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Sophie Delmas – Les bonheurs de Sophie

Le lundi 1 décembre 2003 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Sophie Delmas ©DR

Sophie Delmas ©DR

Sophie Delmas, comment avez-vous démarré dans ce métier ?
J’ai déjà 17 ans de carrière, avec un vrai parcours d’artiste construit petit à petit. J’ai commencé en 1987 en chantant dans des grands orchestres dans le Sud-Ouest. J’ai une voix naturelle que je tiens certainement de ma grand-mère, mes grands-parents étaient chanteurs d’opéra et d’opérettes. J’ai ensuite passé deux ans au Studio des Variétés. Notre professeur de scène, Guy Bontempelli, a monté un trio vocal dans le style Andrews Sisters, un peu rétro. On a fait des galas. Après, je me suis complètement investie dans les piano-bars parisiens. En 1996, j’ai participé aux choeurs Gospel de Mariah Carey à Bercy, une très belle expérience. Plus tard j’ai aussi joué dans Le Conte de Noël, une très belle comédie musicale pour enfants. J’ai également rencontré François Valéry avec qui j’ai fait un premier single.

A propos de François Valéry, vous avez joué dans sa comédie musicale L’ombre d’un géant l’année dernière au Théâtre Mogador…
Excellent souvenir humain, nous étions une troupe très soudée, j’y ai développé beaucoup d’amitiés. On était très tristes car on a beaucoup travaillé pour malheureusement peu de temps : 42 représentations. Ce fut dur parce que François Valéry s’est battu pour monter ce spectacle, il était le seul producteur et a beaucoup perdu. Je crois qu’il y avait de très belles choses dans ce spectacle mais nous n’avons pas été médiatisés. Il y avait, bien entendu, des faiblesses. Si François avait eu les moyens financiers nécessaires, je pense qu’on aurait pu travailler davantage certaines choses pour aboutir à un très bon spectacle.

Comment avez-vous vécu cet  » échec  » ?
Nous ne l’avons pas vécu comme cela, mais c’est vrai que pour les gens du métier, c’était un échec. Et cet échec m’a poursuivie. Quand je me présentais à une audition, j’avais un peu l’étiquette François Valéry, un peu has been, liée à un spectacle qui n’a pas marché. Finalement, avoir été l’une des têtes d’affiche de ce spectacle m’a desservi, surtout que dans ce métier, les gens sont superstitieux…

Vous avez tout de même réussi à intégrer la troupe de Autant en emporte le vent
Ce ne fut pas simple ! J’ai passé le casting quelque temps après L’ombre d’un géant. J’ai été dégagée tout de suite, comme d’ailleurs tous les chanteurs de L’ombre qui se sont présentés. Quatre mois plus tard, lors d’une soirée, le hasard a voulu que je bouscule Dove Attia (co-producteur de Autant en emporte le vent). Je ne savais pas que c’était lui ! On s’est présenté, on a discuté un petit moment. Il m’a demandé pourquoi on ne m’avait pas retenue au casting. Deux jours après, j’ai été rappelée. On m’a demandé de venir chanter  » Putain  » que j’ai appris la veille au soir. Je me suis présentée, et là j’ai mis tout ce que j’ai pu : on n’a pas deux chances pour rien. Et j’ai eu le rôle.

Aviez-vous vu le film ?
C’est un film que j’ai beaucoup aimé mais, très honnêtement, je trouve qu’il a vieilli. Il y a des choses magiques dans ce film, et les acteurs restent mythiques comme Clark Gable, Leigh, Havilland. C’était très ambitieux d’oser l’adapter.

Justement, que pensez-vous de l’adaptation qu’en a faite Gérard Presgurvic ?
Je vais essayer d’être objective : je crois que dans l’essentiel, on s’en tire bien. En ce qui concerne les chansons, j’en aime certaines et pas d’autres. Il manque sans doute des titres plus « pêchus », mais en même temps l’histoire est comme ça : plus émotionnelle, psychologique, qu’un truc tout feu tout flamme. Je sais que Gérard a travaillé dans l’urgence et que cela se ressent peut-être dans certaines chansons. En tout cas, c’est un très beau spectacle visuel grâce aux décors magnifiques et au travail de mise en scène de Kamel Ouali. Je suis très fière d’en faire partie.

Kamel Ouali a l’air de faire l’unanimité dans la troupe…
Je ne vois pas comment on pourrait ne pas l’aimer ! C’est un vrai plaisir de travailler avec lui. On n’a jamais répété dans la tension malgré la canicule. C’était extrêmement difficile, nous étions dans un gymnase, il faisait 50 degrés. On a vécu des moments dramatiques, on était au bout du rouleau et il fallait continuer. Il y a des fois où je me disais  » il ne va pas s’en sortir, on est en retard, il manque trop de choses à monter « , et, à la première, j’ai été ébahie de voir que Kamel y est arrivé. Il remporte la palme.

Vous semblez prendre beaucoup de plaisir à interpréter votre personnage, Belle Watling…
Ce n’est pas évident d’être la putain du spectacle ! J’ai essayé d’en faire un personnage classe et attachant, surtout pas vulgaire. J’ai voulu lui donner une identité haute en couleurs. J’ai la chance d’avoir des chansons théâtrales qui permettent de rire, de se lâcher. Kamel m’a fait un tableau magnifique, décors, lumières, couleurs, on m’a gâtée. Pour beaucoup de gens, c’est le plus beau tableau. Il se passe quelque chose de spécial, tout d’un coup c’est très sexy alors que le spectacle n’a pas du tout cette tendance. Je m’amuse beaucoup et j’essaye de le communiquer au public. Bien sûr c’est un peu frustrant de n’intervenir que dans deux tableaux. Mon bonheur c’est d’être sur scène, de communiquer et d’échanger avec le public. Je ne vous cache pas qu’une ou deux chansons de plus m’auraient comblée. Mais, d’un autre côté, mon personnage est déjà plus présent que dans le film !

Pensez-vous que votre prestation particulièrement appréciée et remarquée puisse vous servir de tremplin ?
C’est vrai que je n’ai que des retours positifs, ça fait vraiment du bien. Un tremplin bien sûr, tout le monde l’espère, mais je ne suis plus du tout persuadée que cela suffise. Dans toutes les autres comédies musicales il y avait des artistes merveilleux, et à de très rares exceptions, ils rament tous.

Quels sont vos goûts en matière de comédie musicale ?
Je connais surtout la comédie musicale à travers les films musicaux. J’ai des références comme Moulin Rouge, j’ai une passion pour Victor, Victoria et Yentl. Plus branchés et plus jeunes : Dirty Dancing, Footloose… Je suis très heureuse maintenant de faire partie de ce petit monde de la comédie musicale !

Avez-vous déjà songé à l’après Autant en emporte le vent ?
Je vais travailler à la conception d’un one-woman show entre le cabaret, le cinéma et la variété avec des reprises, des choses qu’on a aimées il y a très longtemps et qu’on n’entend plus, des reprises de Yentl par exemple, mais aussi avec des chansons originales. J’aimerais amener les gens dans le monde du cinéma, de la comédie musicale, avec un fil conducteur, une histoire. Je suis en train de m’entourer. Depuis dix ans, on me dit que j’ai la fibre d’une comédienne. Jusqu’à maintenant je m’étais uniquement préoccupée de chanson, mais maintenant j’ai bien l’intention de me consacrer aussi à la comédie. Mon one-woman show sera un bon début pour me tester, la comédie y aura une grande place.

Et une autre comédie musicale ?
Je ne suis hélas, pas très rassurée quant à l’avenir de la comédie musicale en France. Beaucoup de projets meurent avant d’exister. Maintenant, si un magnifique projet comme Autant en emporte le vent se profile à l’horizon et qu’on me dit  » on aimerait vous voir dans le rôle principal « , franchement je ne dirai pas non !

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