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Vincent Heden – Un Heden d’enfer

Le vendredi 1 décembre 2006 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Rencontre

Vincent Heden ©DR

Vincent Heden ©DR

Vous avez déjà dix ans de carrière et un parcours riche. Comment avez-vous eu le déclic pour vous lancer ?
J’étais en terminale et je ne faisais rien. Mais comme j’étais très bon, j’ai quand même réussi mon bac avec mention (rires). L’été, j’ai été sélectionné pour participer aux Rencontres d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel. C’était pour la promotion de la variété française. Je me suis dit alors que je ne pouvais pas vivre sans faire ce métier. J’avais 17 ans.
En 1996, j’ai eu mon premier contrat payé pour Les Années Twist et depuis j’ai enchaîné. J’ai eu aussi de la chance.

Quels sont les rôles qui vous ont marqués ?
Pour Camille C. de Jonathan Kerr, Jean-Luc Moreau a eu l’idée de me faire interpréter trois rôles : Paul Claudel, Jessie Lipscomb et Hermès. Quand nous avons joué au théâtre de l’Oeuvre, Camille C. a reçu une réaction viscérale de la part du public, soit les gens adoraient, soit les gens détestaient. Le Molière du Spectacle Inattendu a contribué à la rencontre massive du public à Avignon.
Après une série d’auditions pour Le Violon sur le Toit, j’ai eu la joie de retrouver Stéphane Laporte avec lequel j’avais travaillé sur Titanic en 2000. J’étais très honoré de faire partie d’un casting haut de gamme. J’adorais le rôle de Motel, le tailleur. Ce n’était pas facile de produire un spectacle anglo-saxon et Serge Tapierman est allé jusqu’au bout. Finalement on connaît le succès que le Violon a eu.
Mais le personnage qui m’a le plus marqué c’est Judas dans Jésus-Christ Superstar. Humainement, il nous ressemble. La lâcheté, la peur de l’homme, c’est tout le monde. C’est un personnage qui a une grande épaisseur.

Vous avez reçu le Prix du Meilleur Interprète Masculin lors du Festival Les Musicals en janvier 2006…
J’ai été le premier étonné ! J’avais voté pour Frank Vincent. J’avais beaucoup de visibilité sur ce festival : Musical Suspect de Frédéric Baptiste et Muriel Magellan, Camille C. qui a reçu le prix de la meilleure création musicale et la lecture de Panique à bord de Stéphane Laporte et Patrick Laviosa. J’étais très heureux et honoré. Le trophée est sur ma cheminée aux côtés de bougeoirs de chez Mahasiah. D’ailleurs, tous les meubles chez moi viennent de chez Mahasiah, 1 boulevard Edgar Quinet dans le 14ème à Paris ! (Rires).

L’année 2006 commençait bien !
Oui. Après avoir joué à nouveau Titanic, j’ai été contacté par Marion Bierry pour le rôle d’Alcandre dans L’Illusion Comique. Neuf comédiens au Théâtre de Poche, c’était inédit.
J’interprète le rôle du Maître de Cérémonie. Normalement le personnage a 50-60 ans. Dans le rôle, je rajeunis, j’ai 20 ans. C’est un choix artistique surprenant et original. La pièce s’amuse avec le public et évoque avec ironie la condition des artistes dans la société et le rapport parents / comédiens. Marion m’a fait un rôle sur mesure.

Comment la rencontre avec le monde du théâtre dit « traditionnel » s’est-elle passée ?
J’ai dix ans de carrière dans le théâtre musical, mais dans le monde du théâtre, j’étais un inconnu, ça n’a pas été facile d’y entrer C’est comme si j’étais entré dans le métier en mai 2006. Ces deux mondes ne communiquent pas. C’est vraiment un cadeau du ciel et je ne l’ai pas vu, ni senti venir. C’est une expérience incroyable. Ca a été assez dur. Je me suis beaucoup remis en question, parce qu’il fallait toujours affiner et améliorer le rôle.

Quels sont vos projets ?
Je pars interpréter pour la fin de l’année à Liège, Mercure dans Orphée aux Enfers d’Offenbach. Je suis voué à jouer les Dieux (rires). Je ne peux pas encore dire grand chose sur ce spectacle. Pour l’instant, je travaille beaucoup avec Yaël Benzaquem, mon professeur de chant et d’interprétation. Je rejoins une troupe lyrique et je ne suis pas chanteur lyrique. Puis, j’espère reprendre L’Illusion Comique dès la rentrée.
En septembre 2007, Panique à bord se jouera au Vingtième Théâtre avec une mise en scène d’Agnès Boury. J’ai des projets de théâtre et un énorme projet de spectacle musical. C’est un one man show (avec trois musiciens sur scène), signé Stéphane Laporte et arrangé par Patrice Peyrieras. Ce projet « qui n’a pas de titre encore » est basé sur l’univers musical des dix premières années de la carrière de Barbra Streisand. Au départ, mes envies n’allaient pas vers le « seul en scène ». Travailler avec Patrice et Stéphane est une grande chance. Mais je me mets en danger. C’est un challenge d’interprétation, de technique pure et d’endurance. J’ai carrément la trouille (rires).
2006 a été l’année des choix, des doutes et des remises en question. J’ai l’impression qu’un virage s’est fait tout seul dans ma carrière. J’avance sur deux chemins parallèles : le théâtre et le musical. J’ai été amené à refuser des rôles. J’ai pris des risques. J’ai envie de challenge et de défi. C’est un petit monde où l’on rencontre des gens passionnés. C’est en même temps excitant et parfois ça peut être décevant. J’apprends à assumer mes choix et mes refus. Cela fait partie de mon épanouissement.

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