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Thierry Picaut On Broadway

Le jeudi 2 août 2012 à 18 h 47 min | Par | Rubrique : Rencontre

Thierry Picaut

Thierry Picaut (c) Mathias Bord

Quelle a été votre réaction en apprenant que la tournée de Fela! se conclurait par Broadway ?
Un grand étonnement !
Durant la tournée américaine, nous devions jouer à New York au mois de janvier (pas à Broadway, mais tout de même à New York). Malheureusement, pour des raisons inconnues, cela avait été annulé. Après dix mois de tournée à travers les Etats-Unis, nous allions aborder nos deux dernières semaines quand le producteur nous a convoqués et nous a annoncé que, suite au succès de Fela!, nous allions terminer cette grande aventure à Broadway.
A cet instant, je ne peux expliquer ce que j’ai ressenti. C’était incroyable, ce dont j’avais toujours rêvé allait se réaliser, je n’osais y croire. Comment moi – « le petit gars du 77 » – j’allais fouler les planches de Broadway ? Dès que j’ai pu reprendre mes esprits, j’ai immédiatement saisi mon téléphone pour l’annoncer à mes proches et je me suis dit :  « rien n’est impossible ».

Quel était votre état d’esprit avant la première ?
Un grand soulagement ; le processus pour arriver jusque-là n’a pas été évident. Quelques jours avant la première, je n’étais toujours pas sûr d’être en mesure de le faire pour des raisons de Visa. Donc quand le jour de la première est enfin arrivé et que tout était réglé, j’ai enfin réalisé ce que j’étais sur le point d’accomplir.
En arpentant les rues de New York en direction du théâtre, en dépassant Time Square et ses lumières, je me disais : « aujourd’hui, je ne suis suis pas ici en tant que touriste, non ! Je vais au travail ! ». La chanson qui résonnait dans ma tête était bien entendu « On Broadway ». A ma première entrée sur scène, j’ai été parcouru de frissons, je me trouvais face au public new-yorkais qui est exubérant, expansif, tout simplement incroyable.

Vous avez donc foulé les planches de Broadway. Quel effet cela procure ?
Je me dis que tout le travail de ces dernières années n’a pas été vain. C’est une chance et une opportunité incroyable, mais je ne considère pas pour autant avoir atteint le sommet de la montagne. Il me reste tant à accomplir et tant à apprendre encore. Broadway restera un moment inoubliable dans ma carrière. Je sais également à quel point c’est fluctuant dans ce métier, donc je continue de rêver et de me donner les moyens de réaliser mes rêves.
J’espère simplement que ce n’est qu’une page de ma vie et qu’il m’en reste beaucoup d’ autres toutes aussi belles à écrire. Travailler à l’étranger, notamment à Broadway, m’a beaucoup appris. Je me sens plus fort, grandi. Cette  expérience a été très enrichissante même si ça n’a pas été évident tous les jours.
Vous avez joué le spectacle à Londres, en tournée et maintenant à Broadway. Avez-vous ressenti une différence sur scène et dans la salle ?
Oui. Chaque pays, et chaque ville, possède des codes différents et montre son enthousiasme de manière unique. Le public américain est définitivement le plus démonstratif. Les commentaires, les rires fusent dans la salle. Etant donné que ce show appelle l’interaction, c’est d’autant plus fort. En Angleterre, le public est un peu plus réservé, mais sait se départir de sa réserve pour s’impliquer dans le spectacle, comme lorsque dans le show nous demandons au public de se lever et de nous montrer leur déhanchement ; les Anglais ont été surprenants ! Ces différences d’un pays à l’autre peuvent surprendre mais très vite on comprend qu’un public même silencieux peut tout autant apprécier un spectacle, parfois plus que le public extra sonore.
Après Mogador à Paris, le National Theatre à Londres, le Hirschfeld Theatre à Broadway, où aimeriez-vous jouer maintenant ?
Très bonne question ! Je ne sais pas encore mais j’y réfléchis. J’espère revenir aux Etats-Unis tenter de nouveau ma chance, ou bien encore à Londres. Mais ce qui m’attire vraiment en ce moment, c’est le cinéma.
Après Fela!, vous enchaînez avec Sister Act à Paris. Pouvez-vous nous dire un mot sur cette nouvelle aventure ?
Sister Act s’annonce encore comme une formidable aventure. C’est un spectacle que j’adore, je l’ai vu plusieurs fois à Londres : c’est époustouflant, dynamique et très drôle. La musique est  disco et funky  à souhait. Je suis impatient de commencer. Le rôle d’Eddie que j’interprèterai dans la version française est un nouveau challenge. Tout à fait différent de tout ce que j’ai fait jusqu’à présent. Le cast français est très prometteur (Kania Allard, Lola Cès, Aurélie Konaté, Mélina Mariale, Yoni Amar, Léovanie Raud, Frank Vincent, Fabrice De la Villehervé, Barry  Johnson et bien d’autres… un tourbillon de talents). Si vous avez aimé le film, vous allez adorer la comédie musicale.
C’est avec une grande émotion que je retourne au Théâtre Mogador, Le Roi Lion a été une étape marquante de ma vie. C’est un peu comme revenir à la maison. Je vous y donne donc rendez-vous à partir du 20 septembre 2012 !

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