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Rencontre avec Cristos Mitropoulos (Ivo Livi, Le Cabaret Blanche)

Le jeudi 2 février 2017 à 14 h 02 min | Par | Rubrique : Portraits, Talent à suivre

Cristos Mitropoulos (c) Ledroit-Perrin

Cristos Mitropoulos (c) Ledroit-Perrin

Cristos Mitropoulos, vous travaillez depuis plusieurs spectacles avec la même équipe. Pouvez-vous nous parler de la genèse de votre troupe ?
On s’est rencontré pour la plupart au sein d’une compagnie d’opérettes marseillaises. Puis, on a tracé notre chemin de notre côté et on a reconstitué un groupe avec certains éléments et on a a créé notre compagnie, la Team Rocket, parce qu’on avait besoin de supporter les projets, le premier officiel étant Le Cabaret Blanche.

Quel est l’esprit de la troupe ? Quel type de spectacles aimez-vous monter ?
J’aime mêler un maximum d’univers et ne pas être cantonné dans des codes précis de théâtre musical ou de cabaret, par exemple. Dans le groupe, il y a des gens qui viennent de la commedia dell’arte, du seul en scène en scène, du théâtre subventionné, du théâtre musical, du chant. L’idée est d’arriver à faire fonctionner tous ces univers les uns avec les autres de façon fluide et d’essayer d’aller toujours plus loin dans une proposition de narration singulière et de spectacle total.

Et vous, quel est votre parcours ?
Je viens vraiment de la comédie musicale. J’ai fait l’école de Gilles Ramade à Toulouse, où j’ai un peu touché à tout. De fil en aiguille, j’ai travaillé dans la comédie musicale, à l’opéra, j’ai fait de l’assistanat à la mise en scène. Je me rends compte que mon parcours m’a amené à la place où je suis aujourd’hui, où je me sens le plus en adéquation avec moi-même : l’écriture, la gestion de projet, le travail de troupe….

Comment procédez-vous à l’élaboration d’un spectacle ?
Sur Ivo Livi, on a conceptualisé, pensé, écrit le projet en amont avec Ali Bougheraba. Puis, il y a un travail de groupe qui se fait derrière. On travaille ensemble sur le plateau, il peut y avoir des parts d’improvisation. Idem pour Le Cabaret Blanche, il y a eu un travail en amont avec Leo Guillaume qui co-écrit et co-met en scène avec moi.

Comment sont venues les idées pour ces spectacles ?
Ce sont des concours de circonstances à chaque fois. Pour Ivo Livi, c’est notre producteur, Pascal Guillaume, qui avait vu un de nos précédents spectacles sur Sarville. Il l’avait trouvé formidable, mais trouvait que parler d’un auteur oublié d’opérettes marseillaises ne pouvait pas fonctionner à Paris. Il nous a alors proposé de faire un spectacle sur Yves Montand. On n’y avait pas pensé mais dès qu’on s’est renseigné, on a senti l’évidence.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans l’univers d’Yves Montand ?
Ce qui m’a particulièrement touché, c’est son parcours. Je ne connaissais pas toute la première partie de sa vie. Il disait lui-même que les meilleurs scénaristes s’inspirent de la vraie vie et effectivement, sa vraie vie est incroyable. Ce qui est frappant également, c’est l’idéal qui est le sien. C’est un homme qui a été nourri par une abnégation dans sa façon d’aborder son travail, et je pense que c’est lié à ses valeurs communistes. Ça l’a accompagné tout au long de sa vie. Certains diront qu’il a retourné sa veste mais pour moi, ce n’est pas tout à fait ça.

Et pour Le Cabaret Blanche ?
Au départ, c’est une commande pour un festival. J’ai commencé à écrire des personnages en fonction des comédiens que j’avais et des musiques qui m’intéressaient. Puis tout s’est précisé au fur et à mesure : la période (la Première Guerre Mondiale), l’histoire, les enjeux des personnages… mais tout est parti de la musique.

Il y a dans Ivo Livi une écriture originale, une narration particulière, est-ce venu dès le départ ?
Cette forme de narration était déjà développée sur Sarville et qui appartient un peu au seul en scène qui est le domaine d’Ali, et moi, je viens rajouter le musical par dessus. L’idée de la narration était de tout faire exister avec rien et d’amener les spectateurs à rêver avec nous et imaginer qu’une chaise est une usine, une table est un dortoir et une lumière est Hollywood. L’histoire d’Yves Montand est trop riche, trop importante pour la raconter de façon traditionnelle avec des décors, ce serait impossible. L’autre idée était de s’amuser avec cette histoire tout en la respectant.

Quelles sont vos références en matière de théâtre, musical ou non ?
J’ai une fascination pour le travail de Joël Pommerat. J’aime aussi beaucoup Wajdi Mouawad dans sa façon de faire exister plusieurs moments sur un plateau. J’ai découvert la comédie musicale avec Les Misérables, Le Fantôme de l’Opéra, Miss Saigon : ce sont des ouvrages qui m’ont porté étant jeune. Je me sens plus proche aujourd’hui de choses plus bigarrées comme Brecht ou certains Sondheim. J’aime quand la comédie musicale raconte une histoire, pas quand c’est un numéro de cirque ou un prétexte à pousser la note, ou quand c’est trop froid et manichéen. Ce qui m’intéresse, c’est de proposer des spectacles français car je pense qu’on a une tradition française de théâtre musical. C’est aussi pour ça que je travaille aussi sur un répertoire du passé parce que ce répertoire et génial et on a beaucoup à y piocher pour comprendre d’où on vient et savoir où on va. Il faut montrer qu’on a en France une possibilité de théâtre musical différent et en sachant qu’on a les artistes mais il faut que les producteurs et les institutions nous aident plus à pouvoir porter des créations.

Lire notre critique d’Ivo Livi
Lire notre critique du Cabaret Blanche

 

 

 

 

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