A partir du 4 juin 1999 au Théâtre Le Ranelagh, 5 rue des Vignes, 75016 Paris (M° Muette ou Passy).
Représentations du mardi au samedi à 21 heures, le dimanche à 17 heures.
Prix des places : 200 F, 150 F, TR 100 F. Réservations : 01 42 88 64 44, FNAC, Carrefour, Virgin Megastore, kiosques, agences.
 
DU VENT DANS LES BRANCHES DE SASSAFRAS
 
Une pièce de René de Obaldia mise en scène par Thomas Le Douarec. Musique :Serge Franklin. Avec : Maurice Barrier, Marie-France Santon, Jean-Pierre Moulin, Gwendoline Hamon, Sophie Tellier, Charles Ardillon, Philippe Maymat, Yann Reuzeau, Louis Amiel.
 

Méfiez-vous du vent qui souffle dans les branches de sassafras. Car si ce n'est pas du vent alors ce sont plutôt des Indiens qui sifflent et imitent ce bruit tel un signal annonciateur de votre fin prochaine et inéluctable. La misérable famille Rockefeller, colons installés dans le Kentucky, le découvre bien malgré elle, assiégée dans son ranch par les Indiens.

  Cette pièce délirante et génialement écrite par René de Obaldia en 1965 nous propose un voyage au pays des cow-boys et des Indiens sortis tout droit des westerns de série B de notre enfance. On rit de bon cœur aux mésaventures des Rockefeller et de leurs invités : il n'y en pas un moins fêlé que les autres. Le patriarche vert, la matrone médium, la fille nymphomane, le fils rebelle, le médecin imbibé d'alcool, l'Indien rusé, la prostituée artiste, le shérif justicier solitaire, tous ces personnages sont formidablement bien interprétés par une troupe de comédiens au grand talent. "Il est fort agréable pour un auteur dramatique qui n'a plus tout à fait vingt ans de voir son œuvre revisitée par les nouvelles générations", précise de Obaldia et on le comprend sans peine une fois goûté le cru 99 du Vent dans les branches de sassafras. L'auteur ne tarit pas d'éloges sur le metteur en scène Thomas Le Douarec, qui avait déjà réalisé la très remarquée version flamenco du Cid. L'objectif du metteur en scène est d'offrir "au public un grand divertissement qui n'a pas d'autres ambitions, et elles ne sont pas des moindres, que de faire rire et de donner de la joie".
  Sous ses apparences simples, cette nouvelle version de la pièce de Obaldia est si bien travaillée jusqu'au détail près que les différents arts du spectacle vivant s'enchaînent naturellement pour offrir un spectacle complet de comédie, de chant et de danse. Ces deux derniers éléments ne sont pas les plus marquants car ils surgissent peu de fois en comparaison avec une véritable pièce de Théâtre Musical.
 

Les quelques chansons arrivent à point nommé pour renforcer l'aspect comique d'une situation tel que le duo entre la jeune fille de la maison et le beau shérif ténébreux - Stone et Charden n'ont qu'à bien se tenir ! Les morceaux musicaux font partie d'un tout plutôt très homogène ou même les bruitages sont réalisés en direct sous nos yeux (dans la baignoire côté cour). …Et si le bruit du vent dans les branches de sassafras n'était pas autre chose qu'un des ustensiles que le bruiteur actionne ? Me voilà rassurée !

Marie Moreau