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Un violon sur le toit – Pogrom au programme

Le dimanche 1 juillet 2001 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Grandes oeuvres

Un violon sur le toit ©DR

Un violon sur le toit ©DR

Musique : Jerry Bock
Lyrics : Sheldon Harnick
Livret : Joseph Stein, basé sur des nouvelles de Sholem Aleichem (alias Salomon Rabinovich) et plus particulièrement Tevye et ses filles

Création
A Broadway le 22 septembre 1964 à l’Imperial Theater, à l’affiche pour 3242 représentations.
A Londres le 16 février 1967 au Her Majesty’s Theater, à l’affiche pour 2030 représentations.

Produit par Harold Prince
Mise en scène et chorégraphie : Jerome Robbins
Avec : Zero Mostel, Maria Karnilova, Beatrice Arthur, Julia Migenes, Joanna Merlin, Austin Pendleton

Les principales chansons
Tradition – Matchmaker – If I Were a Rich Man – Sabbath Prayer – To Life – Tevye’s Dream – Miracle of Miracles – Sunrise, Sunset – Do You Love Me ? – Far From the Home I Love – Chavale – Anatevka

Synopsis
Au début du XXe siècle, dans le quartier juif d’une petite ville de Russie, Tévye est un modeste laitier dont les trois préoccupations majeures sont caractéristiques de l’univers fermé dans lequel il vit : assurer la subsistance de sa joyeuse famille, assurer sa descendance en cherchant de bons maris à ses cinq filles capricieuses, et rassurer Dieu quant aux libertés qu’il prend vis à vis des traditions et de la religion…

Une multitude de personnages pittoresques – la marieuse, le rabbin, le boucher, le tailleur, le bolchevique, le brigadier, et tout le reste du village – vont intervenir dans sa problématique au cours de saynètes savoureuses toutes empreintes de cet humour juif qui caractérise un peuple en proie aux brimades permanentes… Car tout serait pour le mieux dans le meilleur des shtetl s’il n’y avait le tsar cruel, les Russes violents et bien imbibés pour oublier la répression tsariste, les pogroms gratuits et meurtriers, et pour finir, un jour, le grand départ vers l’inconnu pour fuir l’oppression séculaire…

Le thème
La charge émotionnelle du Violon sur le toit est très forte : le succès et la notoriété de cette oeuvre en sont probablement la conséquence. Si le spectacle, dirigé par Jerome Robbins avec un soin esthétique tout particulier, est dans la grande tradition des comédies musicales de Broadway, il s’avère être, même à l’épreuve du temps, bien plus riche qu’un simple folklore exhibé. L’auteur des nouvelles dont le est une adaptation très réussie, Sholem Aleichem, était au début du siècle un écrivain en langue yiddish très fertile et très connu jusqu’en… Chine ! A travers les personnages et les évènements de ses écrits, c’est toute la fureur du XXe siècle naissant qui transparaît déjà au-delà des préoccupations familiales des divers protagonistes : l’oppression d’un peuple, la naissance du bolchevisme et du sionisme, le frémissement mondial qui allait mener à la Grande Guerre, l’ambiguïté vis à vis de la religion, la perte des valeurs traditionnelles mises en place par un XIXe siècle très moral, l’émancipation de la femme, la modernité séduisante, etc. Tous ces courants ont été merveilleusement et très subtilement développés dans l’adaptation de Joseph Stein qui constitue un témoignage exceptionnel de cette époque-là. Le livret se permet même une liberté de ton qui serait probablement considérée aujourd’hui comme subversive dans certains milieux…

L’histoire derrière l’histoire
En ce début des années 1960, la fin de la seconde guerre mondiale était encore toute proche, et le jeune Etat d’Israël se trouvait déjà confronté à bien des problèmes. Le monde entier, doublement sensibilisé aux vicissitudes du peuple juif, fit donc un accueil particulièrement triomphal à ce spectacle à la fois grave et joyeux. Le succès ne se démentit pas tout au long des années 1960 et l’oeuvre rencontra un écho similaire lorsque le film sortit en 1971. Le spectacle fut le chant du cygne de Jerome Robbins à Broadway ; il se consacra ensuite exclusivement au ballet. L’univers de la danse se prêtait sans doute mieux à sa tyrannie que celui du théâtre, même musical. Une anecdote amusante – et dramatique – intervenue lors des répétitions du Violon sur le toit le concerne : les acteurs le détestaient tellement qu’un jour, alors qu’ils se prenaient sur scène de sa part une volée de bois vert, il ne s’en trouva aucun pour l’avertir que, tout occupé à hurler en reculant, la fosse d’orchestre n’était plus si loin que ça… Leurs espoirs furent récompensés et la terrible chute faillit anéantir à jamais le spectacle !

Versions de référence
Un Violon sur le toit a été adapté dans de nombreuses langues avec toujours le même succès. Ivan Rebroff y a triomphé en France pendant plusieurs années dans une adaptation médiocre qui mériterait aujourd’hui d’être réécrite si une reprise était envisagée*.

Si la version cinématographique suit de très près le livret original de la pièce, le traitement en fut radicalement différent. En effet, contrairement à Jérôme Robbins qui en avait fait un spectacle coloré, mouvementé et très stylisé par une scénographie inspirée de l’univers peint par Chagall, le réalisateur Norman Jewison reconstitua de façon très réaliste l’environnement plutôt triste et austère qui était celui des modestes communautés juives dans les villages russes de l’époque. Le rôle principal du laitier fut confié, contre toute attente, au créateur du rôle à Tel-Aviv et à Londres, Chaïm Topol, et non à Zero Mostel qui l’avait créé à Broadway.

Production originale de Broadway sur disque RCA Victor LOC/LSO 1093 (1964)

Production israëlienne en hébreu sur disque Columbia OL 6490 (1965)

Production israëlienne en yiddish sur disque Columbia OL 6650/OS (1966)

Version cinématographique sur disque EMI CDP 7 46091 2, et bien sûr disponible en vidéo et DVD (1971)

La version française (33T) n’a pas été commercialisée en CD

* Marc Aflalo a lui-même mis en scène Un violon sur le toit il y a 5 ans dans un cadre associatif.

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