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Quand la guerre sera finie (Critique)

Le jeudi 31 octobre 2019 à 8 h 00 min | Par | Rubrique : A l'affiche, Actuellement, Critique, Théâtre musical

Lieu : Théâtre Lepic (ancien Ciné 13 Théâtre) - 1, avenue Junot - 75018 Paris
Dates : Les dimanches à 20h, du 20 octobre 2019 au 12 janvier 2020.
Informations supplémentaires : Réservations : 01 42 54 15 12 www.theatrelepic.com

De Marie-Céline Lachaud.
Compositeur : Nicholas Skilbeck.
Mise en scène : Patrick Alluin.
Scénographie : Thierry Good.
Costumes : Pauline Pénelon.
Lumières : Éric Charansol.
Avec Mathilde Hennekinne, Sébastiao Saragamo, Baptiste Famery.
Au piano : Jonathan Goyvaertz.

En 1942, entre le cabaret de la Rose Noire à Paris et la gare de Saint-Dizier, six personnages que rien ne destinait à se rencontrer se retrouvent mêlés au sabotage d’un train allemand.
Lucille, une jeune secrétaire aux Chemins de Fer, Fanfan, son frère, pétainiste, Gilbert leur ami, Nini sa maîtresse, chanteuse de cabaret, Etienne, son fils mal aimé, et Norah, une agent de Londres, vont se croiser, se déchirer, s’aimer et se trahir… Dans le même temps, le facteur Gaby fait voyager des saucissons dans des valises pour les vendre au marché noir dans la complicité du porteur Célestin.
Certains mourront, d’autres sortiront grandis de cette aventure. L’époque est sombre, les héros pas forcément ceux que l’on croit.

Notre avis : Soir de première au théâtre Lepic, même si le spectacle a déjà été donné, notamment en Avignon. La version mise en scène par Patrick Alluin est « réduite » puisque seuls trois comédiens endossent une petite dizaine de rôles. Ils sont accompagnés au clavier par Jonathan Goyvaertz.

Cette comédie musicale ne s’appuie sur aucune œuvre préexistante. Saluons ici le travail de l’auteure, Marie-Céline Lachaud, et du compositeur, Nicholas Skilbeck, dans leur souci de produire une création originale, donc de se lancer dans une aventure sans filet. Le dispositif scénique est simple, à l’instar des quelques accessoires que les comédiens utilisent afin d’incarner tel ou tel personnage: ici un chapeau, là une valise. Si les costumes permettent également de s’y retrouver, le travail sur la voix, les intonations et les accents de chaque comédien permet au spectateur de ne pas s’égarer.

L’intrigue qui fait se rencontrer diverses personnes dans cette période troublée et dangereuse joue sur certains clichés : l’entraîneuse de cabaret gouailleuse qui s’entiche d’un officier allemand, tout en n’ayant que peu de temps à consacrer à son fils, enfant non désiré. On pense à Arletty, l’enfant en moins… Ensuite, nous trouvons l’archétype du résistant et du réseau dont les membres ont conscience des atrocités commises par les nazis, et, partie sans doute la plus intéressante, les Français moyens, ceux qui font confiance au Maréchal et se laissent facilement berner par des discours rassurants — pas des salauds, mais des individus dénués d’une conscience politique éclairée. Certains vont se révéler au travers de cette histoire, telle Lucille, qui va livrer depuis ses Ardennes natales des informations ferroviaires importantes pour préparer un attentat et qui découvrira et Paris et l’amour. C’est aussi son frère Fanfan, pétainiste déclaré, qui découvrira en lui des ressources de courage insoupçonnées.

L’intrigue s’avère donc prenante, surtout que les comédiens ne ménagent pas leurs efforts, et ce toute la représentation durant. Elle se révèle moins fluide que d’autres qui sont bâties sur le même principe (La Poupée sanglante, par exemple), et moins exempte de clichés. Par ailleurs, si avoir un musicien qui joue en direct est une qualité essentielle, il est dommage que le son de son instrument soit de piètre qualité ; voilà qui ne rend pas justice aux mélodies qui s’en trouvent assez aplaties. Les influences de Brel ou Sondheim n’échapperont pas aux oreilles habituées de ces compositeurs. Peut-être que les voix chantées manquent également de nuances pour embarquer le spectateur. En résumé, des intentions formelles séduisantes mais qui ne sont pas totalement menées à terme.

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