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Thierry Quessada – Cocorico !

Le mercredi 1 février 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Talent à suivre

Thierry Quessada ©Nicolas Chatin

Thierry Quessada ©Nicolas Chatin

Thierry Quessada, comment avez-vous rejoint les Caramels Fous ?
C’était en 1997. Pour l’émission « Studio Gabriel » de Michel Drucker, je réalisais tous les portraits des invités. Un jour, j’ai réalisé celui de Salvatore Adamo. Sa maison de disques a beaucoup aimé le reportage. Or, il se trouve que l’attaché de presse s’occupait aussi des Caramels Fous. Il m’a contacté pour me proposer de réaliser le vidéo-clip d’un titre qu’ils sortaient en CD single. Voilà comment je les ai connus. Je suis ensuite allé voir tous leurs spectacles Mamma Rosa, Les aventures de l’archevêque perdu et La bête au bois dormant. Et là, j’ai craqué ; l’ambiance qui régnait dans cette troupe me paraissait tellement géniale qu’il fallait que j’en fasse partie. J’en ai parlé à Michel Heim. A l’époque, il n’y avait pas d’audition préalable. Je n’avais jamais fait de scène mais j’avais pratiqué le chant pendant neuf ans dans la chorale d’un conservatoire de musique et puis, j’adore la comédie musicale. Quatre mois plus tard, j’ai retrouvé la troupe à la Cigale pour ma première répétition. Depuis, j’ai joué dans La vie rêvée de Solange, La revue qui va faire mâle et enfin Les dindes galantes.

Comment est né votre dernier spectacle, Les dindes galantes ?
Un jour, Michel Heim est arrivé avec ce titre en référence aux Indes galantes de Rameau. On a tous éclaté de rire. A partir de ce titre, nous avons fait un brainstorming pour trouver des chansons que nous pourrions détourner et qui auraient plus au moins un lien avec la volaille. J’ai été le premier à en proposer une : « Dindons run run » à partir de « Da dou ron ron » de Sylvie Vartan ! Il y en a plein d’autres qui ont été proposées : « La danse des canards » évidemment, « Mexico » devenue « Cocorico », « Foule sentimentale » devenue « Poules sentimentales »… Michel a pris tous ces titres et il est revenu de vacances avec un script complètement écrit.

Monter un tel spectacle vous a pris combien de temps ?
C’est deux ans de travail. Quatre mois d’écriture et un peu plus d’un an et demi pour monter le spectacle à raison d’une répétition hebdomadaire de trois heures et d’un week-end sur deux. Il faut donc être sacrément disponible d’autant qu’en plus des répétitions, chaque Caramel doit s’impliquer dans au moins un des ateliers annexes : communication, décors, costumes, accessoires.

Pouvez-vous nous faire un petit résumé des Dindes galantes ?
Je dirais que c’est un petit peu l’univers de Chicken run avec un zest de Priscilla, folle du désert ! Ca se passe dans la basse-cour où nous interprétons tous des volatiles (poules, dindes, dindons, canards, oies, pintades) ; chaque famille de volatiles représente une partie de la société humaine. Le spectacle commence au moment de la mort du vieux coq, la basse-cour est complètement désorganisée. Arrive un jeune coq tout content de prendre la place du chef. Sauf que la première chose qu’on lui demande, c’est de procréer en honorant les poules, or les poules ce n’est pas trop son truc… De là, toute une série de quiproquos mêle les différents personnages, avec plein de petites histoires parallèles qui se greffent à l’histoire principale.

Et ce fameux coq pas comme les autres, c’est vous…
Quel rôle, j’ai beaucoup de chance ! Je m’amuse beaucoup à l’interpréter. Mais la période de création a été assez difficile. Sur tous les spectacles des Caramels, pendant les répétitions, on privilégie le travail de groupe au travail individuel. Du coup, ceux qui décrochent un rôle de soliste doivent avancer seuls de leur côté le travail sur leur personnage. L’existence même de mon personnage n’a vu le jour qu’un mois et demi avant la première, les indications changeaient tout le temps, c’était assez stressant. Mais aujourd’hui je me régale à un tel point que je ne suis pas sûr de retrouver un spectacle qui m’apportera autant de bonheur que celui-là et surtout un tel rôle en or.

En plus d’interpréter le personnage central du spectacle, vous êtes aussi le directeur communication de la troupe…
C’est un autre rôle qui me tient très à coeur. Jusque-là, la communication de la troupe ne reflétait pas son ambition. Je suis très fier d’avoir contribué à l’améliorer par la réalisation de vidéos qu’on retrouve sur le site et sur un DVD promotionnel, du programme et que nous ayons réussi à trouver à un attaché de presse qui nous a permis de faire une vraie campagne de communication auprès des médias. Ca nous donne une meilleure visibilité, ça renforce notre crédibilité et ça fait pro !

Alors que vous êtes une troupe « amateur », comment expliquez-vous que les spectacles des Caramels Fous soient d’un niveau aussi professionnel ?
Par la volonté et la passion. Nous avons aussi un haut niveau d’exigence avec nous-mêmes, nous nous remettons continuellement en cause jusqu’à ce que le spectacle soit nickel. Et puis, nous avons la chance d’être encadrés par des professionnels de grande qualité qui croient énormément en nous. En plus de Michel Heim à la mise en scène, nous avons une chorégraphe, Nadine Féty, la véritable pile énergétique de la troupe, et un professeur de chant/chef de choeur, Nicolas Kern, qui est arrivé à notre demande pour que la qualité vocale soit au moins équivalente à ce qu’on est capable de donner dans les chorégraphies.

Même si vous êtes bénévoles, la production d’un tel spectacle a un coût. Comment vous financez-vous ?
Il faut que nous fassions environ 9 000 euros de recette par représentation pour juste rentrer dans nos frais : location de la salle, techniciens lumières, son (on a une régie façade et une régie scène, 21 micros HF), transport des décors, billetterie, communication. Il faut aussi pouvoir payer nos salles de répétitions et les professionnels qui nous encadrent pendant les deux ans de préparation du spectacle et les arrangements musicaux des quarante morceaux ! Normalement, la vente des billets de nos vingt représentations doit permettre de financer les deux ans de création. Mais aujourd’hui ça ne suffit plus. Il faut que nous arrivions à trouver des fonds ailleurs : mécénat, partenariat, subventions… mais avec notre statut d’amateur c’est très difficile. Du coup, là nous allons faire un grand pari, on va multiplier par deux le nombre de représentations des Dindes galantes puisque nous rejouons en novembre. Si nous arrivons à avoir suffisamment de spectateurs, nous réussirons à équilibrer le budget, sinon la compagnie sera dans une situation difficile.

Et jouer sur une plus longue période consécutive pour récolter les fruits du bouche à oreille, proposer le spectacle en province…?
Nous nous heurtons principalement à un problème de disponibilité des uns et des autres. On nous a déjà proposé d’être présents pendant deux ou trois mois dans un théâtre parisien mais avec nos métiers respectifs dans la journée, on ne peut pas tenir le rythme sur une aussi longue durée. En revanche, nous commençons à réfléchir à d’éventuelles dates en province.

Un nouveau spectacle des Caramels est-il déjà en préparation ?
On sait que Michel Heim a un nouveau spectacle en tête mais comme le principe de la troupe est d’alterner création et reprise, l’année prochaine on reprendra La bête au bois dormant avec beaucoup de changements dans la mise en scène (il avait été créé avec 22 personnes sur scène, là nous serons 30), le travail vocal et les arrangements musicaux.

Cette expérience au sein des Caramels Fous vous a-t-elle donné l’envie de devenir artiste professionnel ?
Ca m’a un peu titillé mais sans plus, ça n’a jamais été mon ambition. Maintenant, comme j’adore la comédie musicale, chanter et danser, si on me fait des propositions, je ne dirai peut-être pas non !

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