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Rosalie Symon et Rachel Pignot – Nous sommes deux soeurs…

Le dimanche 1 mars 2009 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Les Frangines ©DR

Les Frangines ©DR

Quel a été votre parcours ? Est-ce la première fois que vous vous retrouvez toutes les deux ensemble sur scène ?
Rosalie Symon : Non, on a joué ensemble dans Les femmes savantes de Molière mis en scène par Jean-Claude Muselet. Rachel jouait le rôle d’Henriette ; moi celui d’Armande, déjà des rôles de soeurs ! Et notre maman, Julie Ravix, jouait Philaminte, leur mère. Nous nous sommes retrouvées sur ce projet un peu par hasard et c’était déjà une jolie aventure familiale.
Mais, avant cela, j’ai eu la chance de réussir mon premier casting pour une publicité tournée par Bertrand Blier aux côtés de Lorant Deutsch. On a pu me voir aussi dans la pièce Comme en 14 ! de Danny Laurent qui a reçu trois Molières en 2003, Loin de Rueil une comédie musicale de Raymond Queneau mise en scène par Nicolas Briançon et au cinéma où j’ai eu la chance de tourner sous la direction d’Abdellatif Kechiche dans L’esquive et La Graine et le Mulet.
J’ai toujours rêvé de chanter ; j’ai attendu le bon moment avant de me lancer, car je pensais ne pas en avoir le droit étant donné que c’était plutôt la place de Rachel.

Rachel Pignot : A la maison pourtant, on chantait tout le temps, déjà à deux voix. Le désir de chanter ensemble a toujours été présent. De mon côté, j’ai toujours voulu chanter et faire de la comédie musicale. Par chance, cela s’est concrétisé rapidement, puisqu’à vingt ans, j’ai été choisie comme doublure dans la comédie musicale Roméo et Juliette, ce qui est très enrichissant lorsqu’on débute. J’y ai fait des rencontres inoubliables comme Réjane Perry.
Au même moment, j’ai été choisie pour devenir la nouvelle voix chantée de Blanche Neige. On a pu me voir également dans la comédie musicale Chance et, dernièrement, m’entendre interpréter les chansons du film Il était une fois.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?
Rosalie : C’est tout un cheminement. D’abord il y a eu un voyage en Inde d’un mois qui nous a amenées à faire des rencontres formidables. Là-bas, les gens vivent souvent de peu mais donnent beaucoup ; leur plus grande richesse est dans le partage de l’instant. Pour les remercier, on chantait à deux voix. Ensuite, nous avons une grand-mère qui vit en maison de retraite. Lors de nos visites, quelquefois nous nous mettions à chanter et cela mettait aussitôt un peu de gaîté dans l’établissement. C’est à ce moment-là que nous avons eu l’idée de constituer un petit répertoire de chansons d’époque.
Peu de temps après, Rachel a entendu à la radio le morceau « C’est si bon » interprété par les Soeurs Etienne.

Rachel : C’était apparu comme une évidence !

Rosalie : C’était idéal pour nos voix et comme nous, c’étaient deux soeurs ! En plus, on a exactement 50 ans de différence avec elles, avec le même écart d’âge entre nous.
La seule petite différence, c’est que Rachel est la cadette et qu’elle chante la partie de l’aînée, Louise.

Rachel Pignot ©DR

Rachel Pignot ©DR

Rachel : C’est un projet fait d’heureux hasards. Un jour, nous sommes tombées sur un forum où quelqu’un demandait des informations sur les Soeurs Etienne et il y avait une réponse de la petite-fille de Louise !
Nous l’avons contactée au culot pour lui faire part de notre projet qui démarrait à peine et, après plusieurs échanges qui ont duré plusieurs mois, nous avons pu rencontrer Louise Etienne. On a ensuite formé une équipe de musiciens constituée notamment de Jean Joseph L M Villeval et Dominique Patris, ainsi que Laurent Valero, notre violoniste, qui, travaillant à Radio France, a eu accès à une compilation un peu plus complète que celle que j’avais pu me procurer, nous permettant ainsi de sélectionner des chansons supplémentaires.
Evidemment, connaissant désormais Louise, nous avons accès à d’autres documents. C’est vraiment un projet magique qui ne nous procure que de belles rencontres, comme Line Renaud qui est venue nous voir lors des tous premiers concerts à Vitry-sur-Seine, car elle avait été, dans sa jeunesse, choriste des Soeurs Etienne, ainsi que toutes les personnes qui ont cru en nous et qui participent de près ou de loin à ce projet. Elles font partie intégrante des Frangines !

Comment s’est passée la rencontre avec les Soeurs Etienne ?
Rosalie : Avec LA soeur Etienne, puisque nous n’avons encore jamais rencontré Odette. Grâce à sa petite-fille, Louise nous a donc accueillies chez elle, et nous étions dans nos petits souliers ! Bien que rien ne fût abouti à ce moment-là, on avait apporté un enregistrement d’une répétition avec les musiciens, pour qu’elle puisse se faire une idée de notre projet.
Au final, Louise, qui était sur la réserve au début, nous a écoutées avec attention et a accueilli le projet chaleureusement. Si le projet ne lui avait pas plu, elle nous l’aurait dit clairement, car c’est une personne assez franche.

Rachel : D’ailleurs, elle nous a dit « Il y en a beaucoup qui ont essayé, mais vous, c’est à s’y méprendre ! ».

Rosalie : Depuis, elle nous suit, nous a prêté des documents, ses disques, même une affiche d’époque et sa propre radio pour le spectacle. Dernièrement, elle nous a même offert un journal datant de 1947 où on les voit toutes les deux en couverture.

Rachel : C’est vraiment quelqu’un de qui nous sommes devenues très proches, qui n’hésite pas à nous conseiller régulièrement sur l’interprétation des morceaux.

Rosalie Symon ©DR

Rosalie Symon ©DR

Pour ce projet, vous êtes mises en scène par votre maman, Julie Ravix. Quels sont les avantages et les inconvénients de travailler en famille ?
Rosalie et Rachel : Il y a surtout des avantages !

Rosalie : C’est évidemment un choix de notre part : notre maman est aussi comédienne et a réalisé d’autres mises en scène, donc on a eu le loisir d’apprécier son travail. On savait qu’elle serait la personne appropriée pour ça !

Rachel : Il y a encore un autre avantage, qui pourrait être un inconvénient. Elle nous connaît forcément très bien, en tant que filles, mais aussi en tant qu’artistes. Du coup, elle ne nous emmène pas dans nos facilités. Elle sait mieux que personne comment tirer le meilleur de nous-mêmes !

Rosalie : Et puis, il y a le plaisir de travailler tous ensemble ! On est une famille de saltimbanques et on aime se retrouver dans le travail. Souvent, les gens sont intrigués parce que nous n’avons pas le même nom, mais nous sommes pourtant bien de la même famille ! En fait, notre maman a choisi de garder son nom de jeune fille pour son nom de scène et moi, j’ai pris le nom de ma grande-tante qui a beaucoup compté pour moi. Ayant choisi de me diriger vers le théâtre et ayant deux parents comédiens (notre papa étant Yves Pignot), j’avais besoin d’avoir ma propre identité.

Votre complicité fraternelle est évidente. Que pouvez-vous nous dire l’une sur l’autre ?
Rosalie et Rachel : Ouhlala (rires) !!!

Rachel : Dans le spectacle, ce qui est fantastique, c’est que le fait d’être soeurs fait qu’on se connaît par coeur, on se devine, on s’aime et tout cela est transcendé. On est à l’écoute l’une de l’autre. Cela aurait été différent si on avait eu un autre partenaire, cela aurait pris du temps alors qu’ici, c’est une évidence. Nos timbres de voix sont en plus très proches, on a la même façon de parler…
On a presque un lien gémellaire. On sent quand quelque chose ne va pas chez l’autre.

Rosalie : Rachel dit de moi que je suis son deuxième coeur…

Rachel : … et Rosalie que je suis sa force.

Vous avez donc eu accès à un nombre important de documents. Comment s’est fait le choix des chansons ?
Rosalie et Rachel : En famille et en vacances !

Rachel : Avant de commencer les répétitions avec les musiciens, il a fallu faire un choix parmi les 60 chansons que l’on avait. Alors, sur tous les trajets que l’on faisait, en voiture, ou lorsque nous étions à la maison de campagne…

Rosalie : … je tenais un cahier avec les titres des chansons d’un côté et celles ayant obtenu le plus de « oui » remportaient à l’unanimité la palme ! Cependant, quelques-unes ont été repêchées par le jury, composé de nos parents, Rachel et moi.

Rachel : C’est comme ça que notre choix s’est fait. Encore une histoire de famille !

Quel est votre air favori ?
Rosalie : Je crois que toutes les deux, nous avons une tendresse pour « Les yeux fermés », écrit spécialement pour elles ; leur répertoire est essentiellement composé de reprises de standards français ou étrangers, arrangés pour leur deux voix. J’aime aussi beaucoup « Les demoiselles de Robinson », c’est une jolie histoire qui m’embarque tout de suite.

Rachel : Quant à moi, j’aime beaucoup « Cheveux au vent » pour le message positif et la fraîcheur qui s’en dégage. Louise est aussi très contente de notre interprétation du titre « Embrasse-moi vite » car il n’avait jamais été interprété sur scène.

Quel est l’avenir des Frangines ?
Rachel : Pour l’instant, il n’y a rien de concret même si nous avons des propositions pour ce spectacle dans sa forme actuelle, parce que cela fonctionne très bien à Paris. Les dates affichent assez rapidement complet ! Notre envie est que ce spectacle vive, qu’il tourne et qu’un maximum de gens puisse le voir car c’est un spectacle qui, bien qu’il parle plus à une certaine génération, s’adresse à tous et nous serions ravies que la nouvelle génération découvre ce répertoire.
L’idéal serait de se promener avec, partir à la rencontre du public dans les villages-vacances, les hôtels, les croisières ou les thalassos par exemple…
C’est vrai que Les Frangines chantent…, même si c’est un titre un peu long, c’est notre identité et si ça fonctionne, cela nous permettra de le décliner ensuite.
Cependant, au départ, Louise Etienne était un peu chagrinée que le projet s’intitule Les Frangines chantent les Soeurs Etienne, car à l’époque, les frangines étaient le terme qui désignait les filles de joie… A la mort d’Henri Salvador, elle s’est souvenue que celui-ci s’écriait « les frangines ! » quand il les voyait et elle nous a dit que ça allait nous porter bonheur.

Quels sont vos projets respectifs ?
Rosalie : Cet automne, j’ai joué au Théâtre 13 dans Le Vol de Kitty Hawk qui partira en tournée en septembre-octobre prochain. Il y a peut-être aussi un projet de comédie musicale…

Rachel : Me concernant, je joue actuellement Feu la Mère de Madame au Lucernaire, Les Frangines à l’Essaïon bien sûr, prochainement Coup de foudre de Jean-Baptiste Arnal au Théâtre Marsoulan puis pendant le Festival des Musicals et un rêve qui se réalise pour moi : je vais chanter dans Les Misérables en Suisse, à partir du 11 septembre où je serai la doublure d’Eponine ainsi que dans les ensembles.

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