Entre le 27 avril et le 2 mai 2000

Opéra de Massy - 1 pl de France, 91303 Massy (RER B Les Baconnets puis bus 119 jusqu'à Place de France ; RER B et C Massy-Palaiseau puis bus 119 ou 319 jusqu'à Place de France ; M° Porte d'Orléans puis bus 197 jusqu'au terminus)
Représentations les 27 et 29 avril et le 2 mai à 20 h

Prix des places : 325 F, 275 F (tarifs Essonne : 260 F, 220 F)

Réservation : 01 60 13 13 13
 
LE TURC EN ITALIE
 
Opéra-bouffe en deux actes de Gioacchino Rossini, livret de Felice Romani
Direction musicale : Dominique Rouits assisté de Stanislas Renoult, mise en scène : Henri Lazarini
Avec : Umberto Chiummo, Olga Pasichnyk, Donato di Stefano, Simon Edwards, Lola Casariego, Jean-François Chiama, Michael Weinius
Orchestre de Massy
 

Cliquez ici pour visiter le site officiel de l'Opéra de Massy

 

Fidèle à une démarche de promotions de jeunes chanteurs, l’Opéra de Massy a réuni une troupe cosmopolite pour monter l’assez rare Turc en Italie (1814) de Rossini. A l’ouverture, l’orchestre a semblé un peu pataud et les voix manquaient de puissance. Heureusement, dès son entrée, la soprano ukrainienne Olga Pasychnik vient galvaniser troupe et orchestre et met le spectacle sur les bons rails. Dans le rôle de Fiorilla, la femme qui s’ennuie de son mari et de son amant, elle incarne à merveille la femme guidée par ses sentiments immédiats et qui ajouterait bien un Turc à son tableau de chasse. Elle illumine la scène de sa présence et tire la troupe vers le haut. Lorsqu’elle s’éclipse, les chanteurs et chanteuses montrent leurs limites et peinent sur les exigences vocales de la redoutable partition. Par la grâce de Olga Pasychnik, on passe une agréable soirée, mais on n'en conservera pas un souvenir immortel. On rêve d'elle mieux entourée, dans le rôle de Suzanne dans Les Noces de Figaro par exemple, où son aisance à tout égard devrait faire merveille.

Quant à évaluer la place du Turc en Italie dans le répertoire, son aspect de jeu intellectuel sur la constance/inconstance de la femme subit la sévère concurrence de Cosi fan Tutte de Mozart, et Ariane à Naxos de Richard Strauss. Ces derniers opéras s'appuient sur des livrets de haute tenue auxquels le Turc se compare défavorablement. Et le coté ludique transparaît à l'identique dans ces opéras à travers d'éblouissantes acrobaties vocales. Même si les représentations de Massy n'ont pas permis d'émettre un avis définitif, il apparaît que le Turc reste davantage une curiosité qu'une grande œuvre du répertoire. Au moins, l'opéra de Massy aura permis de se forger une opinion. Rappelons qu'il se débat encore dans des problèmes de financement. Espérons que cela n'entravera ni la passion, ni le goût du risque, qui sont les traits marquants de son approche de l'opéra en l'absence de moyens mirobolants. Il y a une belle équipe artistique, elle mérite d'avoir les moyens de se développer.
  Thanh Than Trong