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South Pacific fête sa 500ème !

Le samedi 13 juin 2009 à 8 h 57 min | Par | Rubrique : En bref

Lundi 1er Décembre 2008 — Artiste lyrique réputé, Paulo Szot a fait ses débuts dans l’univers de la comédie musicale en interprétant le rôle principal dans le revival de South Pacific, cette année à Broadway. Et quels débuts remarqués ! Le spectacle a remporté sept Tony Awards dont celui du meilleur comédien pour Paulo… Il revient avec nous sur cette expérience unique… qui continue toujours.

Paulo Szot © Joan Marcus

Comment êtes-vous devenu chanteur d’opéra ?
J’ai toujours voulu devenir un artiste. J’ai démarré mon éducation musicale à quatre ans mais je voulais devenir un danseur classique. J’ai obtenu une bourse pour étudier la danse en Pologne, le pays de mes parents, mais au bout de quelques mois, je me suis blessé au genou et j’ai dû arrêter. Quelques semaines plus tard, j’ai commencé le chant et depuis, je ne me suis jamais arrêté.

Comment êtes-vous arrivé sur South Pacific ?
Ils recherchaient un chanteur d’opéra pour le rôle écrit initialement pour Ezio Pinza il y a soixante ans. Je chantais à Boston, qui ne se trouve qu’à trois heures de New York. J’ai passé l’audition et… me voilà !

Quel rapport entretenez-vous avec la comédie musicale ? Est-ce un genre que vous aimiez ?
J’ai toujours voulu jouer dans un musical. Je suis en train de vivre ce rêve désormais. J’adore les comédies musicales américaines. Et j’ai été très bien reçu par la communauté théâtrale et le public en Amérique. Cela a été très important pour moi.

Vous n’aviez jamais connu ça à l’opéra ?
Si, j’ai déjà expérimenté cela aussi à l’opéra, particulièrement en France où je suis toujours très bien accueilli et où je me sens accepté par le public. Ce sont des endroits où l’on a toujours envie de revenir. Quand un artiste est bien reçu, cela lui donne la force de continuer. Nous vivons pour plaire au public : s’il est heureux, nous sommes heureux…

Quelle est, pour vous, la différence entre chanter dans une comédie musicale et un opéra ?
La grande différence, ce sont les huit représentations par semaine. Ca ne rigole pas et la concentration est très élevée. Les mercredis et samedis, nous avons même deux représentations dans la journée… C’est quelque chose d’impossible dans le monde de l’opéra.

Chanter huit soirs par semaine, comment s’y prépare-t-on lorsqu’on vient de l’opéra où le nombre de représentations est limité ?
Beaucoup de discipline, une nourriture équilibrée, de l’exercice, du sommeil, pas de fête ni d’alcool… Voilà comment je garde la forme pour ce marathon hebdomadaire.

Comment avez-vous abordé le rôle d’Emile ?
Emile est l’un des plus magnifiques rôles que j’aie jamais interprété. J’ai voulu le jouer juste comme il est : avec honnêteté. Etant un chanteur d’opéra, et pas un acteur expérimenté, c’est ce que je pouvais offrir. Pour ce rôle, j’ai voulu laisser derrière moi toutes mes expériences dans l’opéra, ainsi que mon jeu. J’ai démarré les répétitions ouvert à chaque suggestion que le metteur en scène ou les autres membres du cast pouvaient faire. Cela a fonctionné pour moi, et pour le spectacle.

Quels sont vos moments favoris dans South Pacific ?
Il y a quelques moments que j’aime vraiment : la plupart d’entre eux sont les moments parlés, comme par exemple le discours du départ à la guerre dans le premier acte et la scène avant ma chanson préférée « This Nearly Was Mine ».

Quels sont les meilleurs souvenirs que vous garderez de cette expérience ?
Toute la production ! Ce qui comprend le cast, l’équipe de mise en scène, la reconnaissance, la réaction du public et bien évidement le Drama Desk Award et le Tony Award.

C’était la première fois que vous jouiez à Broadway. Quel regard portez-vous sur la communauté théâtrale de Broadway ?
Comme je l’ai dit, j’ai été accepté comme jamais je ne l’aurais imaginé. Dès le premier jour, le théâtre m’a tout de suite mis à l’aise, de même que mes collègues. Je n’aurais jamais imaginé cet énorme succès pour South Pacific, même plusieurs mois après le Tony Award. Nous affichions complets des mois à l’avance. C’est stupéfiant.

Vous avez remporté un Tony pour votre prestation. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Avant tout, j’étais si surpris de ma nomination puis par le prix que, encore aujourd’hui, j’ai du mal le croire….Ce n’est pas tous les jours que vous entendez Liza Minelli vous appeler sur scène… Vous savez, je n’y pense pas vraiment maintenant. Je me concentre juste sur mon travail et j’essaie de l’améliorer chaque jour. Je veux rendre sur scène ce que j’ai reçu de la part de la communauté théâtrale américaine et du public en donnant le meilleur de moi-même dans chaque spectacle.

Auriez-vous envie de rejouer dans un musical ?
Absolument ! Si le rôle me correspond, pourquoi pas ? C’était l’une des expériences les plus agréables de ma vie.

Quels sont vos projets ?
Je serai de décembre à janvier dans La Veuve Joyeuse à Marseille. Ensuite, je donnerai mon premier spectacle en solo au Lincoln Center le 24 janvier, puis je serai de retour dans South Pacific. Toujours en 2009, je retournerai à l’opéra dans Carmen à Toulouse, puis à Valencia et en 2010, je ferai mes débuts au Métropolitan Opéra dans Le Nez de Chostakovitch dirigé par Valéry Gergiev.

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