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Tout fout l’camp… sauf Flannan Obé !

Le lundi 12 décembre 2011 à 10 h 20 min | Par | Rubrique : Rencontre

Flannan Obé © Grégory Juppin

Flannan Obé, que s’est-il passé depuis Lucienne et les Garçons en 2006 ?
L’année 2006 a été riche : nous avons reçu le prix de la Spedidam aux Molières pour Lucienne, puis nous avons enchaîné avec le festival d’Avignon. Peu de temps après la fin des représentations prévues, j’ai décidé d’arrêter. Le spectacle fonctionnait très bien mais ne me laissait pas le loisir de participer à d’autres projets. C’est le moment où j’ai commencé à travailler avec les Brigands : Arsène Lupin Banquier, La Cour du Roi Pétaud, puis Au Temps des Croisades. Puis il y a eu La Nuit d’Elliot Fall et L’Envers de Décor qui ont été deux gros morceaux, ainsi que L’Île de Tulipatan, l’opérette d’Offenbach, créée à l’Opéra de Rouen cette année et qui sera reprise pour les fêtes à St-Etienne, puis à Besançon et à Vevay (Suisse).

La tournée d’Elliot Fall se termine (il reste une date en janvier 2012) et aucune reprise n’est prévue mais L’Envers du Décor continue son parcours…
Oui, en 2012, le spectacle fêtera les quatre ans de sa création. Il a été joué deux fois au festival d’Avignon. Et il y aura eu deux tournées ; la seconde a lieu en ce moment. Puis, une reprise aura lieu à Paris, au Théâtre du Ranelagh (du 21 janvier au 17 mars 2012) ; c’est un lieu qui convient bien en termes d’acoustique et de rapport entre scène et salle. Nous en avons fait une présentation l’an dernier et depuis, le spectacle n’a pas cessé d’évoluer. J’ai pris beaucoup de plaisir à en écrire les textes.

Après tous ces spectacles où vous partagez la scène avec d’autres, vous voici tout seul sur scène ! Vous fuyez l’ambiance de troupe ou vous cherchez à concrétiser un projet plus personnel ?
J’adore être en troupe, c’est très agréable, donc non, je ne fuis personne ! Le 19 décembre, je serai seul à chanter et à prendre la parole, mais je serai accompagné par un musicien, un vrai partenaire qui construit le spectacle, tout comme le metteur en scène. Il s’agit d’aller au bout d’une envie que j’avais depuis longtemps mais que je n’avais pas concrétisée, car cela demande plus d’énergie de porter un projet seul. Tout est parti d’une réflexion du pianiste (Yves Meierhans, qui accompagne également L’Envers du Décor) qui m’a demandé un jour : « Tu le fais quand, ton récital ? ». Ce moment a été un déclic : j’ai commencé à écrire des choses qui me venaient, à choisir les mélodies que j’aime ; j’ai eu envie de faire quelque chose de personnel qui soit éclectique, tel que je le suis dans mes goûts. Il y a également une démarche artistique qui m’importe en combinant du chant lyrique et des textes réalistes, et même de la danse : j’adore la mélodie française, j’adore la chanson et je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir des barrières infranchissables entre les deux. Bien sûr, il faut œuvrer avec délicatesse, car il y a des styles à respecter, mais on peut se permettre des libertés si elles sont réfléchies. De me dire que les gens viennent pour me voir moi, j’en rêve et… en même temps, c’est une impression étrange, c’est très différent de celle qu’on ressent quand on est plusieurs en scène et qu’on veut tirer son épingle du jeu. Le registre aussi est différent de ce que j’ai pu faire ; ce n’est pas Lucienne, ce n’est pas de l’opérette non plus.

Quel sera le répertoire ?
Il y a des mélodies de Poulenc, Hahn, Franck, Chausson, Ravel, Saint-Saëns… des pièces classiques, donc, mais qui sont des cousines de la chanson, car elles racontent une histoire, même si c’est parfois très court. Et il y a des chansons réalistes, chantées par Damia (dont Tout fout l’camp !, qui donne son titre au spectacle, écrite en 1939 et étonnante d’actualité !) mais aussi jusqu’à des artistes plus récents, comme Jacques Brel. Et aussi une chanson composée par Yves Meierhans sur un poème de Baudelaire. Et des surprises !

Y a-t-il un fil conducteur, un thème ? Tout fout l’camp !, c’est votre cri de révolte ?
C’est la vie qui passe ! Avec de l’ironie, de l’humour aussi ! On sait bien quelle est notre fin, et c’est horrible ! De ce constat, on peut en être triste ou s’en amuser. Il y a toutes sortes de fins possibles : la mort, la fin d’un amour, la volonté de tuer quelqu’un, l’avoir fait, la guerre… Il y aura plein de couleurs différentes avec des contrastes, quelques allusions au music-hall aussi. Et des textes parlés que j’ai écrits. [NDLR : contrairement à ce qui a été parfois annoncé, il n’y aura pas de textes de Céline, Rictus ou Maeterlinck]. Jean-Marc Hoolbecq, le metteur en scène, m’a poussé à avoir une démarche personnelle, à parler de moi, ce qui n’empêche pas que ce soit avec pudeur ou humour, bien au contraire. Je me suis donc senti poussé à écrire, même si ce qu’on a envie de dire est souvent mieux écrit par d’autres… mais ce n’est pas soi. Dans le spectacle, mes textes viennent comme des ponctuations, sous des formes différentes, de vrais petits moments à part.

Comment intervient la mise en scène dans ce récital ?
Jean-Marc Hoolbecq, un chorégraphe que j’ai rencontré en intégrant la troupe des Brigands, est au départ danseur ; il est maintenant professeur au conservatoire et, en particulier, professeur pour des acteurs. Il a donc l’habitude des acteurs et, comme et il est souvent assistant à la mise en scène, il est très attentif au texte. C’est sa transversalité qui m’intéresse : le chant, le texte et le corps, tout à la fois ! C’est stressant de tout gérer, mais ça aide aussi. L’espace qu’offre la scène du Vingtième Théâtre (que je connais bien depuis Lucienne), même si l’acoustique n’y est pas évidente (je chanterai sans micro), permet une amplitude dans le mouvement chorégraphique. Jean-Marc fait également un gros travail pour enlever des tics ou des postures qui me sont devenues trop caricaturales ou attendues. Ça me fait progresser en tant qu’artiste.

Vous êtes également à l’affiche d’Elle était une fois ? Comment vous êtes-vous retrouvé co-auteur du spectacle d’Anne Baquet ?
Le spectacle a été créé au festival d’Avignon en 2011. Je connaissais Gérard Robert (mari et producteur d’Anne Baquet) car on a joué Lucienne au feu Théâtre du Renard, dont il était le directeur. Puis, on s’est revus à Avignon et, entre-temps j’étais devenu fan d’Anne Baquet : elle chante de façon lyrique mais simplement, et elle m’inspire beaucoup même si on fait des choses différentes. Plus tard, il m’a dit qu’elle et lui cherchaient des auteurs pour un nouveau spectacle. Je lui ai fait parvenir des textes que j’avais déjà écrits et il en a demandé d’autres. Quelques temps après, il m’a proposé de co-écrire les textes et les paroles des chansons. Ce spectacle n’est pas un tour de chant, c’est une histoire de bout en bout : on suit sa vie depuis sa naissance, on la voit grandir, on suit ses amours etc. On a donc co-écrit toute une trame et des paroles. J’ai adoré cette expérience ! J’ai écrit sept chansons au total et j’ai la chance que deux d’entre elles aient été mises en musique par Juliette !

Hormis le spectacle vivant, quels sont vos projets ?
Je vais bientôt signer pour un rôle récurrent dans une nouvelle série télé. Je vous en reparlerai. Pour le moment, je me concentre pour Tout fout l’camp ! le 19 décembre.

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