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Tim Rice – Légende

Le mardi 1 janvier 2008 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Tim Rice ©DR

Tim Rice ©DR

Dix ans après la création du Roi Lion, quel regard portez-vous sur ce spectacle ?
J’apprécie d’aller à différents endroits avec ce spectacle. Pour être honnête, après avoir travaillé sur le film puis sur le spectacle, je n’ai pas eu grand-chose à faire en ce qui concerne Le Roi Lion, car les lyrics sont soit chantés en anglais, soit adaptés par d’autres. Moi, je n’ai qu’à me tenir disponible pour des interviews, et venir voir le show ! Je suis très intéressé par le fait de voir comment le spectacle marche dans d’autres pays.

Vous vous déplacez systématiquement pour voir les nouvelles productions de vos spectacles ?
Je vais seulement en voir un petit pourcentage, car il y en a beaucoup. Tout dépend si la mise en scène du spectacle est nouvelle et intéressante.
Pour Le Roi Lion, toutes les productions sont les mêmes. Il n’y a pas de différences entre la version japonaise, sud-africaine ou américaine, à part la langue. Mais ça marche très bien comme ça, pourquoi changer ?
Mais les autres shows que j’ai écrits, comme Evita, Jesus-Christ Superstar, Joseph [and The Amazing Technicolor Dreamcoat] ou Chess, peuvent être montés de façon complètement différente. Si la nouvelle mise en scène me semble intéressante, j’y vais… Et je vais être honnête, si c’est un pays que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter, je n’hésite pas !

Que ressentez-vous quand vous entendez vos paroles dans une autre langue ?
Ce que j’aime quand j’entends mes paroles dans une autre langue… c’est que je peux me concentrer sur la musique… Si j’entends mes mots chantés en anglais, j’ai tendance à penser : « peut-être que je pourrais changer ça… peut-être que là, ce n’est pas très bon… ». Mais si je l’entends en français ou en allemand, même si je comprends la traduction, je ne commence pas à remettre en cause la qualité du texte. Je peux écouter entièrement la musique, et celle du Roi Lion est très bien !
C’est agréable aussi de ne pas avoir à se soucier du fait que les interprètes puissent oublier les paroles ! C’est surtout le pauvre adaptateur qui doit s’inquiéter ! Pas moi !

Quelle place occupe Le Roi Lion au sein de votre oeuvre ?
C’est sans aucun doute le spectacle qui a eu le plus grand succès, du moins en ce qui concerne la production originale. Mais dans cinquante ans, je ne sais pas si Le Roi Lion sera joué autant que Jesus-Christ Superstar ou Evita le sont aujourd’hui. Le Roi Lion repose autant sur sa mise en scène que sur la musique et les paroles, ce qui est moins vrai pour Evita ou Chess. Ce serait intéressant de voir si Le Roi Lion, au final, pourra être joué partout, dans une autre mise scène. Je l’espère car les chansons qu’Elton et moi avions écrites pour le film sont très connues. Je pense que certaines d’entre elles vont certainement rester mais il est trop tôt pour le savoir.

Avec Andrew Lloyd Webber, vous avez notamment écrit Jesus-Christ Superstar et Evita, qui ont popularisé voire introduit le style pop dans le théâtre musical… Pensiez-vous au moment où vous les écriviez qu’ils marqueraient un tel tournant ?
Nous écrivions des musicals dans un style différent, de toute évidence, de ce que le public semblait apprécier. Mais quand nous écrivions, nous ne pensions pas que c’était « révolutionnaire », nous faisions juste ce que nous voulions faire. C’est vrai que c’était différent de ce qui avait été fait avant, mais d’un autre côté, et ça peut sembler bête, ils étaient néanmoins dans une certaine tradition du théâtre musical. Nous avions tous les deux du respect pour les grands auteurs de musicals du passé comme Rodgers et Hammerstein, Lerner et Loewe mais nous y avons ajouté notre touche contemporaine. Et aujourd’hui, comme Rodgers et Hammerstein, nos musicals sont restés. C’est très gratifiant de voir que les gens continuent à jouer Jesus-Christ Superstar, Evita ou Joseph un peu partout dans le monde… sauf en France (rires) !

Quand avez-vous commencé à vous intéresser au théâtre musical ?
A vrai dire, je n’étais pas vraiment intéressé par le théâtre quand j’étais enfant ; j’étais plus intéressé par la pop, le rock. Quand j’ai rencontré Andrew au milieu des années 60, c’est lui était très intéressé par le théâtre. C’est la combinaison de mon rock n’ roll et de son théâtre qui a donné ce que nous avons écrit et qui fait que, finalement, nos musicals étaient différents.

Avec Benny Anderson et Björn Ulvaeus (pour la musique), vous avez écrit Chess, qui a été un succès à Londres, mais un flop à Broadway. Vous n’avez jamais songé à le réécrire ?
Nous faisons une nouvelle production, en version concert au Royal Albert Hall, le 13 mai prochain. C’est très souvent joué mais nous n’avons jamais réussi à être satisfaits du livret.
Je pense que ça marche en concert mais que nous avons fait une erreur lors de la production théâtrale originale et que le spectacle ne s’en est jamais vraiment remis ! Mais ça marche bien dans certains endroits et la musique est un réel succès.

Vous avez également adapté en anglais Starmania, qui est devenu Tycoon. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?
J’ai été contacté par Michel Berger et Luc Plamondon pour adapter Starmania. J’avoue que je ne connaissais pas ce spectacle avant. Nous avons enregistré l’album en anglais, et c’était plutôt un bon album mais nous n’avons jamais développé la version scénique. Ca s’est joué une ou deux fois en anglais, dans ce théâtre-même [à Mogador, en 1994, quelques représentations ont été données en anglais] mais c’est tout. Je pense que l’album était très intéressant mais qu’il aurait été encore meilleur si nous avions joué le jeu jusqu’au bout et que les chanteurs avaient vraiment interprété les personnages [NDLR : sur l’album, ce sont parfois des chanteurs différents qui interprètent les chansons attribuées ordinairement à un même personnage]. Nous avions des interprètes formidables : Cyndi Lauper, Tom Jones ou Peter Kingsbery, mais les chansons, telles qu’elles étaient présentées, faisaient de cet album un simple « album pop » qui a très bien marché en France. Le single de Cyndi Lauper a été un grand succès en Angleterre.
J’ai beaucoup apprécié de le faire et je me dis parfois que ce serait génial de monter le spectacle en entier en anglais.

Pouvez-vous nous parler de vos projets ?
Je suis en train d’écrire un nouveau projet sur Machiavel. Je ne sais pas encore si ce sera une pièce ou un musical. J’écris des chansons pour un film qui s’appelle The Nutcracker. Je reviens juste du tournage qui a lieu à Budapest.

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