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Sarah Tullamore – Ultra Bright !

Le mercredi 1 mars 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Sarah Tullamore ©DR

Sarah Tullamore ©DR

Comment définiriez-vous votre spectacle Estelle Bright ?
Je pense qu’on a créé un croisement de genres. Pour moi, c’est une comédie musicale dans le sens où, même si je suis seule en scène, il y a une histoire, j’incarne un personnage et à des moments clés, la musique intervient pour approfondir les sentiments et faire avancer l’intrigue. Il ne s’agit ni d’une succession de sketches ni d’un tour de chant. En même temps, je suis seule sur scène et c’est assez drôle, donc ça se rapproche beaucoup du one-man show traditionnel. C’est vrai que c’est un spectacle qui n’est pas simple à définir.

Comment l’idée vous en est-elle venue ?
J’avais envie de faire un spectacle pour moi. Je ne savais pas du tout que ça s’appellerait Estelle Bright. Je savais juste que ce serait une comédie musicale. L’idée de ce personnage est venue au fur et à mesure. Le premier titre était Check List. Et puis, on s’est rendu compte petit à petit qu’il fallait que ce soit plus personnalisé. Le personnage était de plus en plus défini et on a décidé de donner son nom au spectacle. J’ai commencé à réfléchir à ça il y a deux ans. Je ne pensais pas faire tout ce parcours si vite. Mais je pense qu’on peut aller encore plus loin.

Vous chantez accompagnée par une bande. Pourquoi n’avez-vous pas voulu travailler avec un musicien ?
C’est vrai que dans la comédie musicale anglo-saxonne, celle que j’aime, il y a des musiciens en live. J’ai donc fait le premier showcase à La Nouvelle Eve en 2004, avec un pianiste. Puis, quand j’ai préparé une deuxième présentation, des problèmes de disponibilités m’ont contrainte à utiliser une bande. Je n’étais pas ravie au début mais, étant donné le délai, je n’avais pas le choix. J’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un qui m’a fait une bande de play-back formidable agrémentée de bruitages. Le fait d’avoir les accompagnements sur bande donne au spectacle une cohérence sonore. Mais bon, c’est vrai que, dans mon esprit, j’aimerais être accompagnée par un orchestre symphonique.

De quel répertoire êtes-vous partie pour créer le spectacle ?
J’ai essentiellement repris des standards du jazz ou de la comédie musicale anglo-saxonne, en anglais et en français, et je les ai retravaillés à ma sauce. J’avais envie de revisiter les chansons que j’aime bien. J’ai aussi écrit des petits jingles parce que le personnage que je joue est actrice de voix-off et que l’action tourne beaucoup autour de son travail. On la voit, par exemple, enregistrer des voix pour des pubs. Je suis partie de leitmotivs qu’on connaît bien en France et j’ai joué avec. Je me suis beaucoup amusée à faire ça.

En tant qu’anglaise, pourquoi avez-vous choisi de travailler en France ?
Je suis anglaise, d’origine française du côté de ma mère. Mais j’ai grandi en Angleterre. J’ai chanté très jeune, d’abord dans un cadre amateur. J’ai fait partie de la plus grande chorale de collège du sud de l’Angleterre, ce qui m’a permis de tourner un peu partout dans la région et même à Londres. J’ai eu l’occasion de faire beaucoup de concerts et, par exemple, de chanter à la BBC. J’y ai appris une certaine rigueur du spectacle. Mais même si le niveau amateur est très élevé en Angleterre, ça restait amateur. J’ai commencé à chanter professionnellement quand j’étais au Japon. Au départ, je suis allée là-bas juste pour changer de pays. J’ai voulu travailler, j’ai donné des cours d’anglais. Puis, je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de possibilités pour les artistes. J’ai enchaîné quand je suis venue en France. Aujourd’hui, je travaille de temps en temps en Angleterre même si l’essentiel de mon activité est ici. J’ai fait des concerts là-bas et, en mars dernier, j’ai joué une pièce de théâtre à Londres. En France, on dit que le théâtre est en crise, que l’intermittence va disparaître et, pourtant, j’ai le sentiments que les artistes y sont reconnus comme tels. Ils ont un statut. Quand je suis arrivée ici, je ne connaissais pas tout ça. Il a fallu cinq ans avant que je prenne connaissance du statut d’intermittent du spectacle. D’un autre côté, on peut dire qu’on est un peu assisté. En Angleterre, tout ça n’existe pas. Du coup, les gens foncent. Ils sont très motivés mais en même temps c’est très dur. Il manque aussi aux Français la rigueur anglo-saxonne, je pense aux respects des horaires par exemple. Mais il me semble que cette rigueur commence à s’installer à Paris.

Que pensez-vous du système de casting très anglo-saxon qui consiste à faire revenir les candidats plusieurs fois pendant des mois avant la création du spectacle ?
A Londres, quand il s’agit des grosses comédies musicales, le casting dure toujours très longtemps. Le principe du casting est de toutes façons difficile. Ce n’est pas juste en rapport avec la voix ou le talent mais avec le physique, l’alchimie avec les partenaires, la possibilité d’intégrer harmonieusement une troupe. Tout ça est très compliqué. De là à ce que ça dure des mois et des mois, c’est peut-être beaucoup. Mais je comprends que, pour des gros spectacles comme Les Misérables ou Le Roi Lion, il y ait quatre ou cinq tours. J’ai des amis, à Londres, qui sont déjà allés jusqu’à cinq tours et qui n’ont pas été pris. C’est difficile mais je crois, malheureusement, que ça fait partie de notre métier. En revanche l’avantage de Londres, c’est que les auditions y sont beaucoup mieux organisées. Elle peuvent être ouvertes et donner ainsi leur chance à tout le monde. En France, le plus souvent, on n’est pas au courant des auditions. Ca passe beaucoup par le copinage. Mais il y a une évolution. Une solidarité se met en place. Et on peut trouver de plus en plus de sites Web qui annoncent les castings.

A en juger par le répertoire que vous interprétez, vous aimez la comédie musicale.
C’est vrai que j’adore ça. En Angleterre, on baigne là-dedans. On ne se pose même pas la question, c’est là. Le premier film que mes parents m’ont emmenée voir, c’est La mélodie du bonheur. J’avais déjà vu Mary Poppins avant, à la télé. Mon idole, c’était Julie Andrews. C’est toujours mon idole d’ailleurs. J’adore sa voix.

Parmi les spectacles musicaux auxquels vous avez participé, lesquels vous ont marquée ?
Même si les spectacles dans lesquels j’ai joué n’ont pas forcément toujours eu beaucoup de retentissement, j’ai toujours pris un plaisir fou à les faire. Par exemple, je reviens juste d’une tournée de cinq semaines au Japon avec « The Broadway Musical Company ». C’est une troupe avec beaucoup d’anglophones. On a joué dans des salles immenses et ce qu’on faisait sur scène était de très bonne qualité. J’ai aussi fait une comédie musicale pour enfants qui s’appelait Le bal des animaux. J’ai tourné pendant deux ans avec ce spectacle réalisé dans le cadres des « Jeunesses Musicales de France ». J’ai aussi un super souvenir de Pocahontas, le spectacle de Disneyland Paris où je jouais le rôle-titre. J’ai beaucoup appris de cette expérience. Et puis, il y a eu aussi Parce que je vous aime, la revue à laquelle j’ai participé à La Nouvelle Eve, un lieu mythique. Beaucoup des artistes de la troupe étaient issus de Tintin qui devait se monter à Paris et qui, finalement, ne s’est pas fait. J’ai été très heureuse de travailler avec eux, tant au niveau humain qu’artistique.

Vous avez tout de suite pratiqué les trois disciplines de la comédie musicale ?
Non. Au départ, je voulais être danseuse. J’ai donc commencé par le ballet. Mais très vite, je suis passée au chant. L’école où j’ai fait ma scolarité était très ouverte sur les arts. On avait une super directrice qui m’a encouragée à faire du chant. J’ai commencé à faire du lyrique à partir de quinze ans. J’ai passé un examen que j’ai eu avec les félicitations du jury, tout en participant à la chorale. Mais je ne peux pas dire que j’ai eu une formation de comédie musicale. C’est quelque chose que j’ai appris sur le terrain. En arrivant en France, j’ai compris qu’il fallait quand même que je prenne des cours, que je fasse des stages. Ca m’a permis d’apprendre des choses sur moi. La dernière révélation que j’ai eue, c’est la comédie. Frédéric Baptiste, le metteur en scène d’Estelle Bright, m’a vraiment fait comprendre ce que je pouvais faire en tant qu’actrice. C’est un très bon metteur en scène et, surtout, un super directeur d’acteur. Aujourd’hui, je peux vraiment dire que je suis chanteuse comédienne, ce que je n’osais pas faire avant.

Avez-vous d’autres projets ?
Je rêve parfois à un Estelle Bright 2 mais j’aimerais déjà aller plus loin avec celui-là.

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