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Renaud Hantson – De retour dans les bacs et sur scène

Le Jeudi 1 janvier 2009 à 0 h 00 min | Par Christophe Morenas | Rubrique : Rencontre

Entre deux concerts avec son groupe Furious Zoo et ses cours de chant et de batterie, Renaud Hantson nous parle de son dernier album et de son prochain concert.

Renaud Hantson ©DR

Renaud Hantson ©DR

En octobre est sorti votre dernier album Je couche avec moi sur lequel Pierre Palmade signe trois beaux textes. Comment s’est passée votre rencontre et d’où est venue cette envie de travailler ensemble ?
Pierre Palmade et moi nous connaissons depuis nos débuts. Il aimait mon personnage de Ziggy dans Starmania et moi j’aimais ses sketches. La première chanson écrite ensemble a été composée en vacances dans le Sud de la France, chez Jean-Marie Bigard. Saoûls comme nous l’étions, je pensais qu’on allait pondre une connerie du genre La danse des canards. Je me suis mis au piano et Pierre, après que j’ai trouvé une mélodie, m’a montré le magnifique texte de La fissure du temps qu’il venait d’écrire, comme une fulgurance, sur la table de la salle à manger !
A l’époque de nos nuits d’insomnie où nous sortions parfois, il nous est arrivé de nous recroiser pour finir une chanson vers cinq heures du matin. Mathieu qui parle d’un gosse qui se fait cogner par son père est le troisième titre composé ensemble et est sûrement ma chanson préférée de l’album. En fait, ce sont trois textes pas drôles du tout (rires) !

Pour votre concert solo du 24 janvier 2009 au Nouveau Casino, à Paris, aura-t-on droit à des surprises, des invités ?
Bien entendu, je reprendrai des extraits de mon nouvel album et mes chansons les plus connues. Il y aura peut-être quelques invités. Dans mon entourage, on parle régulièrement de Sandie Dante, la chanteuse italienne qui a fait le duo « Ne parle pas », de Frédéric Lerner sur un titre de Starmania et de Grégori Baquet, formidable artiste complet, chanteur, musicien, comédien que j’avais découvert dans Roméo & Juliette.

Starmania va bientôt avoir trente ans. Vous seriez partant pour fêter cet anniversaire ?
Bien entendu ! Certains des élèves de mon école de chant, qui ne m’ont vu jouer que le rôle de Ziggy sur le DVD officiel, m’ont parlé de leur souhait de me voir enfin tenir le rôle de Johnny Rockfort qu’ils n’ont pas pu voir puisque, en 1989, je l’avais surtout interprété en province, ou même de reprendre le rôle de Zéro Janvier, à la manière d’un Clinton ou d’un Sarkozy, bouclant ainsi la boucle en ayant interprété les trois rôles masculins du spectacle…

Comment êtes-vous arrivé sur Starmania ?
A l’époque, une de mes choristes, Dominique Martinelli, (aujourd’hui coach à la Star Academy) m’avait dit que Michel Berger remontait Starmania. C’était en 1987, je sortais mon premier album – Ne plus dire qu’on est seul, et je l’ai envoyé à Michel Berger. Il l’a aimé, nous nous sommes rencontrés en studio, j’ai chanté Un enfant de la pollution et La chanson de Ziggy. Il m’a tout de suite fait sentir que j’étais le personnage mais que je pourrais tout aussi bien jouer Johnny Rockfort, ce que j’ai d’ailleurs fait un an après le début du spectacle. Luc Plamondon a interrompu notre conversation en proposant qu’à la fin de La chanson de Ziggy je fasse une partie de batterie, étant batteur et venant d’un groupe de rock.

Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Cela m’évoque le plaisir du travail en équipe. Cela correspond à la sortie de mon premier album solo et cela me rappelle avec bonheur le plaisir de se rendre tous les soirs au théâtre pour jouer un spectacle de longue haleine devant un public ravi. Je suis fier d’avoir fait de Ziggy, qui était un personnage secondaire en 1978, un rôle majeur avec pourtant peu de chansons dans le spectacle et je savais que j’allais apporter beaucoup de ma culture rock et de ma sensibilité vocale à celui-ci.

Comment s’est déroulée votre collaboration avec Berger et Plamondon ?
Ce sont deux visionnaires et ça a toujours été très facile pour moi de travailler avec eux. Ils ont tous les deux le goût des chanteurs à voix qui privilégient la sincérité des émotions. J’étais présent à la création de La légende de Jimmy et, pendant les maquettes, Michel me laissait apporter beaucoup d’éléments, d’effets et de phrasés vocaux, ce qui n’était pas forcément le cas avec tous les chanteurs avec qui il a travaillé. J’étais heureux de cette sensation d’appartenance à une famille musicale. Michel Berger me manque toujours et manque également cruellement au paysage artistique francophone.

La version de 1994 était très extravagante comparée à la vision simple et épurée qu’en avaient les créateurs. L’avez-vous vue ? Et qu’en avez-vous pensé ?
Je comprends que les fans les plus fidèles de Starmania viennent de la version à laquelle j’ai eu la chance d’appartenir de 1988 à 1990 et je l’explique par le fait qu’elle ait été mise en scène par Michel et Luc eux-mêmes. Etant les créateurs de cet opéra-rock, ils ont inévitablement donné la vision la plus proche de ce qu’ils avaient écrit. Je n’ai pas été très fan des costumes et de certains partis pris de mise en scène de 1994, bien que certains tableaux se soient révélés intéressants. Sadia avec un godemiché lors des premières représentations, c’était un peu limite. Michel n’aurait pas apprécié et France a détesté.

Vous a-t-on proposé un rôle ?
Il n’en a jamais été question. Quoi qu’il en soit, j’étais trop occupé par la promotion de la sortie de mon album Des plaies et des bosses ainsi que par la tournée de 1995.

Le public qui vous connaît depuis Starmania est-il un public fidèle ?
Je le crois puisque je croise souvent dans mes concerts des gens m’ayant découvert dans Starmania. Mon site Internet et mon Myspace me servent à être en contact direct avec certains d’entre eux.

Quel est votre meilleur souvenir scénique ?
Chaque nouveau concert devient le meilleur souvenir mais, dans le passé, je dois avouer avoir ressenti un plaisir exceptionnel à être deux heures sur scène dans La légende de Jimmy.

Vous avez chanté dans trois grosses productions musicales (Starmania, La Légende de Jimmy, Notre-Dame de Paris). Que pensez-vous des nouveaux spectacles musicaux ?
Je trouve que, depuis un certain temps, avec les nouvelles comédies musicales, on est toujours un peu au pays de Walt Disney. Il n’y a plus ou peu de créations originales.

Si demain, on vous propose de chanter à nouveau dans un musical, quel rôle souhaiteriez-vous interpréter ?
Je n’en ai pas la moindre idée car c’est le sujet et la qualité des chansons qui me motiveraient ou pas.

Y a-t-il eu une proposition que vous avez refusée et que vous regrettez avec le recul ?
Certainement pas ! Depuis la mort de Michel Berger, j’ai passé plus de temps à refuser ce qu’on me proposait qu’à accepter des projets, à l’exception de Notre-Dame de Paris où je retrouvais Luc Plamondon. Je ne pouvais pas passer à côté d’un tel engouement populaire que j’avoue ne toujours pas très bien comprendre. Vocalement, le rôle de Gringoire n’était pas des plus simples et démarrer le spectacle par Le temps des cathédrales reste un excellent souvenir.

Pour finir, quel conseil donneriez-vous à nos jeunes internautes qui voudraient exercer le même métier que vous ?
De s’armer de patience, ne jamais se décourager, travailler sans cesse et d’être multi-cartes, c’est-à-dire ne pas se limiter à connaître un seul style vocal ou musical.

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