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White Spirit (Critique)

Le lundi 9 novembre 2015 à 12 h 36 min | Par | Rubrique : Critique, Spectacles divers

Lieu : musée du quai Branly - 37, quai Branly 75007 Paris - M° Alma Marceau, Iéna, Ecole Militaire, Bir Hakeim
Dates : du 6 au 11 novembre 2015
Horaires : Vendredi 6 et samedi 7 novembre 2015, 20h Dimanche 8 novembre 2015, 17h Du mercredi 11 au samedi 14 novembre 2015, 20h Dimanche 15 novembre 2015, 17h
Tarifs : 20 € (plein tarif) / 15 € (tarif réduit).
Informations supplémentaires : 01 56 61 71 72, du lundi au vendredi de 9h30 à 17h00

Une création du street-artist Shoof, l’Ensemble Al Nabolsy & les derviches tourneurs de Damas

white-spiritLe street-artist tunisien Shoof (Hosni Hertelli) développe une peinture riche et instinctive directement inspirée de la calligraphie arabe. Dans sa volonté de désacraliser la calligraphie traditionnelle, il déconstruit la lettre arabe en se laissant mener par le trait et le mouvement.

Grande voix de la mosquée des Omeyyades de Damas, Noureddine Khourchid est le fils d’Abou al-Nour, cheikh de la confrérie soufie Shâdhiliyya, l’une des plus importantes du monde arabe. L’ensemble réunit 7 munshid (chanteurs religieux), hymnodes de cette même confrérie, ainsi que trois danseurs de la confrérie Mawlawiyya des derviches tourneurs de Damas.

La quête du divin passe chez les soufis par la transe, la répétition du même motif chanté et dansé, qui exprime l’ardent désir de l’âme de retrouver sa source originelle.
Shoof la perçoit comme « une énergie pure qui vient du profond intérieur, qui ratisse large, qui s’étend sans fin, transporte tout sur son horizon…pour étrangement le recentrer, le « verticaliser », tel un point de lumière qui fuse pour communier avec le ciel ».

 

Notre avis : Ce spectacle qui allie soufisme et street art apparait comme une réussite absolue. Les trois premières séquences permettent d’apprécier le talent musical des musiciens et chanteurs. Les voix masculines prenant une ampleur particulière dans ce chant religieux qui, peu à peu, conduit les danseurs à quitter leur chaise et, après les saluts rituels, se mettre à tourner lentement et de plus en plus vite en suivant l’évolution du chant, sa répétition, ses méandres. Hypnotique, mais pas uniquement. La gestuelle si particulière des danseurs, l’atmosphère qui se dégage, sereine, puissante, envahi le spectateur (et le profane que je suis). Au quatrième tableau intervient Shoof qui compose sous nos yeux une fresque calligraphique au rythme des chants sacrés. C’est lui le derviche, le passeur à ce moment là. Et une fois encore une sorte de magie opère. Enfin la dernière séquence fait vivre une expérience assez étonnante puisque la lumière, jusqu’alors relativement simple, le plateau étant éclairé sobrement, se mue en nuit éclairée, découvrant les graffs de Shoof dessinés sur l’intégralité du plateau et des estrades. L’effet, saisissant, renforce encore plus l’intemporalité du moment, loin de tout artifice. Les textes sacrés, la transe provoquée par ces trois derviches qui tournent sur eux mêmes baignés dans cette atmosphère riche et superbe semblent en magnifier encore plus la portée. Il reste peu de dates, nous ne saurions que vous encourager à découvrir ce magnifique spectacle.

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