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Richard Charest – Beau comme le soleil

Le lundi 1 novembre 1999 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Richard Charest ©DR

Richard Charest ©DR

La « Québec Connection » a encore frappé ! « C’est vrai, concède, amusé, Richard Charest, ce soir, toute la distribution masculine est québécoise. Pour nous, c’est un heureux hasard. Pour ceux qui sont venus nous voir, j’espère que ce sera une belle découverte« . Pour ce jeune auteur-compositeur qui se révèle également brillant interprète, « il y a peut-être un aspect géopolitique dans tout ça ! A cause de notre situation, nous devons forcément être des battants. Et dans notre façon de chanter, nous avons cette émotivité et cette humanité très marquées« . Comme pour se dédouaner, il ajoute aussitôt : « Mais bon, il y a plein d’artistes d’expression française qui ne sont pas québécois… Patrick Fiori par exemple ! « .

Des chaussures à la bonne pointure

Si le nom de Patrick Fiori lui vient naturellement aux lèvres, c’est bien sûr parce que, depuis quelques mois, il partage le rôle de Phoebus avec ce dernier. Un conte de fées auquel il a encore un peu de mal à croire. « J’avais eu vent, comme tout le monde, de cet incroyable succès. Et l’idée que j’aimerais faire partie de la troupe a commencé à germer en moi. Au printemps dernier, mon manager a rencontré Luc Plamondon et l’a convaincu de m’entendre« . Les auditions pour succéder à terme à la troupe originale étaient alors en phase finale. Et pourtant, Richard s’impose immédiatement. « Ma vie a basculé en l’espace de quatre jours. Et depuis, Phoebus existe en moi. Quand je suis monté sur scène, j’avais déjà toute la cathédrale en tête ! « . Il faut dire que, parmi tous les interprètes de Notre Dame de Paris, Richard est l’un des rares à avoir lu « la brique de Victor Hugo. Je suis très admiratif de Luc qui a su, au milieu de ces 600 pages, aller chercher l’essentiel et saisir la substance du roman. Il y est parvenu avec une grande clarté, avec une économie de moyens et de mots qui fait que tout le monde peut comprendre« .

Quand on lui demande comment il peut marquer le rôle de son empreinte après la déferlante Fiori, il répond en riant : « Mettre les chaussures de Patrick, ce n’était pas évident, d’autant que nous n’avons pas la même pointure ! J’ai donc envisagé mon personnage différemment : c’est un salaud qui veut avoir toutes les filles. J’essaie de faire disparaître toute trace d’humanité de lui« . Dans l’histoire du show-biz, Richard n’est pas le premier gentil à jubiler à l’idée d’interpréter un méchant.

La fatalité a joué un rôle
Comme il a vécu le phénomène de l’extérieur avant d’entrer ainsi dans la légende Notre Dame, il a encore des étonnements d’ingénu. « Les premiers soirs, au moment de la chanson « Belle », je me disais : mais oui, c’est bien Daniel Lavoie qui est à côté de moi ! Comme interprète, je ne sais pas si on rencontre beaucoup de moments comme ça dans une carrière ! « .

Mais cela ne l’empêche pas de porter un regard lucide sur les raisons d’un tel succès… « C’est vrai, c’est une belle histoire, une vraie tragédie grecque. Il y a de belles mélodies, des textes qui vont droit au but, une mise en scène qui tranche avec ce qui se fait d’habitude, et des interprètes forts. Mais surtout, j’aime à penser que la fatalité y est aussi pour quelque chose. Quoiqu’il en soit, je suis très heureux de faire partie de la deuxième étape de cette aventure« .

Ce jeune homme sage qui garde la tête froide réfléchit donc déjà à l’après Notre Dame. « En fait, j’ai commencé avant à réfléchir à l’après« , explique-t-il en souriant. Après un premier album, il était en effet en pleine redéfinition de sa carrière : nouveau manager, nouvelle équipe de production et nouvelle maison de disques… quand le rôle de Phoebus lui a été offert. « J’ai l’impression d’un intermède de luxe avant la sortie de mon deuxième album. Comme je suis auteur-compositeur, je trouve toujours un moment dans la journée pour y travailler. Ce que je n’avais pas prévu au départ, c’était d’attaquer le marché français. Evidemment, comme on dit chez nous, maintenant, j’ai envie d’aller taquiner le poisson de ce côté-ci de l’Atlantique ! « .

Québec Connection ou pas, nul doute que Richard Charest va vite ferrer les plus beaux poissons !

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