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Week-end à Londres – Musical London

Le jeudi 1 août 2002 à 0 h 00 min | Par | Rubrique : Zoom

Chitty Chitty Bang Bang ©DR

Chitty Chitty Bang Bang ©DR

Chitty Chitty Bang Bang
Fantasmagorical ! Il s’agit de l’adaptation du film de Ian Fleming réalisé en 1968, film culte en Angleterre pour tous les enfants de 7 à 77 ans. En résumé, c’est l’histoire d’un gentil inventeur, de ses deux enfants, d’une charmante jeune fille face à de vilains tyrans et voleurs d’enfants. Mais la véritable héroïne du show c’est l’époustouflante voiture qui flotte et qui vole au-dessus des spectateurs, Chitty Chitty Bang Bang elle-même. L’autre point fort de ce musical c’est le grand retour de Michael Ball qui réalise une prestation très réussie dans ce spectacle haut en couleurs (mention spéciale pour les décors et les costumes) et très distrayant qui s’adresse avant tout au jeune public, mais ne sommes-nous pas tous de grands enfants ? Moins marquantes que celles écrites pour Le Livre de la jungle et Mary Poppins, les chansons signées par les frères Sherman n’en demeurent pas moins joyeuses et entraînantes.

Kiss Me Kate
Après avoir triomphé et récolté grand nombre de récompenses à Broadway, ce revival du célèbre musical de Cole Porter a été transféré à Londres l’an dernier. Mais hélas, le succès est moindre de ce côté de l’Atlantique. Devant des salles bien peu remplies, le show s’arrêtera le 24 août. Il ne vous reste donc plus que quelques jours pour aller applaudir ce spectacle aux nombreux atouts dont le principal est incontestablement l’excellente qualité du cast avec à sa tête le très charismatique Brent Barrett. Malgré des décors assez ternes (étonnant d’ailleurs pour une telle production), la scénographie est une vraie réussite. Musicalement et vocalement, c’est un sans faute. Pourquoi alors une telle désaffection du public londonien ? On peut avancer plusieurs explications : la musique de Cole Porter est un peu « datée » et ne séduit pas le grand public. Quant au Victoria Palace (là où se joue le spectacle), on peut se demander s’il ne porterait pas la poisse : toutes les productions qui s’y sont montées ces dernières années n’ont connu au mieux qu’un succès de courte durée.

The Full Monty
Comme pour Chitty Chitty Bang Bang, il s’agit de l’adaptation d’un film devenu culte pour certains (et quel film !) et comme pour Kiss Me Kate, il s’agit du transfert d’une production de Broadway. Malgré des décors très limités, quelques petites faiblesses dans le rythme et une adaptation un peu « light » par rapport au film, le show fonctionne plutôt bien et on passe un bon moment. La musique, dont le style peut parfois faire penser à Rent, n’est certes pas inoubliable mais il y a quelques beaux morceaux, en particulier les balades avec des lyrics intelligents et bien écrits. Et pour celles et ceux que ça intéresse, dans leur fameux strip-tease final, nos six chômeurs vont bien jusqu’au bout…

My Fair Lady
Im-pec-cable. Voilà une production très raffinée et haut de gamme tant dans la mise en scène, les décors, les costumes et l’excellente interprétation. Un seul petit bémol : c’est un peu long, surtout la fin du deuxième acte qui est assez soporifique. Malgré les années, l’histoire fonctionne toujours aussi bien et continue à nous faire rire et à nous émouvoir. Grâce à une brillante orchestration, la musique de Loewe retrouve une nouvelle jeunesse et on se rend compte que pratiquement toutes les chansons sont des « tubes » !

Bombay Dreams
Très attendu, ce nouveau musical produit par Andrew Lloyd Webber séduit par certains aspects mais déçoit beaucoup par d’autres. Lloyd Webber a fait appel à A.R. Rahman, célèbre compositeur indien à qui l’on doit la musique de nombreux films dont Lagaan, pour réaliser un musical sur Bollywood, le Hollywood indien situé à Bombay. Bollywood produit chaque année des dizaines de films musicaux très populaires. Dans Bombay Dreams, on retrouve cet univers ultra kitsch grâce aux costumes, aux chorégraphies énergiques et saccadées à souhait et surtout grâce à la musique de Rahman qui alterne mélopées planantes et sirupeuses et morceaux très rythmés pour ne pas dire très « dance ». On peut toutefois regretter qu’il ait trop occidentalisé (à la demande de Lloyd Webber ?) sa partition, sans doute pour la rendre plus accessible au grand public mais aussi plus « commerciale ». Ce n’est pas un hasard si le disque se vend bien. Le cast, qui n’est constitué que d’artistes d’origine indienne, s’en tire plutôt bien malgré quelques faiblesses vocales et dans le jeu, certains personnages sont même attachants. Mais le spectacle pêche par un livret mal construit, une histoire ultra simpliste avec des personnages caricaturaux et des situations parfois grotesques. Les lyrics du pourtant renommé Don Black frisent souvent le ridicule. Mais on peut se demander si ce n’est pas volontaire car c’est souvent le cas dans les films populaires de Bollywood. Malgré tout, ce musical, à ne surtout pas prendre au premier degré, constitue un agréable dépaysement et mérite le détour.

Parmi les autres productions récentes, il semble que Taboo, le musical de Boy George, fasse l’unanimité tant auprès du public que de la critique. A noter pour les fans de Boy George qu’il jouera lui-même le rôle principal en août. En revanche, l’accueil critique est beaucoup plus sévère pour We will rock you, le musical de Ben Elton basé sur des chansons du groupe Queen. Autre groupe, autre époque avec Mamma Mia !, la comédie musicale très sympa et sans prétention avec des chansons du groupe Abba, qui fait un carton depuis trois ans. Autres spectacles à voir pour leur qualité : The Phantom of the Opera, Chicago (avec jusqu’à fin septembre Marti Pellow, leader de l’ex-groupe Wet Wet Wet), Blood Brothers (bouleversant) et surtout The Lion King, une magnifique production qui enchantera petits et grands.

Evidemment nous gardons le meilleur pour la fin : Les Misérables, la comédie musicale de Schönberg et Boublil, qui triomphe à Londres (et dans bien d’autres villes du monde) depuis bientôt 17 ans ! A voir et à revoir d’autant plus que jusqu’à la fin de l’année le rôle de Javert est tenu par notre Jérôme Pradon national ! Et pour l’avoir vu, nous pouvons vous dire qu’il réussit là une très belle performance, on a l’impression que le rôle a été écrit pour lui.

Petits conseils pratiques
Aller à Londres, ce n’est pas trop difficile mais trouver des places pour ces comédies musicales sans trop se ruiner c’est autre chose. La solution économique la plus sûre reste le TKTS (l’équivalent de notre Kiosque de la Madeleine) qui se trouve Leicester Square et qui vend à moitié prix des places de première catégorie pour le jour même. Mais bien entendu vous ne trouverez des places que pour les spectacles qui ne sont pas complets. Pour information, fin juin on trouvait certains jours des places pour Kiss Me Kate, The Full Monty, Chicago, My Fair Lady (en semaine seulement), Blood Brothers et même pour Les Misérables (en matinée et 25% de réduction seulement). Si vous préférez réserver à l’avance avant de partir, le mieux est d’appeler directement le box office des théâtres, sinon vous pouvez également réserver sur internet (www.ticketmaster.co.uk , www.firstcalltickets.com) mais vous devrez payer une commission assez onéreuse.

Maintenant il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un bon séjour musical à Londres. Enjoy yourself !

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