec, en tête, un Jacques Verzier (Sugar, Swouingue) en grande forme. Chacun joue, chante et danse, ici, avec un humour débordant et une grâce infinie.

Et puis, il s’agit quand même de George Gershwin et l’occasion est trop belle de découvrir une de ses partitions, magnifique, peu connue (on y reconnaîtra quand même les quelques mesures de Un Américain à Paris qui reviennent régulièrement dans la seconde partie) et adaptée habilement pour un ensemble de huit chanteurs, pour ne pas la saisir! Il faut donc courir au théâtre Sylvia Monfort pour se délecter de ce spectacle jubilatoire, d’une élégance folle et dont on ressort délicieusement léger….

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