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Vincent Daenen, auteur de La Nuit d’Elliot Fall

Le mercredi 8 décembre 2010 à 11 h 56 min | Par | Rubrique : Rencontre

Vincent Daenen (c) DR

Vincent Daenen, comment avez-vous rencontré Jean-Luc Revol ?
C’est un ami commun, Michel Fau, qui nous a présentés en 2007. Jean-Luc recherchait un auteur. Je lui ai donc envoyé mes textes et il m’a contacté quelques mois plus tard.

Comment est née l’idée d’Elliot Fall ?
Jean-Luc avait déjà toute la structure en tête : le contexte de la ville imaginaire, Elliot qui rencontre tout un tas de personnages issus de contes de fées détournés, cette notion de peur enfantine à fouiller, et la quête de l’émerveillement perdu. C’était déjà un brief assez précis.

Comment s’est passée votre collaboration ?
Je lui présentais cinq ou six scènes à chacune de nos rencontres. J’arrivais avec mes cahiers pour prendre des notes, comme un bon élève. Il me disait ce qu’il aimait, ce qu’il fallait fouiller encore un peu plus. Il y a toujours eu une grande fluidité dans nos échanges et dans l’écriture de la pièce. Il a seulement fallu faire quelques retouches lorsqu’il a attaqué la mise en scène. Moi, je passais d’un lieu à un autre sur le papier alors que, sur scène, ça devenait plus compliqué. On a donc restructuré certaines scènes.

C’est particulier d’écrire pour une commande ?
Oui, Jean-Luc Revol m’a donné les idées de départ et il m’a influencé dans l’écriture. Comme il avait lu aussi mes pièces, il m’a demandé de m’inspirer aussi des personnages baroques que j’avais imaginés auparavant. Ensuite, il m’a laissé carte blanche.

On a l’impression que les personnages ont été écrits pour les comédiens sur scène.
Ce style de personnages faisait déjà partie de mon univers. Et effectivement, le fait de connaître les comédiens a aussi influencé mon écriture. On peut  même dire que le rôle de Préciosa a été écrit sur mesure pour Denis d’Arcangelo.
Je ne pouvais pas rêver d’une meilleure distribution ! Je suis toujours émerveillé quand je les vois sur scène. Ils sont différents chaque soir. Comme je le connais parfaitement, je remarque tous les changements de texte. Voir toutes les pirouettes qu’ils font pour retomber sur leurs pattes m’amuse beaucoup.

Comment avez vous travaillé avec Thierry Boulanger et intégré la dimension musicale ?
J’ai rencontré Thierry à la première lecture, puis on s’est revus pour travailler dans son studio. De mon côté, tous les livrets étaient déjà écrits. J’avais déjà en tête les ambiances et même quelques rythmiques. On a confronté nos styles musicaux radicalement différents : moi d’un côté, avec mon goût pour la musique électronique et le trip-hop, et lui de son côté, avec sa culture plus classique. Il m’a demandé quelle musique j’écoutais quand j’écrivais. Je lui ai donné les premiers textes et il est revenu vers moi avec des propositions. Je trouve que lui et Jean-Luc Revol ont apporté une touche d’espoir à mon texte plutôt noir et à cette histoire désespérée. Elliot Fall est un personnage désabusé mais il croit en l’espoir puisqu’il suit Préciosa. Il y a aussi des sons très angoissants qui font penser à la série Dexter.

Aujourd’hui, vous voyez votre œuvre jouée sur scène. Quel effet cela fait-il ?
C’est angoissant, c’est choquant même ! Comme ce n’est pas moi qui l’ai montée, j’ai été extrêmement surpris (dans le bon sens) par le résultat final. J’avais vu seulement une répétition sans costumes et je n’aurais pas dû venir car j’ai été pris de panique. Le challenge quand on est auteur, c’est de faire confiance au metteur au scène. Jean-Luc m’a beaucoup rassuré. Quand j’ai assisté à la première, je me suis senti nettement mieux ! Depuis, je suis accro. Je viens au théâtre presque tous les soirs. J’ai dû rater quatre représentations en tout ! J’aime bien entendre les réactions des gens à la sortie. Souvent ils aiment, mais un soir, une personne est sortie en s’exclamant que « c’était abominablement sinistre ! ». C’est tout ou rien. Soit le public adore, soit il déteste, il n’y a pas d’entre-deux.

Vous êtes un auteur particulier : c’est une vocation ?
J’ai commencé à écrire des poèmes à quinze ans. J’ai rencontré, par l’intermédiaire de ma prof de français, le peintre Luis Salazar qui est devenu un ami cher et un mentor. C’est devenu alors une priorité absolue dans ma vie. Je suis ensuite monté à Paris à 19 ans et j’ai commencé par prendre des cours de théâtre au Cours Florent. C’est en rencontrant ma femme que j’ai commencé à écrire des romans. J’en suis au quatrième !

Avez-vous des projets en cours ?
Je suis en train de terminer une pièce de théâtre et un roman. En fait, je suis tout le temps en train d’écrire. C’est obsessionnel. Chaque situation, chaque rencontre me donne une idée. C’est simple, je ne m’arrête jamais !

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