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Un week-end de comédies musicales au 104… et au 106 !

Le mercredi 30 mai 2012 à 6 h 50 min | Par | Rubrique : Zoom

Comment est née l’idée de cette manifestation au 104 ?
Bruno Berenguer : Compte tenu des travaux de réhabilitation de la Maison de la Radio entraînant la fermeture de certains studios publics (notamment la Salle Olivier Messiaen), Radio France a dû trouver un lieu et imaginer une offre nouvelle pour poursuivre ses activités de concerts de musique de chambre.
Le Centquatre s’est rapidement imposé à nous, les formations de Radio France y organisant des services de répétitions. Par ailleurs, il semblait également intéressant de déplacer nos productions en nous éloignant des traditionnels lieux culturels parisiens et autres salles historiques de concert. Ce « décalage » s’est accompagné d’une politique tarifaire tout à fait exceptionnelle : plein tarif à 5€, tarif réduit à 3€, gratuit pour les – de 13 ans.
Le projet artistique s’est rapidement imposé à nous sous la forme de rendez-vous réguliers de concerts thématiques concentrés sur un week-end.
Grandes pages du répertoire et raretés à découvrir ou à redécouvrir, horaires atypiques, jeunes talents et artistes confirmés (dont les musiciens des formations de Radio France), effectifs variés, concerts-ateliers pour un public familial, projections sur grand écran de concerts historiques conservés dans les archives de l’INA, ce mélange au goût nouveau et savoureux a su trouver son public !

Comment s’est organisé le choix des thèmes et des artistes ?
BB : Le choix des thématiques est souvent lié aux programmes des formations de Radio France afin de créer des dynamiques communes au cours d’une même saison musicale. Néanmoins, certains week-ends se détachent de la programmation générale en proposant des thèmes isolés. Ainsi, consacrer le dernier week-end à la comédie musicale nous a été dicté par le simple souhait de couronner notre deuxième saison de manière festive, en « technicolor » et en chansons !

Laurent Valière : Pour ce week-end autour de la comédie musicale, nous souhaitions tenter de nouvelles choses ou reprendre des projets. En 2003 en particulier, René Ripert avait organisé au Zèbre avec Thierry Boulanger une soirée originale pour faire découvrir les chansons de Stephen Sondheim en langue française. Les adaptateurs étaient notamment Alain Marcel et Stéphane Laporte. Nous avons souhaité renouveler cette expérience qui avait été un très beau succès, maintenant que Stephen Sondheim est mieux connu du public français grâce au travail du Théâtre du Châtelet. Cette fois, c’est à Raphaël Sanchez que nous avons proposé d’organiser cette soirée, et il a fait entre autres appel à des adaptateurs comme Christophe Mirambeau. Il nous semblait également judicieux, en raison de la date, de consacrer le concert du 10 juin à Judy Garland qui aurait fêté ce jour-là ses 90 ans. Jeff Cohen et Jean Lacornerie ont imaginé une soirée hommage qui tournera autour des chansons du film Une étoile est née, et grâce à Lawrence Schulman, spécialiste de la chanteuse, nous découvrirons même pour la première fois une chanson inédite qui avait été composée par Harold Arlen mais ne fut pas conservée dans le film.
La Maîtrise de Radio France, dirigée par Sofi Jeanin, a pour sa part décidé d’interpréter une œuvre méconnue de Andrew Lloyd Webber, en français, Joseph et son manteau multicolore, et plusieurs musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France interprèteront en formation de chambre des œuvres de la génération de Kurt Weill.
Enfin, chaque week-end au Centquatre comprend des rendez-vous devenus symboliques : pour la séance « Musiques à voir », nous aurons le plaisir de montrer au public des extraits des œuvres de Leslie Caron à Hollywood en sa présence, pas seulement dans Gigi et Un Américain à Paris, mais aussi dans Le soulier de verre et Daddy longues jambes qu’elle a tourné avec Fred Astaire. Enfin, pour le concert « Jeune public » du samedi après-midi, nous avons trouvé que, grâce à sa maîtrise du chant, de la comédie et de la danse, et des claquettes en particulier, Isabelle Georges serait à même de proposer une « histoire de la comédie musicale ». Elle s’est prise au jeu, et créera un nouveau spectacle où elle passera de Mary Poppins à Porgy and Bess.

A titre personnel, quels sont vos goûts en matière de comédie musicale ?
LV : De Jerry Herman à Jule Styne, de Stephen Sondheim à Next to Normal, du moment que la musique est intégrée à l’histoire et rend au centuple les émotions et nous emmène dans un monde à part, je suis preneur d’une grande variété de comédies musicales.

Peut-on envisager que cette manifestation devienne un rendez-vous régulier ?
BB : Les « Week-ends Radio France » offrent au public et aux auditeurs une régularité. Ils restent avant tout liés aux programmations symphoniques, en lien étroit avec les thématiques d’antenne. L’une de nos missions est d’offrir un panorama le plus large possible des répertoires, depuis les musiques ethniques jusqu’à la création musicale. La musique de chambre représente une offre immense et variée de genres, d’effectifs, d’esthétiques. Si la régularité demeure dans le calendrier de nos saisons, les contenus quant à eux doivent se renouveler.

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Un commentaire
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  1. En fait, il y a trois chansons écrites par Harold Arlen et Ira Gershwin pour le film Une étoile est née qui n’ont pas été utilisées : « Green Light Ahead », « I’m Off the Downbeat », et « Dancing Partner ». Le medley de « Born in a Trunk » les a remplacé après que la Warner Bros. et le producteur et mari de Garland, Sid Luft, les aient rejetées. Lors de l’hommage à Garland le 10 juin au Centquatre, la chanteuse Amélie Munier interprétera « I’m Off the Downbeat », avec Jeff Cohen au piano. La chanson « Green Light Ahead » est disponible sur le CD « Harold Arlen: Americanegro Suite » dans lequel la chanteuse Judy Kaye l’interprète. « Dancing Partner » est toujours introuvable sur le marché du disque, bien que trouvable – difficilement – en partition.

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