Viva l »Opéra (Comique)
Le Vendredi 5 mars 2004 à 0 h 00 min | Par Khoi Nguyen | Rubrique : Critique, Théâtre musical
Lieu : Opéra Comique - Salle Favart - 5, rue Favart 75002 Paris - Entrée du public place Boiëldieu - Métro Richelieu Drouot ou Quatre Septembre - RER Auber
Dates : du 5 au 28 mars 2004
Horaires : à 20h - durée du spectacle 2 heures 20 - fin du spectacle à 22h20
Tarifs :
Informations supplémentaires : 0 825 00 00 58
Musique : Adam, Auber, Bizet, Boiëldieu, Debussy, Delibes, Gounod, Grétry
Hahn, Messager, Offenbach…
Livret de Benoît Duteurtre
Direction musicale de Jean-Luc Tingaud
Mise en scène de Robert Fortune
Avec Alain Fondary / Michel Trempont, Bernard Alane, Olivier Lallouette, Marie Devellereau / Victoria Manso, Agnès Bove, Michèle Lagrange, Scott Emerson.
La salle Favart commémore ses deux siècles d’existence, exposant avec humour l’histoire de l’Opéra-Comique, sous le prisme d’une comédie écrite par Benoît Duteurtre. Au programme de cette fantaisie lyrique et décalée, figurent les extraits d’oeuvres parmi les plus significatives inscrites à son répertoire depuis sa création. Au commencement, l’Opéra-Comique s’amuse à parodier l’opéra officiel, dont les règles et les conventions imposées de façon autoritaire finissent par interdire toute autre forme d’expression. Bien que bridés par la censure, on pourra entendre quelques vestiges de partitions de cette période. Durant la première moitié du XIXème siècle, la salle se consacre aux oeuvres populaires telles que La dame blanche de Boiëldieu. Ce rappel historique permettra de découvrir ou redécouvrir quelques compositeurs méconnus de nos jours, comme Grétry, Auber, ou Adam. A la seconde moitié du XIXème siècle, l’Opéra-Comique accueille une nouvelle génération de créateurs dont la finesse d’écriture si spécifique du style français fera date dans l’histoire de la musique : Saint-Säens, Delibes(Lakmé), Bizet (Carmen), Massenet, Chabrier, Messager et Offenbach (Les contes d’Hoffmann) n’ont en effet plus besoin d’être présentés. Au début du XXème siècle, les oeuvres dramatiques de compositeurs étrangers y sont programmées, aux côtés de créations françaises particulièrement innovantes. En témoigne Pelléas et Mélisande de Debussy dont un extrait est proposé.
S’attachant essentiellement à illustrer l’évolution de la création musicale française, le livret souffre de son didactisme et de l’éclectisme de son répertoire. L’aspect loufoque et décalé de la comédie ne rend pas le récit plus drôle ou plus attractif pour autant. Les personnages paraissent sans relief, et l’histoire demeure en arrière plan. Heureusement, la prestation de qualité des chanteurs et des musiciens nous offre dans l’ensemble un joli récital. A noter la présence de la chanteuse soprano Victoria Manso, dont l’interprétation remarquable donne à cette rétrospective quelque peu convenue un soupçon de couleur.
