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Toi c’est moi

Le mardi 3 janvier 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers, Théâtre musical

Lieu : Athénée - Théâtre Louis Jouvet - Square de l?Opéra-Louis Jouvet, 7 rue Boudreau 75009 Paris - Métros Opéra, Chaussée d?Antin, Havre-Caumartin, Madeleine
Dates : du 8 décembre 2005 au 14 janvier 2006
Horaires : mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, dimanche à 16h

Comédie musicale en deux actes
Livret : Henri Duvernois
Lyrics : Albert Willemetz et MM. Bertal, Maubon et Champfleury
Musique : Moïse Simons
Créée le 19 septembre 1934 au Théâtre des Bouffes-Parisiens à Paris
Version pour 10 chanteurs et 10 musiciens

Mise en scène : Stéphan Druet
Direction musicale : Benjamin Lévy
Avec : Loïc Boissier, Gilles Bugeaud, Marie-Louise Duthoit, Emmanuelle Goizé, Jennifer Tani
Instrumentation : Thibault Perrine
Scénographie : Florence Evrard
Costumes : Elisabeth de Sauverzac
Lumières : Philippe Lacombe
Chorégraphies : Alma de Villalobos

Petit coup de déprime ? Envie de contrées exotiques ? Alors soit vous achetez un ticket pour l’île Princesse, soit ? et je vous le recommande chaleureusement ? vous prenez un billet pour Toi c’est moi : dépaysement garanti, la musique et les rires en plus (et sans supplément). Cette nouvelle production de la compagnie de Brigands est une belle réussite. A partir d’un texte des années 30 qui abonde en double sens grivois, la troupe, menée de main de maître par Stephan Druet, entraîne le spectateur sur un rythme alerte, indispensable pour ce genre d’oeuvre. En effet, le livret simplissime et la bonne dose de gauloiserie pourraient donner lieu à une représentation lourde et pesante. Rien de tel ici, le spectacle nous emporte dans un réel tourbillon grâce aux talents conjugués de toute cette troupe vraiment épatante. La direction musicale de Benjamin Lévy donne à la partition toute sa brillance, la musique coule avec une souplesse remarquable. De plus, Toi c’est moi appartient à ce type d’oeuvres qui nécessitent d’être servies par des « natures » et, de ce point de vue, la compagnie ne manque pas de tempéraments ! Une Marie-Louise Duthoit et un Gilles Bugeaud totalement déjantés électrisent la salle avec le célèbre duo des « palétuviers ». Sans se limiter à citer ce morceau de bravoure, chacun des chanteurs trouve dans son rôle les moyens de s’en donner à coeur joie et tous méritent d’être applaudis. Quant aux esprits chagrins qui pourraient reprocher à cette opérette son esprit très vieille France, et ses clichés sur le « bon vieux temps des colonies » (hasard des calendriers, ce sujet occupe une part de l’actualité politique !), nous répondrons que l’oeuvre doit être replacée dans son contexte historique. En outre, Francine Romain, dans le rôle de la bonne noire Bédélia, balaie d’un seul coup toute arrière-pensée par son interprétation émouvante, servie par une voix extraordinaire, d’une chanson que l’on pourrait taxer de raciste. Le reste est à l’avenant, le spectacle ne faiblit jamais et la salle d’applaudir un final multicolore. Un régal à ne pas louper.

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