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Ryan Silverman, un Américain au Châtelet

Le mardi 15 mars 2016 à 9 h 49 min | Par | Rubrique : Rencontre

Ryan Silverman (c) DR

Ryan Silverman (c) DR

Ryan Silverman, quand et comment vous êtes vous formé au théâtre musical ?
J’ai commencé assez tard comparé à d’autres comédiens. J’ai grandi au Canada, dans une petite ville près d’Alberta, connue pour le hockey : à partir du moment où tu sais marcher, on te met des patins aux pieds. J’ai donc joué au hockey jusqu’en terminale. C’est après ça que j’ai commencé à chanter dans un groupe a cappella avec des amis, puis j’ai pris des cours de théâtre à 19 ou 20 ans. C’est là que j’ai découvert à quel point j’aimais ça.

Vous avez ensuite décidé d’aller à New York pour faire carrière ?
Quand on vit au Canada, il y a deux villes où on peut faire du théâtre musical : Toronto et Vancouver. J’ai été engagé à Vancouver sur le musical Blood Brothers. J’ai décidé d’y rester pendant deux ans où j’ai fait du théâtre, de la télévision avant d’être pris sur la tournée nord-américaine de Mamma Mia ! que j’ai faite pendant un an et demi. C’est après que j’ai décidé d’essayer New York. A l’époque, je fréquentais une Américaine – qui est désormais ma femme – et elle m’a suggéré de tenter le coup. Tout acteur doit essayer New York au moins une fois dans sa vie. J’ai commencé à travailler très rapidement. Mais ce n’était pas un chemin tout tracé, je n’avais pas décidé d’aller à New York dès le début. Quand on est Canadien, on ne va pas à New York comme ça, il faut des papiers.

Parlez-nous de vos débuts à Broadway.
C’était dans un musical qui a joué très peu de temps, Cry Baby. J’étais doublure du rôle-titre et j’avais un rôle dans l’ensemble. Le numéro d’ouverture se déroulait durant une campagne de sensibilisation pour le vaccin contre la polio ! Et je jouais un mec qui était dans un poumon d’acier [NDLR : grand appareil cylindrique permettant à une personne de respirer en cas d’insuffisance]. Ca ressemblait à un cercueil, j’étais trop grand donc ils ont dû en construire un pour moi, et en plus, j’étais supposé jouer un gamin de douze ans. Donc ce n’étaient pas forcément les débuts que j’avais imaginés ! (rires) Mais ensuite, j’ai été pris pour jouer Raoul dans Le Fantôme de l’Opéra et je considère que ce sont là mes vrais débuts à Broadway.

A Broadway, vous avez joué dans le revival récent de Side Show qui a eu des bonnes critiques mais n’a pas marché.
Side Show parle d’un freak show, un cirque de monstres, même si dans le fond, ça ne parle pas que de ça. Ca peut repousser le public, et pourtant, c’est une très belle histoire, celle de ces soeurs siamoises qui deviennent stars du music-hall. Le public qui venait était très enthousiaste mais c’est un sujet difficile à vendre. De nos jours, à Broadway, les bonnes critiques ne font plus le succès d’un spectacle même si une mauvaise critique, en revanche, peut faire fermer un show.

Vous avez ensuite joué le rôle de Giorgio dans Passion, off-Broadway, face à Judy Kuhn. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience et quelles sont les différences avec cette nouvelel production au Châtelet ?
Ce fut une de mes expériences préférées. Travailler avec John Doyle, le metteur en scène, c’est comme prendre des cours de théâtre à chaque répétition. On fait des exercices pour entrer dans l’esprit du personnage, on s’immerge dans ce monde militaire, fait de solitude, d’ennui. Et toutes ces dimensions apparaissaient dans le spectacle. Nous étions dans un petit théâtre avec très peu de décors, ce qui fait que le public devait s’impliquer pour comprendre dans quel lieu nous étions : la gare, la chambre, etc.
Le danger avec ce spectacle, c’est quand il y a trop d’éléments de décor. Par exemple, si on est dans la chambre et qu’on voit le lit, la lampe, etc. Ca peut devenir ennuyeux. Ce que j’aime dans cette production parisienne, c’est qu’on utilise toujours son imagination. Les décors sont des éléments noirs et blancs. On peut avoir sa propre interprétation du lieu. C’est comme un tableau noir. Ca permet au public d’être enveloppé dans cet univers, d’entrer dans la peau des personnages plutôt que d’être distrait par trop d’éléments de décor.
Dans Passion, les paroles sont extrêmement importantes et il y en a beaucoup. Le public doit au moins comprendre le sens général. C’est ce à quoi nous nous attachons sur cette nouvelle production au Châtelet. Et la grande différence, c’est que la scène est au moins huit fois plus grande que celle de New York. Il faut projeter encore plus dans un tel espace. Or, beaucoup de moments sont très intimes, avec Fosca qui chuchote. Il faut trouver un juste équilibre entre l’intimité sans être pour autant perdu dans ce grand espace, c’est notre défi.

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Ici, vous êtes accompagné par un grand orchestre…
Et c’est génial ! De nos jours à Broadway, on peut avoir une douzaine de musiciens sur un spectacle. Nous, on en avait neuf et ça marchait pour l’espace. Au Châtelet, on en a quarante. C’est incroyable et très rare. C’est génial de pouvoir entendre ce son. Et les orchestrations sont somptueuses.

Parlez-nous de votre travail avec Fanny Ardant, metteuse en scène.
Parfois, c’est un challenge car il y a la barrière de la langue. Fanny Ardant a une vison très différente du spectacle. J’essaie de ne pas arriver avec une idée préconçue du personnage tel que je l’ai joué auparavant, et de dire : voilà, c’est comme ça que ça doit être ; vierge pour travailler avec sa vision. C’est excitant de faire quelque chose pour la deuxième fois… comme si c’était la première fois.

En quoi votre Giorgio de Paris est différent de votre Giorgio de New York ?
La plus grande différence est que Fanny ne rend pas Fosca laide. A New York, Fosca était malade et ma réaction était de l’ordre du dégoût, tandis que Giorgio représente la santé, la beauté, la force. Fanny veut que je joue quelqu’un qui est intrigué par Fosca parce qu’elle est intéressante, elle dit des choses intelligentes. Et moi, qui m’ennuie au milieu de cette vie militaire, quelque part, je me sens plus proche d’elle. Donc, c’est intéressant de commencer par de la curiosité qui se transforme en malaise. Cela permet de croire qu’il peut tomber amoureux d’elle à la fin, parce qu’ils ont des points communs. C’est un parcours différent.

Quels sont vos projets après Paris ?
Je chante en concert avec des orchestres symphoniques en Amérique du Nord. Cet été, je vais chanter au Royal Albert Hall pour le 90e anniversaire de la Reine. Je n’ai pas encore de spectacles prévus à New York, mais on sait que ces choses peuvent survenir de façon inopinée !

Passion au Théâtre du Châtelet, du 16 au 24 mars 2016.

Erica Spyres et Ryan Silverman dans Passion (c) Marie-Noëlle Robert

Erica Spyres et Ryan Silverman dans Passion (c) Marie-Noëlle Robert

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