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Stéphane Huard – Stage Entertainment à la conquête de Paris

Le mercredi 15 mars 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Stéphane Huard © Tristan Paviot

Stéphane Huard © Tristan Paviot

Stéphane Huard, pouvez-vous nous présenter les activités de Stage Entertainment ?
Nos activités s’organisent autour de trois piliers : la gestion de théâtres, la production de spectacles vivants, et l’activité de billetterie. En ce qui concerne la gestion de théâtres, nous avons actuellement 29 théâtres en exploitation, essentiellement en Europe (Pays-Bas, Allemagne, Russie, Espagne) et nous avons la volonté de faire de la France un acteur majeur dans la stratégie du groupe. Au niveau de la production de spectacles vivants, nous avons les droits de certains grands classiques de Broadway, que nous adaptons à chaque fois dans la langue locale du pays dans lequel nous les produisons. Enfin, en ce qui concerne la billetterie, TopTicketLine commercialise la billetterie correspondant à nos spectacles.
Nous avons donc une main sur l’ensemble de la chaîne. Et si l’on travaille correctement sur ces trois piliers, nous donnons le maximum de chance à nos spectacles.
En France, nous travaillons donc sur ces trois domaines, cela se traduit par le rachat du Théâtre Mogador, la production de Cabaret en 2006 et l’ouverture de TopTicketLine France.

Comment s’est décidée l’implantation de Stage Entertainment sur le marché français ?
Paris est une ville qui intéresse Stage Entertainement depuis longtemps. C’est la ville des spectacles en Europe, après Londres. C’est là qu’on veut s’implanter quand on est un acteur majeur du théâtre européen. Le déclencheur pour l’implantation de Stage Entertainment à Paris a été l’opportunité du rachat du Théâtre Mogador. C’est une occasion qui ne se présente pas tous les jours.

Parmi tous les spectacles dont vous gérez les droits, comment votre choix s’est-il porté sur Cabaret ?
Nous avons beaucoup réfléchi à ce que nous voulions amener à Paris en priorité. Nous sommes allés voir Cabaret qui a ouvert le 14 février dernier à Amsterdam, dans la mise en scène de Sam Mendes, et toute l’équipe a été séduite. Nous nous sommes dits que Paris était prêt à accepter ce spectacle. A Madrid où le spectacle se joue depuis octobre 2003, il a déjà été vu par plus de 600 000 spectateurs. Chez Stage, ça bouillonne et la volonté d’avancer est très forte. Dans un souci de réactivité, nous avons décidé de permuter Cabaret avec Le Roi Lion, désormais prévu en 2007.

Vous êtes-vous interrogés sur le fait qu’il y avait eu deux productions de Cabaret à Paris, par Savary à Mogador ?
Bien sûr, nous avons réfléchi à ce qui avait été fait avant. La première version de 1987 avec Ute Lemper a très bien marché, celle de 1995 a eu moins de succès. Mais cela nous a évoqué deux choses. La première, c’est que Cabaret est désormais un grand classique en France. La deuxième, c’est que, si on revient avec ce spectacle, on doit faire différent. En ça, la mise en scène de Sam Mendes nous intéresse, avec son décor épuré, son traitement très moderne… Dans cette version, le Kit Kat Klub, qui était présent dans le film et la pièce, envahit le théâtre et offre une totale interactivité avec le spectateur. Ce sont toutes ces raisons qui nous ont donné envie de faire venir Cabaret à Paris. Le spectacle sera entièrement en français, avec des artistes français, car les talents sont ici, nous n’avons pas besoin de les chercher ailleurs.

Pour la distribution de Cabaret dont le casting va commencer bientôt, quelle est votre politique ? Allez-vous rechercher des têtes d’affiche ?
Notre positionnement, c’est la qualité. Nous voulons le meilleur interprète possible pour le rôle. On ne privilégie pas une tête d’affiche pour des besoins marketing. Bien sûr, on aimerait avoir une tête d’affiche, et si un artiste connu est intéressé et qu’il répond aux besoins du rôle, nous serons ravis, mais ce n’est pas notre priorité.

Pouvez-nous dire où en est Le Roi Lion qui était prévu au départ pour Mogador cet automne ?
Nous avons pris la décision de faire des travaux importants. Le théâtre étant classé et l’Orchestre de Paris étant là-bas jusqu’en juin, nous avons pris la décision de reporter le spectacle d’une saison. La bonne nouvelle, c’est que Mogador rouvre en 2006 en accueillant des spectacles tel que Swan Lake qui y reviendra à partir de la mi-novembre. Nous ne voulions pas rester les bras croisés et nous avons donc ouvert le théâtre en location ce qui nous a valu des réactions très positives des producteurs. Les grands travaux auront lieu après et concerneront principalement les lieux d’accueil du public. Nous créerons aussi plus de loges d’artistes. La création du Roi Lion est donc reportée d’un an et arrivera à Mogador à l’automne 2007.

Quand on aborde le marché français sur lequel on a dit tant de choses quant à son rapport avec le théâtre musical, est-ce qu’il y a une appréhension ?
On essaye d’être factuel et rationnel. On sait que le public parisien est un public qui sort, qui est exigeant, qui aime la qualité et qui peut aussi recommander chaudement un spectacle quand il est séduit. Alors bien sûr, il y a des rabat-joie sur la place de Paris, mais on n’en tient pas compte et on avance. La campagne d’affichage de Cabaret vient de commencer, le bouche-à-oreille démarre déjà et nous recevons beaucoup d’encouragements. Mais on garde la tête froide. On sait ce qui marche dans les autres pays européens : Cabaret est un succès dans un pays nordique comme les Pays-Bas et un pays latin comme l’Espagne. Il n’y a pas de raisons que ça ne marche pas en France. Et pour un public cultivé comme l’est le public parisien, le fait que Sam Mendes signe la mise en scène peut faire la différence.

Pouvez-vous nous parler des projets de Stage Entertainment France sur un plus long terme ?
Notre objectif est de développer nos trois piliers. Nous avons un pied dans chacun d’eux et nous avons du boulot. Pour 2006, nous passerons notre première étape avec Cabaret, puis en 2007, ce sera Le Roi Lion. Pour la suite, c’est encore tôt mais nous avons identifié des spectacles qu’on aimerait bien voir un jour à Paris, comme Mamma Mia ! ou Billy Elliot.

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