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Un Été 44: le débarquement musical que l’on n’attendait pas….

Le jeudi 16 juin 2016 à 8 h 33 min | Par | Rubrique : Zoom

Présentation d'Un été 44 le 14 juin, au Comédia. (c) Regard en Coulisse

Présentation d’Un été 44 le 14 juin, au Comédia. (c) Regard en Coulisse

« Je pense que nous sommes peut-être les plus pauvres des douze spectacles de la rentrée ! » S’il est lucide, et en rigole lui-même, Valéry Zeitoun n’en est pas moins peu fier. Et il peut l’être. Dans quelques mois, le spectacle qu’il produit, alignera à son générique, parmi les plus prestigieux auteurs-compositeurs de la variété française. Goldman, Aznavour, Chamfort, Le Forestier, ou encore Yves Duteil ont en effet signé quelques-unes des vingt-quatre chansons d’Un été 44, un spectacle musical inédit donné à partir du 4 novembre prochain au Comédia.
Imaginée par Sylvain Lebel, et dirigée musicalement par Erick Benzi (arrangeur des plus grandes stars françaises), cette évocation de grande envergure, qui tranche avec les comédies traditionnelles, fera se croiser six jeunes anonymes civils et militaires, vivant leurs histoires au cœur de l’Histoire. « Bien au-delà du débarquement, c’est toute l’aventure de la bataille de Normandie que nous avons voulu évoquer » précise Valéry Zeitoun, « ces trois mois qui ont fait basculer le monde vers la liberté et la démocratie ». « Nous avons tous dans nos familles, un témoin de cette période, peut-être même l’un de ses acteurs » poursuit-il, « c’est à eux que nous voulons rendre hommage, en offrant un éclairage sur tous ces anonymes. »
Cet éclairage puissant pourrait bien voler la vedette aux grosses productions de la rentrée, à en croire les extraits présentés mardi 14 juin à Paris. Car avec de telles plumes, inutile de dire que la qualité des textes est bien là. Les thèmes sont multiples – oscillant entre évocation d’épisodes réels, portraits drôles ou tendres, et refrains allégoriques -, les paroles ont un sens, les mots sont forts, et les textes travaillés. Au-delà, les faiseurs de tubes n’ont pas pour autant sacrifié à la simplicité et les musiques offrent un peu de nouveauté dans le paysage du théâtre musical. Pas de ritournelle sirupeuse ou de tubes artificiels, mais une alternance de chansons pop et rythmées, de ballades mélancoliques et de swing entrainant façon « Andrews Sisters ». Sur scène, l’accordéon rappelle la France en noir et blanc, le piano fait défiler les « Rochambelles », un chorus de guitare et de sonorités écossaises réveillent le commando Kieffer et sur une ambiance jazzy, voilà que les jeunes françaises « apprennent l’amour en anglais ».

Les six chanteurs et quatre musiciens qui entreront dans la peau des personnages de l’époque, sont quant à eux, totalement inconnus du grand public. L’interprétation qu’ils ont livrée mardi 14 juin fut d’une impressionnante qualité. Toute en simplicité, sans surjeu, sans exagération vocale, Philippe Krier, Nicolas Laurent, Tomislav Matosin, Barbara Pravi, Sarah-Lane Roberts et Alice Raucoules ont, à juste titre, impressionné la salle, par la justesse et la pudeur de leur prestation. Campant une jeune coiffeuse de Caen, un adolescent normand rêvant d’être un héros, un soldat écossais débarquant sur la plage, ou un traducteur de la Wehrmacht enrôlé malgré lui… ils chantent leur destin, leur quotidien, leur soif de liberté, leur vie au milieu de « cette guerre qui les a fait grandir trop vite ».
Les titres sont poignants, ne tombant jamais dans le pathos et la facilité pour aller chercher l’émotion. Particulièrement les deux chansons qui concluront ce futur spectacle. « Seulement connu de Dieu » (signée Lemesle-Aznavour) et « Ne m’oublie pas » que Goldman a écrite et composée en quelques jours. Chantée par toute cette nouvelle troupe – dont se dégagent une indéniable sincérité et une authenticité artistique -, elle a achevé de convaincre qu’Un Eté 44, ne sera pas un spectacle comme les autres.
Sans danseur, sans effets spéciaux, sans débauche de moyens superficiels, il se veut plutôt une succession de tableaux, un « road movie », depuis le 6 juin 1944, et le début du débarque­ment, jusqu’au 26 août, et la libé­ra­tion de Paris. Éclairé par Jacques Rouveyrollis, le maître en la matière, il sera mis en scène par Anthony Souchet (scénographe des Vieilles canailles et conseiller artistique de Mylène Farmer depuis dix ans).

« Une histoire, leurs 20 ans, notre liberté »… Au-delà de tous ces échos avec l’actualité, Un été 44 méritera, à coup sûr, le déplacement.

Un été 44,
Au Comédia (puis en tournée dans toute la France)
A partir du 4 novembre 2016
Réservations d’ores et déjà ouvertes.

Retrouvez quelques photos du Showcase, le 14 juin 2016, au Comédia.

Découvrez la bande annonce du spectacle:

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=qstmbuPtZkE[/youtube]

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