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PQE : Raoul (Critique)

Le dimanche 20 juillet 2014 à 9 h 29 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers

Lieu : Opéra Comique - place Boieldieu - 75002 Paris
Dates : du 19 au 25 juillet 2014
Horaires : 20h, sauf dimanche 20 : 16h, relâche le 21
Tarifs : 26, 22, 12€
Informations supplémentaires : 01 44 94 98 00

RaoulBonjour, bonsoir,
Je voudrais aujourd’hui sur cette page ne pas vous raconter l’histoire de Raoul.
Me permettez-vous ?
J’aimerais plutôt, lorsque le temps viendra, un soir de préférence, vous exprimer mon envie de danser librement, de trembler pour parler, d’abattre les murs, de voler au secours, faire grincer les cordes arides, galoper mes bras et jambes, dormir debout bien allongé, rencontrer les bêtes infréquentables, engueuler la belle musique, libérer l’étoile, gifler mes mauvaises pensées…
BREF, j’aimerais, le moment venu, partager…ce moment venu. Avec vous, simplement.
Êtes-vous d’accord ?
Je voudrais ce soir là vous laisser être en ombres, dans vos sièges indépendants, et projeter comme un vent cinglant sur vos visages mon décor fragile (malgré ses airs robustes) ses poulies, ses contrepoids, projecteurs, système de largage, accessoires cabossés et autres textiles amalgamés…
Me suivez vous ?
J’ espère observer au travers de votre présence la lente métamorphose de ce prénom qui a pris la tête de mon navire sédentaire sous la forme d’un titre. Ce serait un spectacle où la solitude aurait pour miroir l’abondance et la foule, et où cette foule cacherait au sein des fragments singuliers dont elle est composée des désirs fous de liberté, de rencontre et d’évasion. Tout cela en retour reflété sur un : Raoul. C’est un peu compliqué j’en conviens…
Il faudra que tout cela se précise dans votre tête un soir, et non dans la mienne, et que ce sentiment précis n’ait pas de nom, afin que vous puissiez lui en inventer un.
Vous êtes toujours là ?
Bon, le rendez-vous est pris, et le moment venu, ni vous ni moi n’en possédera la clef.
C’est l’essentiel.
Car je ne contrôle réellement rien.
Mais réellement rien ne nous contrôle.
Je l’espère…

James Thierrée

Notre avis : Le festival Paris quartier d’été a ménagé la surprise jusqu’au bout, indiquant à ses fidèles qu’un spectacle aurait lieu à l’Opéra Comique, sans préciser lequel… Quelle bonne idée que cette reprise d’un spectacle créé en 2009, joué un peu partout dans le monde à guichets fermés. ce spectacle un rien schizophrénique se base sur la quête de Raoul par son double. D’ailleurs quoi de mieux pour se rassurer que de siffler un petit air ? Amusante référence à The king and I avec lequel s’amuse l’artiste.  Seul en scène (ou quasiment…) James Thierrée livre une interprétation animale, sensuelle, drôle et, scénographe hors pair, n’a pas son pareil pour créer des images fortes. Réfugié dans un abri aux murs tout en tubulures, Raoul n’aura de cesse d’être dérangé, la bicoque se révélant finalement bien peu solide. Tout un bestiaire fantastique, tantôt effrayant, tantôt séduisant, se relaie pour le – nous – troubler. L’artiste aime également briser les codes, n’hésitant pas à montrer trucs et astuces, interrompant volontairement le rêve pour mieux y retourner la seconde qui suit. Basé sur nombre de musiques aux origines diverses, ce spectacle quasi muet touche par son inventivité, ces lumières magnifiques, ces envolées de drapés, bref sa poésie. Nul besoin de chercher une histoire construite, il suffit de se laisser aller aux sensations provoquées par ce danseur/acrobate/metteur en scène aux multiples talents.

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