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Richard Charest – Un maître de piste à découvrir

Le mercredi 16 juin 2010 à 0 h 16 min | Par | Rubrique : Rencontre

Richard Charest en maître de piste dans la comédie musicale <i>Big Bazar</i> © JF Leblanc

Richard Charest en maître de piste dans la comédie musicale Big Bazar © JF Leblanc

Parlez-nous du Big Bazar
C’est un bel événement, professionnellement parlant, qui n’a jamais été remonté depuis la version originale de 1973. C’est une opportunité assez exceptionnelle de présenter une œuvre qui a quand même marqué plusieurs générations car les chansons de Michel Fugain sont restées dans l’inconscient collectif et continuent de passer à la radio. Beaucoup de gens ne savaient pas que ces morceaux étaient issus d’un spectacle initial,  avec une certaine dramaturgie. Donc on fait une sorte de mise à jour et nous avions hâte de voir si, au niveau des thèmes, cela allait bien passer de génération en génération. On garde en tête des chansons de  Michel Fugain telles que « Fais comme l’oiseau », « Chante la vie chante », « C’est la fête », etc. Lorsqu’on évoque des titres comme ceux-là, on se dit « C’est peut-être un peu naïf ? Est-ce qu’en 2010 cela a encore des résonances ? ». Et étonnamment oui, parce qu’elles  parlent d’environnement, de jeunes hommes et femmes qu’on envoie faire la guerre, de liberté, d’émancipation, de télévision qui pense pour nous. Voilà plein de choses qu’on essaie de nous inculquer ; c’est très actuel. On prend beaucoup de plaisir à voir la réaction des gens qui nous suivent. C’est bien parti et nous avons eu de bons papiers, un bon accueil de la critique et du public. Nous sommes sur un petit nuage et on essaie de le préserver le plus longtemps possible. Et Montréal l’été, aux Francofolies, pas besoin de s’étendre longtemps sur le sujet… (rires)

Vous y tenez le rôle du Maître de piste, ce même rôle qu’avait tenu Michel Fugain lors de la création du Big Bazar. Parlez-nous de ce rôle.
Je reprends exactement son rôle, à quelques différences près : le Maître de piste, qu’on appelle ici le grand frère, est le fil conducteur, le narrateur de l’histoire, et en même temps le guide puisque le Big Bazar c’est avant tout l’histoire d’un petit homme qui vient au monde et à qui on va enseigner du mieux possible les grandes vérités de la vie. Voilà donc le Maître de piste qui s’assure que le petit bonhomme va faire son bout de chemin. La différence avec la version de 1973 de Michel Fugain, c’est qu’il interprétait la majorité des chansons – à l’exception de quelques-unes, attribuées à d’autres membres du Big Bazar. Dans notre version, le défi était de recruter des chanteurs déjà pré-établis et d’horizons assez différents. On y retrouve d’ex Staracadémiciens, des gens du théâtre, du cinéma et même du spectacle musical. Donc il fallait faire en sorte qu’ils aient une belle représentativité de voix et de timbres. Nous avons même dû modifier des tonalités pour que cela convienne davantage aux filles et moi, je continue d’être très présent parce que le fil rouge est là tout le temps. L’histoire est personnifiée davantage par les autres intervenants du spectacle afin que ce soit plus équilibré. Cela a comme effet que c’est moins un tour de chant de Michel Fugain et le Big Bazar : c’est vraiment le Big Bazar.

Est-ce que Michel Fugain vous a conseillé pour ce rôle ?
Nous en avons parlé, bien sûr, car ce n’est plus un secret pour personne que Michel Fugain est mon beau-père mais l’attribution de ce rôle s’est faite par hasard car le lien familial n’a rien à voir avec ma présence ici. En effet, c’est la chorégraphe Geneviève Dorion-Coupal, une chorégraphe sensationnelle, qui était de passage à Paris en mars dernier, pour le spectacle de Michel auquel j’assistais avec mes fils. En me voyant, elle m’a dit « J’ai une idée ! Tu fais quoi en juin ? ». Michel n’était même pas au courant. Nous l’en avons informé ensuite et il était plutôt ravi. Il m’a remis les DVD originaux des spectacles de 1974 et 1976 à l’Olympia de Paris et m’a dit de lui faire signe si j’avais besoin de quoi que ce soit. Je n’en ai pas ressenti le besoin et ce, pas nécessairement pour m’en détacher. Mais j’avais bien compris ce que j’avais à faire et avec les DVD j’avais suffisamment de matériel pour me faire une idée. Comme, à l’époque, il était vraiment le centre d’attraction du spectacle et que j’allais être davantage l’élément qui fait les liens, je ne pouvais pas approcher ce rôle de la même façon. Je savais qu’il y avait une caution, qu’il était d’accord et que la production était ravie. Et pour le moment, tout le monde est content…

Aviez-vous peur des comparaisons ?
C’était déjà suffisamment surréaliste de chanter son spectacle et d’incarner son rôle, avec Michel dans la salle lors de la première. Le tout à Montréal. Cela faisait plusieurs années que j’avais envie de revenir travailler ici. Dans la salle, il y avait quelque chose de très particulier et apparemment on a trouvé que ce que je faisais était bien. Je pense que cela a servi l’histoire car personne n’a fait mention de mon statut de gendre. Ce n’était que du positif et j’en suis ravi ! Cela continue à entretenir cette espèce de surréalisme ambiant depuis le début.

Vous êtes la personne d’expérience de cette troupe. Vous demande-t-on des conseils ?
C’est arrivé et cela se fait très naturellement dans ce genre de production. J’ai du recul, une position un peu différente par rapport à eux. En effet, j’ai fait toutes ces dates avec la comédie musicale Notre-Dame de Paris ; j’ai connu des tonnes de premières médiatiques et des séries de concerts rapprochés, des salles et des publics qui varient d’un soir à l’autre ainsi que des réactions tout aussi diverses. Alors, comme j’ai déjà un peu vécu tout ça, je ne suis pas vraiment surpris. Cela me permet effectivement de rassurer quelques membres de la troupe car certains vivent leur première expérience : je pense notamment à Jason Roy-Léveillée, qui est une star de la télé et du cinéma mais dont c’est le premier spectacle. Il était très nerveux, mais ça c’est très bien passé pour lui. J’essaie de faire bon usage de mon expérience.

Croyez-vous à la possibilité que Big Bazar, nouvelle génération, soit un jour présenté en France ?
Forcément, comme nous avons une très forte réaction, le premier réflexe a été de nous demander « À quand la France ? ». C’est entre les mains des producteurs. Tout le monde a envie d’y aller, moi y compris ; je vis là-bas. Ce serait une belle façon de boucler la boucle, mais il n’y a aucune confirmation, aucune date d’avancée… Affaire à suivre.

Vous travaillez beaucoup en Europe. Quel effet cela vous fait-il de revenir au Québec ?
Cela fait plaisir. J’ai eu la chance de revenir au Québec à deux reprises avec Notre-Dame de Paris, en 2001 et 2005, avec deux distributions différentes. C’était forcément le succès car nous arrivions avec notre tableau de médailles, nos expériences de tournées… Là, c’est un peu l’inconnu. Oui, c’est le Big Bazar, mais cela ne veut pas dire que tout le monde va y adhérer mais il se trouve que oui, il y a une sorte d’adhésion un peu générale. Je reçois des coups de fil de personnes que je n’ai pas vues depuis longtemps. Et pour moi, passer quelques semaines à Montréal constituait déjà une belle victoire.

Serez-vous de la tournée québécoise du Big Bazar ?
Nous avons huit représentations à Montréal et il y aura une tournée cet automne. Je serai alors sur un autre projet (Il était une fois Joe Dassin) à Paris, mais il n’est pas exclu et c’est même tout à fait souhaitable pour moi que je puisse revenir plus tard pour continuer cette belle aventure qu’est le Big Bazar.

Comment êtes-vous arrivé sur ce spectacle, Il était une fois Joe Dassin ?
Comme toujours, à Paris, on entend parler de castings, de projets qui se montent, par les chanteurs, les directeurs de casting et quelquefois aussi en lisant Regard en Coulisse. Dans ce cas, je connais le directeur de casting, Bruno Berberes, que j’ai croisé à la première de Zorro. Il m’a dit qu’ils en étaient au deuxième ou troisième tour et que je devais préparer quelques morceaux. Et j’ai été sélectionné. Christophe Barratier, issu du cinéma, veut faire quelques chose de très populaire. C’est son état d’esprit. Là, on va pouvoir jouer des instruments live sur scène et pour moi, ça va changer de Notre-Dame de Paris, du Big Bazar ou de Rabbi Jacob. Ca, c’est déjà un beau défi.

Il était une fois Joe Dassin, c’est une comédie musicale, une revue ?
Plutôt une revue, avec projections, où personne ne va incarner Joe Dassin. On va évoquer sa carrière à travers des tableaux et des chansons, selon les différentes époques. On va se répartir les chansons, un peu par genre, et je pense récupérer le style un peu plus folk du début de sa carrière, ce qui n’est pas pour me déplaire car il y a de très jolies chansons. On se laisse un peu porter et vivement le début des répétions le 23 août prochain. C’est à ce moment-là qu’on va découvrir dans quelle aventure on se lance. La première aura lieu le 1er octobre et une quarantaine de dates sont prévues au Grand Rex puis en tournée en France.

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