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Une visite inopportune (Critique)

Le vendredi 1 avril 2011 à 16 h 00 min | Par | Rubrique : Critique

Lieu : Théâtre de l'Athénée - 7 rue Boudreau 75009 Paris
Dates : du 24 mars au 9 avril 2011
Horaires : 20h sauf 29 mars, 5 avril = 19h, 3 avril = 16h et 9 avril = 15h
Tarifs : de 30€ à 10€
Informations supplémentaires : Location : 01 53 05 19 19

Une pièce de Copi mise en scène par Philippe Calvario

Avec : Michel Fau, Louis Arene, Sissi Duparc, Eric Guého, Marianne James, Lionel Lingelser et les soeurs de la Perpétuelle Indulgence

résumé : Dans sa chambre d’hôpital Cyrille meurt du sida. Enfin presque, car il semble être miraculé. De toute manière, cet acteur que tout le monde appelle « maître », tantôt génial, tantôt raté, n’est pas décidé à se laisser faire. Pour son anniversaire il reçoit Hubert, son souffre douleur qui l’idolâtre depuis l’enfance, l’imposante cantatrice Regina Morti, un jeune journaliste. Sans oublier l’infirmière et le professeur de cet hôpital de l’Assistance Publique qui passent régulièrement par sa chambre, où l’ambiance survoltée menace d’exploser à chaque instant.

notre avis : quel régal que cette « visite » opportunément revisitée par Philippe Calvario ! Le verbe de Copi n’a rien perdu de son mordant et sa drôlerie désenchantée fait merveille grâce à une troupe au diapason. Rythmant la pièce avec les introductions musicales de tubes des années 80, le metteur en scène offre à Michel Fau de quoi nourrir sa propre démesure, ironie mordante en bandoulière. Hilarante et poignante, cette pièce offre, aujourd’hui que le sida, loin d’être vaincu, est un fléau plus discret mais tout aussi impitoyable, un miroir particulièrement intéressant et s’inscrit dans les oeuvres majeures écrites avec le virus en toile de fond, comme Angels in America, déjà mis en scène par Philippe Calvario. Marianne James est parfaite en diva déjantée, prête à dézinguer tout ce qui pourrait l’écarter de son Cyrille, ombre drôle et menaçante de la mort en action. Sans aucune peur du kitch et des envolées lyriques, le metteur en scène donne, avec sa distribution, une force à l’oeuvre qui bouleverse. Derrière un rideau translucide, cette chambre d’hôpital froide se réchauffe vite de toute la chaleur et la saine folie de Copi. Un très beau spectacle qui conduit à penser qu’une chose est certaine : le regard acéré, outré, extraordinaire et tendre de Copi nous manque. Cruellement.

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